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Les traumatismes

Les traumatismes et immobilisations

Traumatisme de l’abdomen

Définition

Les traumatismes abdominaux portent atteinte à l’intégrité de la cavité abdominale et des organes contenus dans celle-ci.

Ces traumatismes concernent les organes pleins (foie, rate, reins), les organes creux (estomac, intestin) et les gros vaisseaux (aorte, veine cave inférieure).

Causes

Une atteinte de l’abdomen survient lors :

- D’un choc ou d’une compression appuyée au niveau de l’abdomen ;

- De la pénétration d’un corps étranger dans l’abdomen ;

- D’un cisaillement du à une décélération brusque qui entraîne des lésions des gros vaisseaux abdominaux, du foie ou de la rate ;

- D’une explosion, (blast).

Un traumatisme abdominal ne survient pas uniquement lors d’une atteinte de la face antérieure de l’abdomen, mais aussi lors d’une atteinte des flancs, du dos ou de la partie basse du thorax.

Risques et conséquences

La gravité du traumatisme est due à l’atteinte des organes abdominaux avec apparition d’une défaillance circulatoire par hémorragie.

Cette dernière peut survenir de façon extrêmement brutale si ce sont des organes (foie, rate, rein) ou des gros vaisseaux abdominaux qui sont touchés.

Le saignement peut être retardé et les signes apparaître secondairement.

Les traumatismes avec atteinte des organes creux exposent à un risque infectieux important car leur contenu est sceptique (matières fécales).

Signes Au cours du bilan circonstanciel et au cours de l’analyse du mécanisme de l’accident lors du bilan complémentaire, on retrouve un traumatisme parfois violent direct au niveau de l’abdomen (coup, choc) ou indirect (décélération brutale).

Si la victime n’a pas perdu connaissance et peut s’exprimer, elle peut se plaindre d’une douleur spontanée siégeant au niveau d’une partie ou de tout l’abdomen.

A l’examen on peut trouver :

- Une douleur provoquée lors d’une palpation prudente de l’abdomen qui peut être anormalement dur ;

- L’absence de soulèvement de l’abdomen à chaque respiration ;

- Une contusion ou une plaie plus ou moins importante avec une éventuelle éviscération;

- Des vomissements de sang rouge (Hématémèse) ;

Principe de l’action des secours

La victime ne présente pas de détresse vitale apparente :

- Ne jamais retirer un corps étranger ;

- Mettre immédiatement la victime en position allongée, à plat dos, jambes fléchies ;

- Vérifier la présence de lésion dans le dos, particulièrement au cours de sa mobilisation ;

- Protéger contre le froid, le vent, ou chaleur ;

- Transmettre le bilan et surveiller. En présence d’une éviscération :

- Ne pas remettre les viscères en place ;

- Envelopper les viscères dans un champ (ne pas utiliser de compresses) humidifié avec du sérum physiologique stérile, sans les mobiliser ni les comprimer ;

Toute femme enceinte victime d’un traumatisme violent (AVP, chute, coup dans l’abdomen) doit être considérée comme traumatisée de l’abdomen et faire l’objet d’une consultation dans un service d’urgence.

Si la victime a perdu connaissance, appliquer la conduite à tenir devant une victime suspecte de traumatisme et qui a perdu connaissance, si elle respire.

Si la victime, consciente, présente une détresse vitale, appliquer la conduite à tenir adapté devant une victime qui présente une détresse circulatoire.

Traumatisme du bassin

Définition

Un traumatisme du bassin est l’ensemble des signes dus à une atteinte traumatique du bassin, avec ou sans plaie, qui permettent de suspecter des fractures ou des lésions des organes internes, pouvant mettre rapidement en jeu la vie de la victime.

Les traumatismes du bassin sont graves et touchent surtout l’adulte jeune.

Les traumatismes du bassin sont grave et touchent surtout l’adulte jeune.

Causes

Les traumatismes du bassin surviennent dans un contexte de traumatisme à haute cinétique (accident de la voie publique, chutes de grande hauteur) avec dans deux cas sur trois des lésions associées (thorax, crâne, membres)

Le choc peut être :

- Direct avec ou sans plaie au niveau de la partie basse de l’abdomen, des hanches ou des fesses;

- A distance du bassin et transmis par l’intermédiaire des os des membres inférieurs (chute ou choc sur la hanche, chute de grande hauteur sur les talons).

