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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

Diagnostic infirmier : risque d’infection

Risque d'infection : comprendre et mener la démarche de soins

En bref : un patient est dit « à risque d'infection » quand son état, un soin ou son environnement facilite l'entrée et la multiplication de microbes dans son organisme. L'infection n'est pas encore là : le rôle du soignant est de l'empêcher d'apparaître.

1. Définition du diagnostic infirmier

Dans la classification NANDA, le risque d'infection est un diagnostic de risque : la personne est vulnérable à l'invasion par des micro-organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons), ce qui pourrait nuire à sa santé.

Comme il s'agit d'un risque, il n'y a pas de signes cliniques à relever. On s'appuie uniquement sur des facteurs de risque.

Comment les microbes entrent-ils dans le corps ?

Ils profitent d'une porte d'entrée :

  • une plaie ou une brûlure
  • une peau abîmée (escarre, eczéma, gale)
  • une muqueuse (bouche, nez, voies urinaires)
  • un dispositif invasif (sonde urinaire, cathéter, perfusion, sonde gastrique)
  • les mains non lavées du soignant ou du patient
Qui défend l'organisme ? Le système immunitaire

Quand les défenses sont efficaces, le corps neutralise les microbes. Quand elles sont affaiblies, l'infection s'installe plus facilement. Les principaux acteurs sont :

  • la moelle osseuse, qui fabrique les globules blancs
  • le thymus, où mûrissent certains globules blancs (lymphocytes T)
  • les ganglions lymphatiques, qui filtrent la lymphe
  • la rate, qui filtre le sang
  • les amygdales, premières sentinelles à l'entrée de la gorge

La peau intacte et les muqueuses forment aussi une barrière naturelle.

2. Facteurs de risque

Facteurs liés à la personne
  • âge extrême (personne âgée, nourrisson)
  • défenses immunitaires diminuées : cancer, chimiothérapie, corticoïdes, VIH
  • maladie chronique : diabète, insuffisance rénale ou respiratoire
  • dénutrition ou déshydratation
  • peau fragile, plaie, escarre
  • hygiène corporelle insuffisante
  • vaccinations non à jour
Facteurs liés aux soins et à l'environnement
  • chirurgie récente
  • sonde urinaire, cathéter, perfusion, trachéotomie
  • hospitalisation ou vie en collectivité (EHPAD)
  • contact avec une personne contagieuse
  • non-respect des précautions standard ou de l'asepsie

3. Que surveiller ? Les signes d'une infection qui s'installe

Si l'un de ces signes apparaît, le risque est devenu un problème réel : on prévient l'infirmier ou le médecin sans attendre.

  • fièvre, frissons, fatigue inhabituelle
  • rougeur, chaleur, douleur, gonflement autour d'une plaie ou d'un dispositif
  • écoulement purulent (pus)
  • urines troubles, malodorantes, brûlures en urinant
  • toux avec crachats jaunes ou verdâtres
  • confusion brutale chez la personne âgée (signe d'alerte fréquent)

4. La démarche de soins complète

La démarche suit quatre temps, après le recueil de données : problème, objectifs, interventions, évaluation.

Étape 1 : Le problème (diagnostic infirmier)

On l'écrit selon le modèle « problème + lié à + facteurs de risque » :

Exemple : risque d'infection lié à la présence d'une sonde urinaire à demeure, à un diabète déséquilibré et à une dénutrition modérée.

À retenir : on choisit les facteurs de risque réellement observés chez le patient, pas une liste générale.

Étape 2 : Les objectifs de soins

Un bon objectif est précis, mesurable et daté. Il décrit ce que le patient atteindra, pas ce que le soignant fera.

