Quels sont les signes vitaux à surveiller chez un patient ? Guide complet pour les étudiants aide-soignants et infirmiers
Les signes vitaux sont les principaux indicateurs de l’état de santé d’une personne. Ils permettent de repérer rapidement une aggravation ou une amélioration de l’état clinique. Les principaux signes vitaux sont la température corporelle, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la tension artérielle, la saturation en oxygène et le niveau de conscience. Dans certains services, la diurèse est également surveillée.
La prise régulière des constantes est une compétence essentielle en soins. Une valeur anormale doit toujours être comparée aux valeurs habituelles du patient, associée aux signes cliniques observés et transmise rapidement à l’infirmier.
Tableau récapitulatif des signes vitaux
| Signe vital |
Valeur normale chez l’adulte |
Alerte principale |
| Température |
36 à 37,5 °C |
Fièvre ou hypothermie |
| Fréquence cardiaque |
60 à 100 battements/min |
Tachycardie ou bradycardie |
| Fréquence respiratoire |
12 à 20 respirations/min |
Tachypnée ou bradypnée |
| Tension artérielle |
Environ 120/80 mmHg |
Hypotension ou hypertension |
| Saturation en oxygène |
95 à 100 % |
SpO₂ inférieure à 94 % |
| Niveau de conscience |
Patient alerte |
Confusion, somnolence, perte de connaissance |
| Diurèse |
≥ 0,5 ml/kg/h |
Oligurie ou anurie |
Définition des signes vitaux
Les signes vitaux sont des paramètres physiologiques qui permettent d’évaluer le fonctionnement des grandes fonctions de l’organisme : respiration, circulation sanguine, oxygénation, température, état neurologique et équilibre hydrique.
Ils constituent une base indispensable de l’observation clinique. Leur surveillance aide les soignants à repérer une situation anormale et à prévenir une complication.
Objectifs de la surveillance des signes vitaux
La surveillance des signes vitaux permet de détecter précocement une détérioration de l’état du patient, de suivre l’évolution d’une pathologie, d’évaluer l’efficacité d’un traitement et d’orienter rapidement la prise en charge.
Une modification d’un seul paramètre peut annoncer une urgence. C’est pourquoi les constantes doivent toujours être interprétées avec l’état général du patient.
Déroulement de la surveillance des signes vitaux
La température corporelle
La température normale se situe généralement entre 36 et 37,5 °C. Chez la personne âgée, la température de base est souvent plus basse. Une température peu élevée peut donc déjà être significative.
L’hyperthermie correspond à une température supérieure à 37,5 °C. Elle peut être liée à une infection, une inflammation, un coup de chaleur, une chirurgie ou une réaction médicamenteuse.
L’hypothermie correspond à une température inférieure à 35 °C. Elle peut être liée au froid, à un état de choc, à une infection sévère, à une hypothyroïdie ou à certains médicaments.
La fréquence cardiaque
La fréquence cardiaque normale chez l’adulte se situe entre 60 et 100 battements par minute.
Une tachycardie correspond à une fréquence supérieure à 100 battements par minute. Elle peut être liée à la douleur, la fièvre, la déshydratation, l’anxiété ou un état de choc.
Une bradycardie correspond à une fréquence inférieure à 60 battements par minute. Elle peut être normale chez un sportif, mais aussi être liée à certains traitements ou à un trouble cardiaque.
La fréquence respiratoire
La fréquence respiratoire normale se situe entre 12 et 20 respirations par minute. C’est un paramètre très important, car il peut être l’un des premiers signes d’aggravation clinique.
Une tachypnée correspond à une respiration trop rapide. Elle peut évoquer une douleur, une anxiété, une pneumonie, une embolie pulmonaire ou une insuffisance respiratoire.
Une bradypnée correspond à une respiration trop lente. Elle peut être liée à un coma, un surdosage en morphiniques ou une atteinte neurologique.
La tension artérielle
La tension artérielle habituelle est souvent autour de 120/80 mmHg. Elle doit toujours être comparée aux valeurs habituelles du patient.
L’hypertension est généralement définie par une tension supérieure ou égale à 140/90 mmHg. L’hypotension peut être évoquée lorsque la pression systolique est inférieure à 100 mmHg.
La saturation en oxygène
La saturation en oxygène, ou SpO₂, est habituellement comprise entre 95 et 100 %. Une SpO₂ inférieure à 94 % doit alerter, sauf situation particulière connue et prescrite médicalement, comme chez certains patients atteints de BPCO.
