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COVID-19 : soins infirmiers, signes de gravité, surveillance de la saturation et précautions (mise à jour 2026)

COVID-19 : soins infirmiers, surveillance, précautions et prévention

En bref : la COVID-19 est une infection respiratoire due au coronavirus SARS-CoV-2. Depuis les premières vagues de 2020, le virus a beaucoup évolué, la plupart des personnes sont partiellement protégées par la vaccination ou par des infections passées, et la maladie est le plus souvent bénigne. Elle reste cependant dangereuse pour les personnes à risque : personnes très âgées, immunodéprimées, atteintes de maladies chroniques (cœur, poumons, reins, diabète, obésité), non protégées par la vaccination. Le soignant surveille les signes de gravité (essoufflement, saturation en oxygène, confusion), soulage les symptômes, hydrate et nourrit, rassure, applique les précautions pour ne pas transmettre le virus, éduque la personne et son entourage et alerte quand l'état s'aggrave.

Mise à jour : les recommandations sanitaires sur la COVID-19 ont beaucoup changé depuis 2020 et continuent d'évoluer. Cette page présente les principes généraux de soins à la date de sa rédaction (fin octobre 2026). Pour les durées d'isolement, les masques, les traitements et la vaccination, suivez toujours le protocole de votre établissement, les recommandations du ministère de la Santé, de la Haute Autorité de santé, de Santé publique France et de la Société française d'hygiène hospitalière.

1. Comprendre la maladie

Le SARS-CoV-2 se transmet surtout par voie respiratoire : gouttelettes et aérosols émis en parlant, en toussant, en respirant, surtout dans des lieux clos et mal aérés. La contamination par les mains et les surfaces contaminées est possible, mais moins fréquente. Une personne est contagieuse dès environ 48 heures avant l'apparition des symptômes, et parfois sans symptôme du tout. L'incubation est courte, de l'ordre de quelques jours (le plus souvent 2 à 5 jours avec les variants récents, alors que l'on parlait de 2 à 14 jours au début de l'épidémie).

Que reconnaît-on aujourd'hui comme symptômes ?
TypeSignes
Voies respiratoires hautesMal de gorge, nez qui coule ou bouché, éternuements, toux sèche ou grasse, voix enrouée
Signes générauxFièvre ou frissons, fatigue marquée, courbatures, maux de tête
Voies respiratoires bassesEssoufflement, oppression ou douleur thoracique, respiration rapide
DigestifsNausées, vomissements, diarrhée, perte d'appétit
SensPerte ou changement de l'odorat (anosmie) et du goût (agueusie), moins fréquents avec les variants récents
Chez la personne âgée ou fragileParfois peu de fièvre ou de toux : confusion, somnolence, chute, perte d'appétit, aggravation d'une maladie chronique, désaturation

Tous les patients n'ont pas tous les symptômes, et certains n'en ont aucun. Les chiffres très précis publiés en 2020 (part des patients avec fièvre, toux, perte d'odorat) ne s'appliquent plus aux variants actuels : il ne faut pas s'y fier.

Qui est à risque de forme grave ?
  • personnes âgées, surtout à partir de 65 ans et encore plus à partir de 80 ans, et résidents d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ou d'unités de soins de longue durée
  • personnes immunodéprimées (cancer et chimiothérapie, greffe, traitements immunosuppresseurs, certaines maladies du sang ou infection par le VIH non contrôlée)
  • maladies chroniques : insuffisance cardiaque, maladie coronarienne, maladies respiratoires chroniques, insuffisance rénale, diabète, maladies du foie, maladies neurologiques, obésité sévère
  • personnes non vaccinées ou dont la protection est ancienne, grossesse avancée selon l'avis médical
  • troubles cognitifs, dénutrition, dépendance, vie en collectivité

Les personnes à risque doivent contacter leur médecin dès les premiers symptômes, car un traitement antiviral précoce peut être possible sur prescription (il doit être débuté dans les tout premiers jours).