Plus rarement, les traumatismes du bassin peuvent survenir à la suite de traumatismes à faible énergie chez la personne âgée.

La mortalité des traumatismes du bassin est de l’ordre de 8 à 15%.

Risques et conséquences

La gravité du traumatisme du bassin est due : - À la perte de sang due aux fractures elles-mêmes; une fracture multiple du bassin est fréquemment responsable d’une hémorragie interne importante ; - À une perforation ou une rupture de vessie ou des canaux d’évacuation de l’urine.

Signes

Au cours du bilan circonstanciel et au cours de l’analyse du mécanisme de l’accident lors du bilan complémentaire, on retrouve un traumatisme parfois violent direct au niveau du bassin (écrasement, coup, choc) ou moins violent chez une personne âgée.

Si la victime n’a pas perdu connaissance et peut s’exprimer, elle peut se plaindre d’une douleur spontanée siégeant au niveau du bassin ou dans la partie basse de l’abdomen.

Cette douleur spontanée est un signe évocateur d’un traumatisme du bassin.

A l’examen on peut trouver :

- Une douleur à la palpation douce et prudente du bassin ;

- Une impossibilité de bouger les membres inférieurs en raison de la douleur ;

- La présence d’urine sanglante ou de sang sur les sous-vêtements (liée à l’atteinte de la vessie ou de l’urètre) ;

- Un hématome important au niveau du pubis ;

- Une lésion des organes urogénitaux externes particulièrement chez l’homme (plaie, œdème, hématome) ;

- Des lésions associées, comme des lésions du crâne et du thorax qui peuvent masquer le traumatisme du bassin.

Toute victime traumatisée qui a perdu connaissance et qui présente des signes de détresse circulatoire doit être considérée systématiquement comme suspecte d’un traumatisme du bassin.

Principe de l’action des secours

- Laisser la victime en une position allongée stricte si possible ;

- Dénuder le bassin de la victime (vérifier la présence de sang sur les sous-vêtements) ;

- Vérifier l’absence de lésion dans le bas du dos ou au niveau des fesses au cours de sa mobilisation ; -

Mettre en place une contention externe du bassin si la victime présente un traumatisme du bassin associé à des signes de détresse circulatoire, après avis médical ;

En cas d’impossibilité d’avis médical, mettre en place la contention.

- Protéger contre les intempéries ;

- Transmettre un bilan ;

- Relever et immobiliser sur un matelas à dépression ;

- Surveiller attentivement la victime.

Définition

On appelle traumatisme du crâne (ou crânien) tout choc reçu sur le crâne.

Causes

Les traumatismes crâniens sont la conséquence d’un choc direct, ou indirect (décélération brutale), d’une blessure pénétrante (arme à feu…) au niveau du crâne.

Risques et conséquences

Un choc direct au niveau de la tête peut entraîner, selon son intensité et son mécanisme, des lésions cutanées, osseuses (fractures) méningées ou cérébrales.

Une décélération brusque avec un arrêt net de la tête, sans aucun choc sur un obstacle, peut également entrainer des lésions cérébrales, uniquement par l’ébranlement du cerveau contre la boîte crânienne.

Ces lésions peuvent être plus ou moins rapidement évolutives et mettre en jeu le pronostic vital.

Il faut donc surveiller régulièrement l’état de conscience de la victime.

Dans certains cas, une prise en charge chirurgicale précoce est nécessaire pour augmenter les chances de récupération.

Signes

Le bilan circonstanciel et complémentaire retrouvent un traumatisme parfois violent au niveau du crâne (coup, choc) ou indirect (décélération brutale).

A l’issue du bilan d’urgence vitale, la victime peut présenter :

- Une perte de connaissance qui persiste depuis l’accident ou des troubles de la conscience (Somnolence, confusion, agitation anormale) ;

- Des convulsions ;

- Une asymétrie pupillaire nette et fixe.

Lors du bilan complémentaire la victime se plaint :

- De céphalées ou d’une douleur spontanée au niveau des os du crâne; -

De nausées ou de vomissements.

A l’examen on constate que la victime peut présenter :

- Une perte de la mémoire des faits souvent synonyme d’une perte de connaissance passagère immédiatement après l’accident, parfois relatée par les témoins ;

- Un déficit moteur neurologique ;

- Une plaie au cuir chevelu, un hématome ou une déformation ;

- Un hématome « en lunette » (autour des yeux) pouvant témoigner d’une fracture des os de la base du crâne.