Une saturation basse peut évoquer une pneumonie, une embolie pulmonaire, un œdème pulmonaire, une crise d’asthme ou une insuffisance respiratoire.
Le niveau de conscience
Le niveau de conscience permet d’évaluer rapidement l’état neurologique du patient. L’échelle AVDN peut être utilisée :
| Niveau |
Signification |
| A |
Alerte |
| V |
Répond à la voix |
| D |
Répond à la douleur |
| N |
Ne répond à aucun stimulus |
Toute confusion, somnolence inhabituelle ou perte de connaissance doit être transmise rapidement.
La diurèse
La diurèse permet d’évaluer l’hydratation, la fonction rénale et la perfusion des organes. Une diurèse normale est généralement supérieure ou égale à 0,5 ml/kg/heure.
Une diminution importante des urines peut évoquer une déshydratation, une insuffisance rénale, un état de choc ou un obstacle à l’élimination des urines.
Étapes à suivre pour prendre les signes vitaux
- Identifier le patient.
- Expliquer le soin.
- Installer le patient confortablement.
- Utiliser un matériel propre, adapté et vérifié.
- Respecter les règles d’hygiène.
- Mesurer chaque paramètre avec précision.
- Noter immédiatement les résultats.
- Comparer avec les constantes précédentes.
- Transmettre rapidement toute anomalie à l’infirmier.
Exemple concret en EHPAD
Lors de la tournée du matin, une aide-soignante observe que M. D., 91 ans, est plus confus que d’habitude. Elle prend ses constantes : température à 38,2 °C, fréquence respiratoire à 24/min, fréquence cardiaque à 108 bpm et SpO₂ à 92 %.
Elle transmet immédiatement ces informations à l’infirmière. Après évaluation médicale, une pneumonie est suspectée. La surveillance rapide des signes vitaux a permis une prise en charge précoce.
Erreurs fréquentes
- Utiliser un brassard de tension inadapté.
- Compter la fréquence respiratoire sur moins d’une minute.
- Se fier à une seule constante isolée.
- Oublier de comparer avec les valeurs habituelles du patient.
- Reporter la transmission d’une anomalie.
- Ne pas tracer les constantes dans le dossier de soins.
Conseils pratiques
- Observer le patient avant de regarder les chiffres.
- Reprendre une mesure en cas de doute.
- Utiliser le même site de mesure pour la température lorsque cela est possible.
- Vérifier que l’oxymètre fonctionne correctement.
- Associer les constantes aux signes cliniques observés.
- Respecter les protocoles de l’établissement.
FAQ sur les signes vitaux
Quels sont les principaux signes vitaux ?
Les principaux signes vitaux sont la température, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la tension artérielle, la saturation en oxygène et le niveau de conscience.
Quel est le signe vital le plus sensible ?
La fréquence respiratoire est souvent l’un des premiers paramètres à se modifier lors d’une aggravation de l’état clinique.
Pourquoi mesurer les constantes régulièrement ?
Les constantes permettent de suivre l’évolution de l’état du patient, de repérer une anomalie et de prévenir une complication.
Qui peut prendre les signes vitaux ?
L’aide-soignant peut mesurer les constantes dans le cadre de ses compétences et transmettre les résultats à l’infirmier. L’interprétation clinique relève de l’infirmier et du médecin.
Quand faut-il alerter l’infirmier ?
Il faut alerter dès qu’une valeur est anormale, qu’elle évolue rapidement ou qu’elle s’accompagne de signes cliniques comme une confusion, une douleur, une détresse respiratoire ou une altération de l’état général.
Pourquoi comparer avec les valeurs habituelles du patient ?
Certains patients ont des valeurs de base différentes. Une tension basse peut être habituelle chez une personne, alors qu’elle peut être inquiétante chez une autre.
À retenir
- Les signes vitaux sont indispensables à l’évaluation clinique.
- Ils permettent de détecter précocement une aggravation.
- La fréquence respiratoire est souvent un signe d’alerte important.
- Une constante ne doit jamais être interprétée seule.
- Toute anomalie doit être transmise rapidement.
- Une surveillance rigoureuse améliore la sécurité des soins.
Références
Article rédigé à partir du document fourni sur la surveillance des signes vitaux, les seuils d’alerte et les modalités de surveillance clinique.
Gisèle Cabre
Formatrice IFSI IFAS