La COVID longue : quand les symptômes persistent
  • chez certaines personnes, des symptômes persistent ou apparaissent plus de plusieurs semaines après l'infection (en général au-delà de 3 mois) : fatigue importante, essoufflement, toux, palpitations, douleurs, troubles du sommeil, brouillard mental (difficultés de concentration et de mémoire), perte d'odorat, anxiété, dépression
  • un malaise après l'effort (aggravation de la fatigue 12 à 48 heures après un effort) impose la prudence : reprise de l'activité très progressive, rythme d'activité, avis médical (voir la page sur la fatigue)
  • l'entraînement de l'odorat, répété deux fois par jour avec quatre odeurs (par exemple rose, citron, eucalyptus, clou de girofle) pendant plusieurs mois, peut aider à retrouver l'odorat
  • le soignant écoute sans minimiser, évalue le retentissement (travail, vie quotidienne), oriente vers le médecin traitant et les consultations spécialisées

2. Que surveiller ? Signes de gravité et alertes

À signaler immédiatement au médecin ou à l'infirmier (15 si besoin) :
  • difficulté à respirer au repos ou en parlant, phrases coupées, respiration très rapide (au-dessus de 24 à 25 par minute), tirage, utilisation des muscles du cou
  • saturation en oxygène en baisse : en général en dessous de 94 % chez une personne dont la saturation est habituellement normale, ou en baisse nette par rapport à sa valeur habituelle (chez la personne avec une maladie respiratoire chronique, la cible est plus basse et fixée par le médecin)
  • douleur ou oppression thoracique, palpitations, malaise, pâleur, lèvres ou doigts bleutés, sueurs
  • confusion nouvelle, somnolence, difficulté à réveiller, agitation, chute
  • impossibilité de boire ou de s'alimenter, vomissements répétés, urines rares ou foncées
  • fièvre élevée persistante ou qui remonte après une amélioration (possible surinfection)
  • pouls rapide, tension très basse, aggravation après quelques jours de maladie (le risque d'aggravation est maximal vers le cinquième au dixième jour)
  • douleur et gonflement d'un mollet, essoufflement brutal (thrombose veineuse, embolie pulmonaire)
  • idées noires ou détresse intense, notamment en isolement ; numéro national de prévention du suicide 3114 (24 h sur 24)

À propos de l'oxymètre de pouls : la mesure peut être faussée par des mains froides, du vernis ou une mauvaise circulation, et l'appareil peut surestimer la saturation chez les personnes à peau foncée. On interprète donc toujours le chiffre avec l'état clinique (respiration, couleur, conscience), et l'on refait la mesure si besoin.

3. La démarche de soins infirmiers

Elle suit quatre temps, après le recueil de données : problème, objectifs, interventions, évaluation.

Étape 1 : Les diagnostics infirmiers possibles
  • mode respiratoire inefficace lié à une infection pulmonaire, à la fatigue et à l'anxiété, ou échanges gazeux perturbés lié à une inflammation des poumons (voir les pages correspondantes)
  • hyperthermie liée à l'infection (voir la page correspondante)
  • désobstruction inefficace des voies respiratoires liée à la toux et aux sécrétions
  • fatigue, intolérance à l'activité, douleur aiguë (courbatures, maux de tête, gorge)
  • risque de déficit de volume liquidien lié à la fièvre, à une mauvaise prise de boissons, à des vomissements ou à une diarrhée
  • déséquilibre nutritionnel par apports inférieurs aux besoins lié à la perte d'appétit, à la perte du goût et de l'odorat
  • anxiété et peur liées à la maladie, à l'isolement, à la crainte de contaminer ses proches
  • isolement social lié aux mesures de précaution
  • risque d'infection (pour les autres : transmission) et risque d'infection pour la personne (surinfection)
  • déficit de connaissances sur la transmission, les gestes barrières et la conduite à tenir
  • risque de chute, risque d'atteinte à l'intégrité de la peau (alitement), confusion aiguë chez la personne âgée
  • tension dans l'exercice du rôle d'aidant (pour les proches)
Exemple : mode respiratoire inefficace lié à une infection virale pulmonaire, à une fatigue importante et à une anxiété, se manifestant par une toux, une fréquence respiratoire à 24 par minute, une saturation en oxygène à 93 % (habituellement 96 %), un essoufflement en parlant et une fièvre à 38,6 °C.
Étape 2 : Les objectifs de soins

Un bon objectif décrit ce que la personne va atteindre, avec un critère mesurable et un délai.