- Une otorragie ou une épistaxis (Vérifier que l’écoulement sanguin vient bien de l’intérieur de l’oreille en la nettoyant avec une compresse) ; -

Des lésions associées (Polytraumatisme) en particulier de la colonne cervicale.

Au cours de la surveillance on peut constater :

- La survenue d’une perte de connaissance secondaire ;

- Des troubles de la conscience apparaissant plusieurs minutes à plusieurs heures après l’accident alors que la victime était parfaitement consciente.

Chez l’enfant et le nourrisson, les signes de traumatisme crânien peuvent être différents de ceux de l’adulte :

- La perte de connaissance est moins fréquente ;

- L’enfant ou le nourrisson peut présenter des troubles du comportement (Il ne joue plus, il est prostré) souvent constatés par l’entourage ;

- Une pâleur. Toute chute d’un enfant ou d’un nourrisson, d’une hauteur supérieure à sa taille (table à langer, chaise haute) doit faire suspecter un traumatisme crânien et faire l’objet d’un avis médical immédiat.

Principe de l’action des secours

La victime ne présente pas de détresse vitale apparente :

- Maintenir la tête en position neutre ;

- Retirer le casque de protection, éventuellement ;

- Oxygène en inhalation si nécessaire ;

- Si besoin, stabiliser ou restreindre les mouvements du rachis cervical ;

- Protéger la victime contre les intempéries ;

- Transmettre un bilan ;

- Immobiliser la victime ;

- Surveiller attentivement.

- Si l’immobilisation du rachis est nécessaire :

- relever la victime en utilisant la méthode de relevage adaptée ;

- immobiliser le rachis de la victime avec le matériel le plus adapté ;

Si la victime a perdu connaissance ou consciente avec détresse vitale, appliquer la conduite adaptée.

Définition

Ensemble des signes dus à une ou plusieurs lésions secondaires à une atteinte traumatique de la face et de la face antérieure du cou.

Causes

Les traumatismes de la face et de la face antérieure du cou sont la conséquence le plus souvent d’un choc direct (éléments contondants) ou d’une blessure pénétrante (arme blanche, arme à feu) au niveau de la face ou du cou.

Risques & Conséquences

Les traumatismes de la face et de la face antérieure du cou sont fréquents.

Ils peuvent être isolés ou associés à d’autres lésions traumatiques.

Ils peuvent être responsables d’une détresse vitale par : -

une obstruction des voies aériennes provoquée par une inhalation d’un corps étranger ou de sang, une fracture de la mandibule avec désinsertion et bascule de la langue en arrière dans les voies aériennes ou un gonflement posttraumatique de la muqueuse des voies aériennes (traumatisme du larynx).

- d’une hémorragie externe ou extériorisée

Ils peuvent aussi être responsables d’une atteinte fonctionnelle, atteinte oculaire par exemple, et de séquelles esthétiques.

Un traumatisme de la face et de la face antérieure du cou peut être associé à un traumatisme du rachis cervical et/ou un traumatisme crânien.

Signes

Au cours du bilan circonstanciel et au cours de l’analyse du mécanisme de l’accident lors du bilan complémentaire, on retrouve un traumatisme parfois violent direct au niveau de la face ou du cou.

Si la victime est consciente, elle peut se plaindre d’une douleur de la face, d’un trouble de la vision ou de la difficulté à avaler.

À l’issue du bilan d’urgence vitale, la victime peut présenter :

- une détresse respiratoire par obstruction des voies aériennes ;

- une détresse circulatoire secondaire à une hémorragie externe ou extériorisée.

À l’examen de la face, il peut être constaté :

- un œdème de la face ou localisé (œdème des paupières),

- un hématome de la face, un hématome en lunette ;

- une ou plusieurs plaies de la face, de la langue ou du cou ;

- une déformation de la face traduisant une fracture des os de la face, du nez ou de la mandibule ;

- un saignement du nez ou de la bouche.

- une atteinte de l’œil objectivée par une anomalie des mouvements de l’œil, la présence de sang sous la cornée, une déformation de la pupille, une plaie de l’œil avec ou sans corps étranger intraoculaire visible ;

- une désinsertion ou une fracture de dents.

