SENS
L’élève aide-soignant participe, au sein d’une équipe pluridisciplinaire à la prise en soin globale et individualisée de la personne.
Objectifs
Définir les différentes formes de l’autonomie
Distinguer déficience, incapacité, désavantage (ou handicap) et dépendance.
Préambule
Toute vie au-delà de 25 ans se poursuit avec une diminution progressive des capacités fonctionnelles de l’organisme:
– Potentiel physique.
– Diminution des capacités d’exploration de l’espace physique et social.
– Pathologies d’organe qui peuvent se surajouter créant des déficiences qui entravent la réalisation de certains actes de la vie courante.
Définition de l’autonomie
Indépendante et en perte d’autonomie :
elle peut effectuer seule les actes de la vie quotidienne, mais doit être dirigée, ayant perdu sa liberté de choix.
Les différentes formes de l’autonomie
L’autonomie physique
C’est la capacité, sans aucune aide, à se déplacer, à réaliser seul les gestes de la vie quotidienne et à s’adapter aux situations rencontrées.
Dans de nombreuses situations de maladie, d’accident ou de handicap, la personne soignée est confrontée, de façon temporaire ou définitive, à une diminution de ses capacités physiques.
Il est alors essentiel de mettre en place des actions permettant :
D’utiliser et de maintenir les capacités physiques conservées.
De reconstruire une nouvelle autonomie physique, en fonction des ressources de la personne.
L’autonomie psychique
Être autonome sur le plan psychique, c’est avoir un comportement et des règles de conduite librement choisies.
Il s’agit aussi du droit de tout individu à faire des choix (cf. charte du patient hospitalisé, charte de la personne âgée dépendante).
L’autonomie psychique ne disparaît pas dans les situations de dépendance physique.
Bien au contraire, elle devient essentielle et permet de maintenir le respect et la dignité de chaque personne soignée.
Le rôle du soignant est d’apporter une aide dans les gestes de la vie quotidienne qui ne peuvent plus être assurés mais non de décider à la place de la personne.
L’autonomie sociale C’est la possibilité de maintenir une vie sociale et une ouverture sur le monde, c’est avoir :
- des liens avec sa famille, ses amis.
- des loisirs, des échanges avec l’extérieur.
- des ressources suffisantes.
Lors d’une hospitalisation de longue durée ou de l’entrée en institution, le maintien du lien social est indispensable à l’équilibre et à l’épanouissement de l’individu.
Les établissements accueillant les personnes âgées et les personnes handicapées doivent avant tout être des lieux de vie.
L’autonomie juridique
C’est la capacité à gérer ses biens, ses affaires, à prendre des décisions et assumer pleinement les conséquences de ses actes.
Toute personne majeure possède donc cette autonomie juridique.
Capacité d’une personne à choisir elle-même les règles de sa conduite, l’orientation de ses actes et les risques qu’elle est prête à courir pour les assumer.
– L’autonomie, c’est la capacité de « penser l’action »,
– Elle relève du domaine intellectuel, cognitif et affectif, le « vouloir »
Définition de l’indépendance
Capacité d’effectuer sans aide les activités de la vie courante, qu’elles soient physiques, mentales, économiques ou sociales.
– C’est la capacité de « faire l’action »
– Elle relève du domaine neurosensoriel et moteur « pouvoir »
Indépendance et autonomie :
2 notions complémentaires et non opposées
Une personne peut être:
Autonome et indépendante: c’est-à-dire capable de choisir d’effectuer sans aide les activités de la vie courante, toute personne tend à être dans ce cas.
Dépendante mais autonome: ne pas pouvoir faire seule certains actes mais être capable de décider.
Dépendante et non autonome: ne pouvant faire seule ni décider seule
La maladie, le handicap et le vieillissement peuvent rendre certaines personnes vulnérables, par l’altération des facultés mentales et les mettre dans l’incapacité de prendre des décisions.
La loi du 5 mars 2007 (modifiant la loi de 1968) sur la protection juridique des majeurs définit 3 régimes de protection pour les personnes dites « incapables majeurs » :
- Sauvegarde de justice.