ObjectifCritère de réussite
La personne retrouve une respiration normale et une oxygénation suffisanteFréquence respiratoire inférieure à 20 par minute, saturation dans la cible fixée par le médecin, parole sans essoufflement, en 48 à 72 heures
La fièvre diminue et la personne est confortableTempérature inférieure à 38 °C, absence de frissons, sensation de confort
Elle est bien hydratée et s'alimenteAu moins 1,5 litre de boissons par jour sauf contre-indication, repas fractionnés, poids stable
Elle dégage ses voies respiratoiresToux efficace, sécrétions évacuées, poumons dégagés à l'auscultation
Son anxiété diminueElle exprime ses craintes, utilise une technique de relaxation, se sent moins seule
Elle ne transmet pas l'infectionAucun cas secondaire parmi les proches, les autres patients ou les soignants, mesures appliquées
Elle comprend la maladie et sa conduite à tenirElle explique la transmission, les gestes barrières, les signes d'alerte et qui appeler
Elle ne présente pas de complicationPas de chute, de confusion, d'escarre, de déshydratation, de dénutrition, de thrombose
Elle récupère progressivementReprise de l'activité par étapes, sans malaise après l'effort
Étape 3 : L'évaluation et les interventions

A. Évaluer pour bien comprendre

ÉvaluationPourquoi ?
Recueillir l'histoire : date de début des symptômes, évolution, contacts avec des personnes malades (domicile, établissement, voyage), cas dans l'entourage ou la collectivité, tests réalisés, vaccination et infections passéesEstimer la période de contagiosité et le risque de forme grave, repérer des cas groupés
Repérer les facteurs de risque de forme grave : âge, immunodépression, maladies chroniques, obésité, dénutrition, dépendance, vaccination ancienne ou absenteAdapter la surveillance et la rapidité d'intervention
Mesurer régulièrement les constantes : température, fréquence respiratoire, saturation en oxygène (au repos, parfois à l'effort), pouls, tension, état de conscience ; utiliser un score d'alerte précoce (par exemple NEWS2) selon le protocoleDétecter tôt une aggravation ; la fièvre et la fréquence respiratoire sont des signes clés
Observer la respiration : rythme, amplitude, tirage, bruits, toux, sécrétions, capacité à parler, position adoptée ; auscultation par l'infirmier ou le médecinÉvaluer l'atteinte respiratoire
Évaluer la douleur (gorge, tête, courbatures, thorax), la fatigue, le sommeilSoulager et adapter le rythme
Évaluer l'hydratation (soif, muqueuses, urines, tension, pouls) et l'alimentation (appétit, goût, odorat, nausées, diarrhée)La fièvre et la maladie exposent à la déshydratation et à la dénutrition
Évaluer l'état mental : confusion, somnolence, agitation, anxiété, humeur (par exemple avec un outil de repérage de la confusion)Repérer un délirium, fréquent chez la personne âgée, et la détresse psychologique
Évaluer l'autonomie, la mobilité, le risque de chute, l'état de la peauPrévenir les complications de l'alitement
Évaluer les connaissances de la personne et de l'entourage sur la transmission, les mesures de protection et les signes de gravitéAdapter l'éducation
Évaluer le contexte de vie : logement, personnes fragiles dans l'entourage, aidant, ressources, possibilité d'isolement à domicileOrganiser le maintien à domicile en sécurité ou l'hospitalisation
Passer en revue les traitements en cours (pour les interactions avec un antiviral, par exemple) et les allergiesSécuriser la prescription