Principe de l’action de secours

Plaie de la face

À l’exception des éraflures sans gravité, une plaie de la face ou du cou doit être considérée et prise en charge comme une plaie grave du fait de sa localisation.

Si la plaie saigne abondamment, arrêter le saignement en réalisant une compression manuelle.

Si la plaie est située au niveau du cou, veiller à ne pas comprimer la trachée de la victime.

Maintenir la compression manuelle ou utiliser les pansements compressifs d’urgence avec contre-appui sous le bras opposé.

Laisser les corps étrangers en place même s’ils sont transfixiants sauf s’ils entraînent une obstruction des voies aériennes.

Atteinte traumatique de l’œil

- Minimiser les mouvements des yeux en demandant à la victime de ne pas bouger, de fermer les yeux et de rester à plat dos si c’est possible.

Cette position évite une aggravation éventuelle de la lésion de l’œil.

- Recouvrir (sans appuyer) les deux yeux par des compresses stériles et seulement s’il n’existe pas de corps étrangers dont la mobilisation pourrait aggraver la lésion oculaire.

- Ne jamais chercher à retirer un corps étranger oculaire.

Traumatisme dentaire

- Récupérer la dent tombée.

- Conserver la dent dans un récipient contenant du sérum physiologique (à défaut, du lait).

- Orienter la victime vers un centre spécialisé après avis médical.

Fracture de la face (mandibule, maxillaire supérieur, os du nez)

Ces lésions sont susceptibles de provoquer un saignement abondant qui peut s’écouler et encombrer les voies aériennes.

- Installer la victime sur le côté.

- Appliquer la conduite à tenir devant une détresse respiratoire si nécessaire.

Si le traumatisme est mineur, appliquer la conduite à tenir devant un saignement de nez .

Dans tous les cas

- Si la victime perd connaissance appliquer la conduite à tenir adaptée.

- Demander un avis médical et respecter les consignes données

Définition

Un traumatisme du thorax est l’ensemble des signes dus a une atteinte traumatique du thorax, avec ou sans plaie.

Ces signes permettent de suspecter des lésions pouvant mettre rapidement en jeu la vie de la victime.

Ce sont des fractures des côtes ou du sternum avec atteinte ou non des organes intra-thoraciques.

Causes

Une atteinte du thorax survient :

- D’un choc direct au niveau des côtes ;

- De la pénétration d’un corps étranger dans le thorax ;

- D’une décélération brusque qui peut entraîner des lésions des organes intra-thoraciques qui viennent s’écraser sur les côtes ;

- D’une explosion (blast).

Risques et conséquences

Une atteinte traumatique du thorax peut entraîner :

- Une détresse respiratoire due à l’existence de côtes cassées, d’un pneumothorax ou d’un hémothorax qui comprime le ou les poumons, d’une rupture ou plaie de la trachée ou des bronches ;

- Une détresse circulatoire, voire un arrêt cardiaque, par atteinte de gros vaisseaux ou du cœur.

Signes

Au cours du bilan circonstanciel et au cours de l’analyse du mécanisme de l’accident lors du bilan complémentaire, on retrouve un traumatisme parfois violent direct au niveau du thorax (coup, choc) ou indirect (décélération brutale).

Si la victime n’a pas perdu connaissance et peut s’exprimer, elle peut se plaindre :

- D’une douleur spontanée siégeant au niveau d’une ou plusieurs côtes ou provoquée par les mouvements respiratoires ou la toux ;

- D’une émission de crachats de sang rouge.

A l’examen le secouriste peut trouver :

- Une douleur à la palpation prudente des côtes ;

- Une plaie avec ou sans bulles sanglantes à chaque expiration (vérifier le dos) ;

- Une contusion ;

- Une anomalie du soulèvement de la poitrine ;

- Une déformation nette du thorax ;

- Une toux incessante ;

- Des crachats de sang rouge ;

- Des lésions associées (Polytraumatisme).

Toute plaie thoracique est considérée comme grave, même en l’absence de détresse respiratoire.