ObjectifCritère de réussite
Le patient ne présente aucune infectionTempérature inférieure à 37,8 °C, urines claires, pas de signe inflammatoire, pendant toute la durée du séjour
La peau et les plaies restent sainesPas de rougeur ni d'écoulement au niveau de la plaie et de la sonde, à chaque soin
Le patient connaît les gestes d'hygièneIl se lave les mains seul avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes, d'ici 3 jours
Les signes d'alerte sont repérés tôtToute anomalie est transmise à l'infirmier dans l'heure
Étape 3 : Les interventions
InterventionPourquoi ?
Se laver les mains (friction hydro-alcoolique) avant et après chaque soinLes mains sont la première cause de transmission
Appliquer les précautions standard et porter les équipements de protection adaptés (gants, tablier, masque)Protéger le patient et le soignant
Respecter l'asepsie lors des soins de sonde, de pansement et de perfusionNe pas introduire de microbes par le soin
Prendre la température et les constantes selon la prescriptionRepérer vite une infection débutante
Observer la peau, les plaies, les points d'insertion des dispositifsDétecter rougeur, chaleur, écoulement
Assurer la toilette quotidienne et l'hygiène bucco-dentaireLimiter les microbes sur la peau et les muqueuses
Favoriser une alimentation riche en protéines et une bonne hydratation (environ 1,5 L par jour sauf contre-indication)Soutenir les défenses et bien rincer les voies urinaires
Vérifier la nécessité de la sonde et signaler au médecin quand elle n'est plus utileMoins de dispositif, moins de risque
Expliquer au patient et à ses proches les gestes barrièresRendre le patient acteur de sa prévention
Vérifier le statut vaccinal et transmettre à l'équipePrévenir grippe, pneumocoque, tétanos selon les recommandations
Nettoyer et désinfecter le matériel et l'environnement selon les protocolesÉviter la transmission croisée

Rôle de l'aide-soignant : hygiène, confort, observation, alimentation, hydratation et transmissions. Les actes prescrits (pansement complexe, soin de sonde, prélèvement) relèvent de l'infirmier ou sont réalisés sous sa responsabilité.

Étape 4 : L'évaluation

On compare la situation du patient aux critères fixés à l'étape 2, à la date prévue.

Question à se poserSi ouiSi non
Le patient est-il resté sans fièvre ni signe d'infection ?Objectif atteint, on poursuit la surveillanceAlerter l'infirmier ou le médecin, réajuster le plan
Les gestes d'hygiène sont-ils appliqués par l'équipe et le patient ?Maintenir les actionsReprendre l'éducation, revoir les protocoles
Les facteurs de risque ont-ils diminué (sonde retirée, état nutritionnel amélioré) ?Réviser ou lever le diagnosticGarder le diagnostic et renforcer les interventions

Exemple de transmission ciblée :

  • D (données) : température à 37,2 °C, urines claires, orifice de la sonde propre.
  • A (actions) : soin d'hygiène réalisé, hydratation de 1 L depuis ce matin, éducation au lavage des mains.
  • R (résultats) : aucun signe d'infection, patient capable de refaire le geste seul.

5. Prévention : les 6 réflexes à retenir

  • hygiène des mains, avant et après chaque soin
  • précautions standard pour tous les patients
  • masque ou autres protections selon le mode de transmission
  • vaccinations à jour
  • matériel et locaux propres, déchets triés correctement
  • surveillance quotidienne de la peau, de la température et des urines
À retenir :
Le risque d'infection se prévient avant tout par l'hygiène des mains et le respect des précautions standard. Un soignant qui observe bien et transmet vite protège son patient.
Gisèle Cabre, formatrice IFSI IFAS
Gisèle Cabre
Formatrice IFSI IFAS

Programme : Diagnostics infirmiers

Comprendre la méthode (2 pages)
Élimination digestive et urinaire (9 pages)
Liquides, circulation et respiration (8 pages)
Alimentation, digestion et glycémie (6 pages)
Température et infection (4 pages)
  • Risque d'infectionHygiène des mains, précautions, dispositifs invasifs et surveillance
  • HypothermieTempérature basse, réchauffement progressif et surveillance
  • HyperthermieFièvre, coup de chaleur, refroidissement, hydratation
  • COVID-19Signes de gravité, surveillance de la saturation, précautions et vaccination (mise à jour 2026)
Sécurité, peau et mobilité (6 pages)
Douleur, sommeil et fatigue (4 pages)
  • Douleur aiguëÉvaluation, antalgiques par paliers, moyens non médicamenteux, PCA
  • Douleur chroniqueSyndrome douloureux chronique, objectifs fonctionnels, gestion du rythme
  • FatigueCauses, journal de fatigue, économie d'énergie, conduite à tenir
  • InsomnieÉvaluation du sommeil, mesures non médicamenteuses, sommeil à l'hôpital
Cognition et communication (4 pages)
Émotions et santé mentale (10 pages)
Rôles, relations et observance (3 pages)
 
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