B. Les interventions de soins

InterventionPourquoi ?
Surveiller les signes vitaux, en particulier la température, la fréquence respiratoire et la saturation, à une fréquence adaptée à la gravité (au moins une à deux fois par équipe, plus souvent si risque d'aggravation) ; tracer et alerter en cas de dériveLa fièvre et l'essoufflement sont les signes courants ; une aggravation peut être rapide
Administrer l'oxygène prescrit avec une cible de saturation fixée par le médecin (par exemple 94 à 98 % en général, plus basse en cas de maladie pulmonaire chronique) ; surveiller le débit, l'humidification, l'installation du dispositif, la peau des oreilles et du nezUn apport complémentaire est justifié quand la saturation est trop basse ; il doit être adapté à chaque personne
Installer en position demi-assise ou assise, tête surélevée ; selon le protocole et l'avis médical, proposer une position sur le ventre ou sur le côté pour les personnes éveillées qui ont du mal à s'oxygénerFaciliter la ventilation et l'oxygénation
Aider à dégager les voies respiratoires : boire, humidification de l'air, toux assistée, respiration lente et profonde, kinésithérapie respiratoire adaptée (en respectant les précautions pour éviter la dispersion d'aérosols)Éviter l'encombrement et la surinfection
Soulager la fièvre et la douleur selon la prescription (en général le paracétamol en première intention, à la dose prescrite et en respectant la dose maximale quotidienne) ; vêtements légers, pièce aérée et fraîche, couvertures adaptées, hydratation (pour la prise en charge de l'hyperthermie, voir la page correspondante)Le confort améliore la respiration et le repos ; le froid forcé (compresses glacées, bains froids) n'est pas recommandé pour une fièvre simple
Hydrater : proposer à boire régulièrement (environ 1,5 litre par jour sauf contre-indication), boissons chaudes ou fraîches selon les goûts, perfusion seulement sur prescriptionCompenser les pertes dues à la fièvre et à la respiration rapide
Veiller à l'alimentation : repas fractionnés, adaptés aux goûts, enrichis si besoin, aide aux repas ; adapter en cas de perte d'odorat et de goût (textures, températures, épices, présentation) ; surveiller le poidsPrévenir la dénutrition, très pénalisante chez la personne âgée
Organiser les repos, regrouper les soins, favoriser le sommeil, économiser l'énergie (voir les pages fatigue et insomnie)La fatigue est intense et ralentit la récupération
Mobiliser progressivement dès que possible : lever, assise au fauteuil, marche courte, exercices au lit (chevilles, jambes) ; prévenir les escarres par les changements de positionLimiter le déconditionnement, les phlébites et les escarres
Administrer les traitements prescrits : antiviral oral précoce pour les personnes à risque (en vérifiant les interactions médicamenteuses), corticoïde et anticoagulant préventif seulement selon les indications médicales (par exemple formes nécessitant de l'oxygène), antibiotique seulement en cas de surinfection bactérienne documentée ; surveiller l'efficacité et les effets indésirablesLes antibiotiques ne sont pas utiles contre le virus, et les corticoïdes ne sont pas indiqués dans les formes sans besoin d'oxygène
Prévenir et repérer la confusion chez la personne âgée : repères, lunettes et appareils auditifs, hydratation, sommeil, présence rassurante, révision des médicaments (voir la page sur les processus de pensée perturbés)Le délirium est fréquent et grave ; il peut être le premier signe de la maladie
Rassurer et soutenir : écouter la peur, informer simplement, expliquer les mesures de précaution et leur durée, proposer des techniques de respiration et de relaxation, la musique ; orienter vers un psychologue si besoinL'anxiété est fréquente et aggrave la sensation d'essoufflement ; les médicaments anxiolytiques ne sont pas systématiques et exposent à la somnolence et aux chutes
Lutter contre l'isolement : appels et visioconférences avec les proches, sonnette à portée, passages réguliers (même brefs), objets familiers, lecture, télévision ; organiser les visites selon le protocole, avec protection, quand l'état le justifie, notamment en fin de vieL'isolement est très mal vécu et aggrave l'anxiété et la confusion
Appliquer les précautions de prévention de la transmission (voir plus bas)Protéger les autres patients, les proches et les soignants
Éduquer la personne et l'entourage (voir plus bas) : gestes barrières, aération, signes d'alerte, quand appeler, reprise de l'activitéPermettre une prise en charge à domicile sûre et limiter la transmission
Préparer la suite : retour à domicile, soins infirmiers ou kinésithérapie, suivi médical, vaccination, évaluation de la COVID longue si les symptômes persistentAssurer la continuité des soins
Accompagner la fin de vie si nécessaire : soins palliatifs, soulagement de l'essoufflement et de l'angoisse, présence des prochesGarantir dignité et confort