- Curatelle.
- Tutelle.
Déficience, incapacité, désavantage, (ou handicap) dépendance
Il faut distinguer les notions de déficience, d’incapacité et de désavantage qui ont été retenues par l’OMS dans la classification internationale.
Déficience
« Toute perte de substance ou altération d’une fonction psychologique, physiologique ou anatomique. »
Elle correspond à l’aspect lésionnel du handicap.
Elle n’implique pas forcément que l’individu soit considéré comme malade.
Elle peut-être temporaire ou permanente. (c’est ce que l’on constate).
Exemple
Un diabète peut se compliquer:
d’une rétinopathie, ayant pour conséquence une déficience visuelle.
D’une artérite des membres inférieurs ayant pour conséquence une déficience motrice. Incapacité
Elle résulte d’une déficience et correspond à toute réduction, partielle ou totale, de la capacité d’accomplir une activité dans les limites considérées comme normales pour un être humain. (répercussions de la déficience sur ses capacités).
L’incapacité correspond à l’aspect fonctionnel du handicap, elle s’apprécie avant appareillage ou aide technique.
Exemple
Une déficience motrice des membres inférieurs peut être responsable d’incapacités concernant la locomotion (marcher, monter les escaliers).
Une déficience motrice des membres inférieurs peut engendrer une incapacité concernant la toilette.
Une déficience du langage peut être responsable de l’incapacité de communication.
Désavantage ou handicap
Il résulte, pour un individu donné, d’une déficience ou d’une incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal (en rapport avec l’âge, le sexe, les facteurs sociaux et culturels).
Il correspond à l’aspect situationnel du handicap.
(quel impact dans la vie quotidienne).
Parmi les désavantages, on relèvera par exemple:
Des situations de dépendance physique come l’indépendance assistée (par un appareillage).
Des situations de dépendance économique comme l’indépendance précaire (nécessitant un apport financier extérieur).
Des situations de non-intégration sociale comme les relations perturbées, ou l’isolement social.
Exemple
La déficience motrice des membres inférieurs, responsable d’une incapacité concernant la locomotion, aura pour conséquence une altération de la mobilité, éventuellement de l’indépendance physique (nécessité d’une tierce personne) voire, selon la gravité, un désavantage touchant l’intégration sociale ou l’indépendance économique
En résumé : une atteinte congénitale, maladie ou accident peuvent entraîner une déficience chez une personne.
Cette déficience peut provoquer une incapacité, qui pourra entraîner un désavantage ou un handicap.
Le désavantage ou handicap n’est pas proportionnel à la déficience.
Tout dépend de l’individu et de son environnement ainsi que des ressources personnelles, matérielles et sociales dont il dispose pour pallier à ses incapacités.
Dépendance
Elle résulte des conséquences de la déficience, d’une incapacité et/ou d’un handicap.
Exemple
Danielle, 25 ans, est atteinte de trisomie 21.
Le diagnostic a été posé très vite après sa naissance et une prise en charge adaptée a été assurée. Ses parents l’ont soutenue, accompagnée et encouragée à toutes les étapes de son évolution. Danielle a marché tardivement en fonction d’un retard psychomoteur. Malgré un retard mental et de grande difficultés dans l’apprentissage, elle a pu apprendre à parler normalement puis à écrire. Elle a acquis progressivement une certaine indépendance. Aujourd’hui, elle travaille à temps partiel dans une cantine scolaire. Elle est installée dans un studio à côté de chez ses parents. Elle peut assumer seule certains actes de la vie quotidienne mais a besoin d’une assistance.permanente sur le plan administratif et financier. Elle a peu d’amis et souffre souvent du regard des autres. Elle sort donc peu en dehors de son travail et de son entourage familial.
Dans l’exemple;
- la déficience correspond à une anomalie chromosomique, la trisomie 21
- l’incapacité résultant de la trisomie 21 est un retard mental avec difficultés d’apprentissage
- le désavantage ou handicap est le fait que Danielle rencontre un isolement social et une impossibilité de gérer sa situation administrative et financière.