Principe de l’action des secours

La victime ne présente pas de détresse apparente :

- Mettre immédiatement la victime dans une position assise dès lors qu’il existe une gêne respiratoire ;

- Dénuder le thorax de la victime ;

- Vérifier la présence de lésion dans le dos de la victime particulièrement au cours de sa mobilisation ;

- Oxygène en inhalation si nécessaire ;

- Protéger la plaie par un dispositif médical non occlusif spécifique à cette situation s’il en est à disposition ;

En son absence laisser la plaie à l’air libre.

- Protéger contre les intempéries ;

- Transmettre le bilan et surveiller attentivement.

Si la victime a perdu connaissance ou si la victime est consciente et présente une détresse vitale, appliquer la conduite à tenir adaptée

Définition

Il s’agit de lésions à type d’entorse, de fracture, de luxation ou de tassement qui peuvent siéger à n’importe quel niveau de la colonne vertébrale.

Causes

Une atteinte de la colonne vertébrale survient lors d’un choc direct sur la colonne vertébrale ou d’un traumatisme indirect survenant à distance de celle-ci comme :

- un choc direct au niveau du cou ou du dos - un choc indirect :

- une chute sur la tête (plongeon en eau peu profonde)

- une chute de grande hauteur avec réception sur les talons ou sur les fesses ;

- un mouvement brusque de flexion extension du rachis cervical (collision avec un véhicule à grande vitesse, retournement d’un véhicule, victime éjectée, accident de 2 roues, chute de cheval…) ;

- une chute de sa hauteur chez la personne âgée ou la personne qui présente des antécédents de traumatisme du rachis ou de maladie vertébrale.

Risques et conséquences

La gravité d’un traumatisme de la colonne vertébrale est due à la possible atteinte de la moelle épinière.

La moelle épinière peut être :

- comprimée par la (les) vertèbre(s) fracturée(s) ou luxée(s), par un œdème ou un hématome ;

- sectionnée en entraînant des lésions irréversibles.

Environ 15% des personnes qui présentent un traumatisme vertébral, qu’il s’agisse d’une fracture ou d’une luxation ont une lésion médullaire.

La majorité des victimes qui présentent un traumatisme médullaire ont aussi un traumatisme vertébral.

Signes

Au cours du bilan circonstanciel et au cours de l’analyse du mécanisme de l’accident lors du bilan complémentaire, on retrouve un traumatisme parfois violent direct au niveau du dos ou du cou (coup, choc) ou indirect (flexion extension brusque).

Les mécanismes suivants doivent faire considérer la victime à hauts risques de lésion du rachis :

- chute sur la tête d’une hauteur > 1 mètre comme lors d’un plongeon (rachis cervical) ou les fesses d’une hauteur > 3 mètres (rachis dorso-lombo-sacré) - âge > 65 ans quel que soit le mécanisme ;

- passager d’un véhicule accidenté à grande vitesse (voies rapides, autoroutes, vitesse > 40km/h avec arrêt brutal contre un obstacle ou sur une distance < 10m, déformation de l’habitacle) ;

- absence de port de la ceinture de sécurité et déclenchement des airbags ;

- retournement d’un véhicule suite à tonneaux ;

- victime éjectée d’un véhicule lors d’une collision ;

- collision avec un 2 roues (conducteur ou passager du 2 roues) ;

- piéton renversé ;

- accident avec des véhicules à moteurs de loisirs (jet ski, quad, kart…) ;

- chute de cheval (jockey).

Dès lors que l’on suspecte un traumatisme du rachis, il faut demander à la victime de ne pas bouger ou stabiliser manuellement la tête de la victime dans l’axe, (particulièrement pour réaliser la libération des voies aériennes) et éviter de mobiliser le reste de la colonne vertébrale.

Au bilan d’urgence vitale, on suspectera une lésion du rachis de principe :

- si la victime a perdu connaissance et ne peut s’exprimer ;

- si la victime présente une altération de la conscience ; si la victime se plaint :

- d’un engourdissement, des sensations de décharges électriques au niveau des membres (paresthésie) ;

- d’une douleur spontanée siégeant au niveau du rachis ;

- d’une raideur de la nuque l’empêchant de tourner la tête ;

- si la victime présente un trouble de la motricité évident (ne bouge plus ses membres).