Rôle de l'équipe soignante : l'infirmier évalue, surveille les constantes et les signes de gravité, administre les traitements et l'oxygène, applique et fait appliquer les précautions, éduque, coordonne avec le médecin, l'équipe d'hygiène et les proches. L'aide-soignant observe en continu la respiration, la couleur de la peau, la conscience, la fièvre, l'appétit et les boissons, installe en position confortable, aide aux repas et aux boissons, mobilise, assure l'hygiène en appliquant les précautions, rassure, maintient le lien avec les proches et transmet immédiatement tout essoufflement, toute confusion, toute désaturation et tout refus de boire. Le médecin pose le diagnostic, prescrit et décide de l'hospitalisation. Le kinésithérapeute, le psychologue, le diététicien et l'équipe d'hygiène complètent la prise en charge.

Zoom : prévenir la transmission, les précautions à appliquer
MesureEn pratique
Précautions standardHygiène des mains par friction hydro-alcoolique avant et après chaque soin et après le retrait des équipements ; tenue adaptée au risque d'exposition ; gestion des déchets et du linge
Précautions complémentairesSelon le protocole de l'établissement et les recommandations de la Société française d'hygiène hospitalière : en général précautions de type « gouttelettes » et « contact » ; masque pour le patient quand il sort de sa chambre ou en présence d'un soignant ; masque de soin (chirurgical) ou FFP2 pour le soignant selon le contexte, avec FFP2 pour les gestes générant des aérosols ou chez les patients à risque de transmission élevée ; protection des yeux (lunettes, visière), tablier ou surblouse, gants en cas de risque de contact avec les liquides biologiques
ChambreChambre individuelle si possible, porte fermée, signalisation, matériel dédié ou nettoyé après chaque usage, limitation des allées et venues, aération régulière de la pièce
Habillage et déshabillageProcéder dans l'ordre, jeter les protections à usage unique, retirer gants, tablier et lunettes avant de sortir, friction des mains, masque retiré en dernier hors de la chambre
NettoyageNettoyage et désinfection des surfaces fréquemment touchées (poignées, barrières, table, sonnette, téléphone) avec les produits du protocole
AérationAérer les pièces plusieurs fois par jour (au moins 10 minutes à chaque fois), en particulier pendant et après les soins
Durée des précautionsFixée par l'équipe d'hygiène et le médecin selon l'état clinique, l'immunodépression et le contexte (elle est plus longue chez les personnes très immunodéprimées)
Cas groupés en collectivitéPlusieurs cas rapprochés dans un établissement : alerter l'encadrement, l'équipe d'hygiène et l'agence régionale de santé selon le protocole ; renforcer les mesures (masques, aération, limitation des regroupements), repérer précocement les personnes à risque
Professionnels de santéSe protéger, appliquer les gestes barrières, ne pas travailler avec des symptômes sans avis, se faire tester selon les consignes, se faire vacciner (vaccination fortement recommandée pour les soignants)
Zoom : isolement, tests et vaccination, ce qui a changé
  • isolement : l'obligation d'isolement des personnes testées positives a été assouplie dès début 2023. Les recommandations demandent aux personnes symptomatiques ou positives de porter un masque, de respecter les gestes barrières et de prévenir leurs contacts, en évitant en particulier les personnes fragiles. Dans les établissements de santé et médico-sociaux, les règles internes (précautions complémentaires, durées, visites) s'appliquent
  • tests : un autotest antigénique peut être réalisé en cas de symptômes ; chez les personnes à risque de forme grave, un test et un contact médical rapides permettent d'envisager un traitement antiviral précoce
  • vaccination : la stratégie est désormais saisonnière, avec une campagne à l'automne, souvent associée à celle de la grippe, et un renouvellement ciblé au printemps pour les plus fragiles (en 2026 : personnes de 80 ans et plus, personnes immunodéprimées, résidents d'établissements pour personnes âgées dépendantes et d'unités de soins de longue durée, avec un délai minimal de six mois après la dernière dose ou infection, ramené à trois mois pour les personnes les plus à risque). Les publics éligibles et les calendriers changent chaque année : vérifier auprès du ministère de la Santé et de l'établissement
  • port du masque : recommandé pour les personnes symptomatiques, les personnes testées positives, les personnes à risque en période épidémique et les professionnels auprès de personnes fragiles, selon les consignes en vigueur
Zoom : éducation de la personne et de ses proches
  • expliquer la transmission (voie respiratoire, lieux fermés), la contagiosité avant et pendant les symptômes et l'intérêt du masque, de l'aération et de l'hygiène des mains
  • conseiller de rester à domicile tant que l'on a de la fièvre et des symptômes marqués, de porter un masque auprès des autres, d'éviter les personnes fragiles et les lieux de soins sans prévenir, d'aérer le logement, de ne pas partager les verres, couverts et serviettes, de nettoyer les surfaces touchées
  • apprendre à surveiller : température, respiration, couleur de la peau, état de conscience, boissons et alimentation, et la saturation si un oxymètre est prescrit
  • préciser quand appeler : essoufflement au repos, douleur thoracique, lèvres bleutées, confusion ou somnolence, impossibilité de boire, aggravation après un début d'amélioration : appeler le médecin ou le 15
  • expliquer la fatigue qui peut durer, la reprise progressive des activités et du sport, l'importance de se ménager
  • informer sur les traitements, la vaccination et ses dates, la façon de prévenir les contacts
  • soutenir l'aidant : conseils pratiques, répit, numéros utiles
Zoom : lignes directrices pour la documentation

Dans le dossier d'une personne atteinte de COVID-19, on consigne :

  • les constats individuels : date de début, facteurs qui influencent la maladie, interactions, nature des échanges sociaux, comportements précis
  • les constantes avec l'heure, la saturation (et si elle est mesurée sous oxygène ou à l'air ambiant), le débit d'oxygène, le score d'alerte
  • les croyances culturelles et religieuses exprimées
  • les attentes de la personne et de son entourage
  • le plan de soins et le plan d'enseignement
  • les précautions appliquées et leur durée, les contacts identifiés et informés
  • les réponses aux soins, à l'éducation et aux informations données
  • le progrès vers les résultats souhaités et la satisfaction de la personne

Les lignes directrices peuvent changer rapidement en fonction des connaissances nouvelles : toujours se référer à la version la plus récente du protocole de l'établissement.