Au bilan complémentaire, on suspectera une lésion du rachis si la victime présente :

- une diminution de la force musculaire des mains ou des pieds (difficulté de serrer les mains ou bouger les orteils) ;

- une perte ou une diminution de la sensibilité des membres supérieurs (mains) ou inférieurs (pieds) ;

- une douleur à la palpation prudente du rachis ;

- une déformation évidente du rachis ;

- une perte des urines ou des matières fécales ;

- une érection chez l’homme (victime inconsciente, victime trouvée déshabillée)

A l’interrogatoire, la présence d’antécédents de traumatisme vertébral (fracture ou chirurgie de la colonne vertébrale) ou de maladie vertébrale (ostéoporose) qui fragilise la colonne vertébrale feront aussi considérer la victime comme suspecte d’une lésion du rachis.

Dans certaines situations, le secouriste ne pourra pas rechercher des signes d’atteinte vertébrale ou médullaire particulièrement si la victime :

- n’est pas coopérative ou présente des difficultés de communication ;

- est sous l’influence de l’alcool ou d’autres drogues ;

- présente de nombreuses lésions qui empêchent de rechercher des signes d’atteinte du rachis ;

- présente une lésion qui détourne son attention (lésion douloureuse intense).

Dans ces cas-là, devant un mécanisme d’accident évocateur d’accident à haut risque de lésion du rachis, le secouriste considérera la victime comme suspecte d’une lésion au rachis.

Principe de l’action des secours L’action de secours doit permettre :

- de ne pas mobiliser la victime, en dehors :

- d’un dégagement d’urgence, si nécessaire ;

- de sa mise en position latérale de sécurité, si elle a perdu connaissance ;

- de son immobilisation.

- de stabiliser, de restreindre les mouvements puis d’immobiliser la tête, le cou et le tronc de la victime qui est suspecte d’une lésion du rachis afin de limiter les risques d’aggravation lors de son relevage et de son transport.oints essentiels dans la prise en charge d’une victime suspecte d’un traumatisme du rachis

- ne pas aggraver une lésion instable de la colonne vertébrale qui menace la moelle épinière ;

- éviter toute immobilisation excessive qui pourrait entraîner des effets secondaires et des complications graves.

Définitions

- la stabilisation du rachis se définit comme un procédé physique de maintien de la colonne vertébrale en position neutre avant la mise en place d’un dispositif de restriction ou d’immobilisation du rachis (maintient à deux mains de la tête de la victime dans la position en lui demandant de ne pas bouger).

- la restriction des mouvements du rachis cervical se définit comme la limitation ou la réduction des mouvements du rachis cervical en utilisant un dispositif cervical comme les colliers cervicaux, ou des blocs de têtes. - l’immobilisation de la colonne vertébrale (corps entier) se définit comme le procédé qui permet de limiter tout mouvement de la colonne vertébrale en utilisant une combinaison de moyens (ex. : bloc de tête, collier cervical, plan dur, matelas immobilisateur à dépression).

Procédure Traumatisme du dos et du cou Rechercher en priorité une détresse vitale

Devant une victime qui présente un traumatisme avec suspicion d’une lésion du rachis cervical, thoracique lombaire ou sacrée il faut rechercher en priorité une détresse vitale:

- hémorragie ;

- obstruction des voies aériennes ;

- détresse respiratoire ;

- détresse circulatoire ;

- détresse neurologique.

A toutes les étapes de l’examen de la victime, limiter les mouvements du rachis soit en lui demandant de ne pas bouger, soit en assurant une stabilisation de son rachis.

La victime présente une détresse vitale

- continuer à limiter les mouvements du rachis.- en demandant à la victime de ne pas bouger si la situation le permet (victime consciente, environnement favorable) - en stabilisant la tête de la victime.

Il est aussi possible, pour libérer le secouriste ou pour éviter qu’il ne gêne la réanimation, de restreindre les mouvements du rachis cervical en utilisant des blocs de tête

. - en même temps, prendre toutes les mesures pour lutter contre la détresse vitale.

- demander un avis médical.

- respecter les consignes.

L’immobilisation de la colonne vertébrale ne doit jamais retarder ou passer avant la prise en charge d’une détresse vitale.