Étape 4 : L'évaluation des résultats
Question à se poserSi ouiSi non
La fréquence respiratoire et la saturation sont-elles dans les cibles ? La personne parle-t-elle sans essoufflement ?Poursuivre la surveillance, sevrer l'oxygène selon prescriptionAlerter le médecin, renforcer la surveillance, réévaluer le traitement
La température est-elle redescendue et la personne se sent-elle mieux ?Poursuivre le confort et l'hydratationRechercher une surinfection, avis médical
Boit-elle et mange-t-elle suffisamment ?PoursuivreAide aux repas, boissons enrichies, avis du médecin ou du diététicien
Son anxiété a-t-elle diminué et le lien avec ses proches est-il maintenu ?PoursuivrePlus de présence, soutien psychologique
Les précautions ont-elles été respectées sans cas secondaire parmi les soignants, les autres patients et les proches ?MaintenirRevoir les pratiques avec l'équipe d'hygiène, informer, tester selon le protocole
La personne et son entourage comprennent-ils la maladie et la conduite à tenir ?ValoriserReprendre l'éducation
Y a-t-il une complication (confusion, chute, escarre, déshydratation, thrombose) ou des symptômes persistants au-delà de plusieurs semaines ?Alerter, traiter, orienterPoursuivre la prévention

Exemple de transmission ciblée :

  • D (données) : femme de 79 ans, diabétique, test positif depuis 2 jours, toux, fièvre à 38,6 °C, fatigue, essoufflement en parlant, fréquence respiratoire à 24 par minute, saturation à 93 % (habituelle 96 %), mange peu, anxieuse, confusion absente.
  • A (actions) : médecin prévenu, oxygène administré selon la prescription avec une cible de saturation, position demi-assise, paracétamol donné à la dose prescrite, boissons proposées régulièrement, repas fractionnés, précautions complémentaires et aération, informations simples sur la maladie et les mesures, appel de sa fille proposé, surveillance des constantes toutes les 4 heures avec score d'alerte.
  • R (résultats) : à 48 heures, fréquence respiratoire à 20, saturation à 95 % sous débit réduit, température à 37,8 °C, boit 1,5 litre, mange la moitié de ses repas, moins anxieuse, sa fille a compris les mesures et les signes d'alerte.

4. Prévention et organisation des soins

  • proposer la vaccination aux personnes éligibles selon les campagnes en vigueur (automne et renouvellement de printemps pour les plus fragiles), et aux professionnels
  • repérer les personnes à risque de forme grave et organiser un accès rapide au médecin et au traitement antiviral précoce
  • appliquer les précautions standard en permanence et les précautions complémentaires dès qu'un cas est suspecté ou confirmé
  • aérer les locaux, limiter les regroupements en période épidémique, porter le masque selon les consignes, maintenir l'hygiène des mains
  • surveiller les premiers signes dans les collectivités (fièvre, toux, fatigue, confusion, chutes) pour repérer tôt les cas groupés
  • maintenir les liens familiaux et les visites en sécurité, car l'isolement a des conséquences lourdes
  • former les équipes aux gestes de protection, à la surveillance des signes de gravité et à l'accompagnement de la détresse
  • repérer et accompagner les personnes qui gardent des symptômes prolongés
À retenir :
La COVID-19 est une infection respiratoire virale devenue le plus souvent bénigne, mais grave chez les personnes à risque (âge, immunodépression, maladies chroniques). Les symptômes les plus courants sont la toux, le mal de gorge, la fièvre, la fatigue, les courbatures et parfois la perte d'odorat. Il faut surveiller la température, la fréquence respiratoire, la saturation, la conscience, l'hydratation et l'alimentation, et alerter devant un essoufflement, une saturation en baisse, une douleur thoracique, une confusion ou une impossibilité de boire. Les soins reposent sur le confort respiratoire (position, oxygène prescrit), le soulagement de la fièvre et de la douleur, l'hydratation, la nutrition, la mobilisation douce, le soutien psychologique et la lutte contre l'isolement, ainsi que sur les précautions standard et complémentaires et l'aération. L'éducation, la vaccination ciblée et le suivi des symptômes prolongés complètent la prise en charge. Les recommandations évoluent : appliquer toujours le protocole en vigueur.

Pour aller plus loin : Ministère de la Santé, isolement et recommandations pour les personnes testées positives au Covid-19.

Gisèle Cabre, formatrice IFSI IFAS
Gisèle Cabre
Formatrice IFSI IFAS

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