Si une victime suspecte d’un traumatisme du rachis doit être mise en PLS, elle sera réalisée à 2 sauveteurs ou plus, en maintenant manuellement la tête de la victime dans l’axe lors de la rotation (ne pas retirer le collier cervical si celui-ci est déjà en place)

La victime ne présente pas de détresse vitale et a été victime d’un traumatisme

- conseiller à la victime de ne faire aucun mouvement ;

- poursuivre la stabilisation manuelle de la tête si possible (secouriste disponible, victime non agitée) ;

- retirer le casque de protection, s’il est présent ;

- réaliser une immobilisation complète du rachis si:

- la victime ne peut pas être examinée complètement ou l’examen n’est pas fiable :

la victime présente une altération du niveau de conscience ou est confuse, est sous l’influence de l’alcool ou d’autres drogues, présente de nombreuses lésions qui empêchent de rechercher des signes d’atteinte du rachis, a des difficultés de communication (langue étrangère, enfant) ;

- la victime se plaint ou présente des signes d’une atteinte du rachis ou de la moelle comme une douleur de la colonne vertébrale, un déficit moteur ou sensitif des membres, une sensation anormale des membres (décharges électriques, fourmillement), un priapisme, une déformation de la colonne vertébrale, une sensibilité de la colonne vertébrale (douleur provoquée à la palpation), une douleur de la colonne vertébrale quand la victime tousse, essaye de se déplacer ou de s’asseoir.

- la victime présente un traumatisme à haut risque de lésion du rachis (tableau 1) et

- soit a plus de 65 ans- soit présente des antécédents à risque comme une chirurgie ou une fracture antérieure de la colonne vertébrale ou une maladie osseuse ou du rachis (ostéoporose).

Afgsu

La victime présente une plaie pénétrante isolée du thorax, du cou ou de la tête

- appliquer la conduite à tenir devant une plaie du thorax, du cou ou de la tête.

- ne pas immobiliser la victime.

- demander un avis médical.

- respecter les consignes.

Dans tous les cas - protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries ;

- transmettre un bilan et appliquer les consignes reçues ;

- surveiller attentivement la victime, en raison du risque d’aggravation brutale, en particulier après chaque mobilisation.

Cas particuliers

Victime agitée non coopérante

Devant une victime agitée ou non coopérante (intoxication alcoolique associée, enfant…) et qui refuse toute immobilisation, ne pas l’immobiliser, la laisser s’installer dans la position qui lui est le plus confortable tout en essayant de maintenir à 2 mains la tête dans l’axe.

Demander un avis médical.

Victime qui présente une déformation préexistante de la colonne vertébrale (cyphose, scoliose…), victime très âgée (déformations liées à l’ostéoporose).

L’immobilisation en position horizontale corps entier d’une victime très âgée ou qui présente une déformation préexistante de la colonne vertébrale est difficile et peut être contre productive (augmentation de la douleur, aggravation des signes ou de la lésion).

Il est alors nécessaire de respecter la position et la déformation de la victime et l’immobiliser dans la position qui lui est la plus confortable. Seul le matelas immobilisateur à dépression permet de réaliser cette immobilisation et garder la victime immobile.

Traumatisme grave et suspicion de lésion du rachis de l’enfant.

- si l’enfant a perdu connaissance, conserver la stabilisation en ligne du rachis cervical pour assurer la liberté des voies aériennes

supérieures. - l’aspiration des sécrétions, débris, sangs et vomissures à l’aide d’un aspirateur de mucosité doit se faire en conservant la stabilisation en ligne du rachis cervical. - laisser l’enfant dans son siège d’automobile (coque) si c’est possible (pas de déformation de la coque).

Parfaire l’immobilisation de la tête et du corps de l’enfant à l’intérieur du siège à l’aide de rembourrage.

- pour relever un enfant suspect d’une lésion du rachis et qui est allongé au sol, utiliser comme chez l’adulte un brancard cuillère plutôt qu’un plan dur.

- comme pour l’adulte, immobiliser l’enfant sur un matelas immobilisateur à dépression (ou attelle à dépression pour les petits enfants) qui doit rester en place pour le transfert sur le brancard à l’hôpital.

Le plan dur doit être réservé aux manœuvres d’extraction et non à l’immobilisation ultérieure de l’enfant.

- lors de l’immobilisation, une attention particulière doit être portée au maintien en ligne du rachis cervical.

Comme chez l’adulte, les blocs de tête peuvent être positionnés dans le matelas à dépression ou sur le brancard cuillère pour restreindre les mouvements du rachis cervical.

source SDIS 70 sapeurs pompiers haute saône

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Date de dernière mise à jour : 16/09/2021

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