la Chorée de Huntington, monographie

la chorée de huntington par véronique

 

Monsieur El est un résidant de la maison de retraite, depuis à peu près six mois. Il a 51 ans, est divorcé, a deux enfants avec lesquels il n'a plus de contact. A peine trois jours après son entrée, il vient me voir, me demande cinq rouleaux de papier toilette ; pensant qu'il voulait se faire une réserve je lui dis d'accord. Je les lui donne.

Le lendemain il revient, me redemande cinq rouleaux de papier toilette. Je lui réponds que la veille je lui en avais déjà donné cinq. Il me dit  "j'en ai besoin, il me les faut". Je ne veux pas le contrarier, je les lui redonne, mais j'avoue rester perplexe.

Je vais voir ma Major et lui raconte l'incident. Elle me dit que ce monsieur à des Tocs et qu'il faut lui donner cinq rouleaux de papier, plus deux bouteilles de savon liquide par jour. Ce qui est devenu un rituel du matin.

Un après-midi que j'étais de service, il s'approche de moi et chancelle, dans ses yeux je lis de la peur. Je le ramène dans sa chambre et j'essaie de savoir ce qu'il se passe, je lui dis  "je vais appeler l'infirmière" -  "non n'appelle pas, c'est pas la peine, je sais ce que j'ai, c'est ma maladie qui progresse", et là il me raconte :

"Je suis atteint d'une maladie rare qui se nomme la Chorée de Huntington c'est génétique, ma mère est décédée de cette maladie, ma soeur est atteinte et mon frère est en fin de vie".

J'essaie de ne pas montrer mon trouble, mais j'avoue avoir ressenti une peine devant cet homme qui parlait comme si c'était une fatalité. Il me regarde et me dit :

- Je suis fatigué, veuillez me laisser on se reverra plus tard.

Je sors et pense : a-t-il vu mon trouble sur mon visage ?Est-ce que mon expression du visage a laissé transparaître mon émotion, ma peine ?

Cette pensée m'obsède. Je décide de voir la psychologue et me confie. Elle me dit :

- Je comprends ton trouble, c'est une réaction humaine, mais il faut que tu arrives à le surmonter pour que tu puisses dialoguer avec lui avec discernement.

Elle m'explique aussi que les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) que Monsieur El rencontre sont dus à une grande souffrance, une détresse, une peur de la maladie et de son évolution de ses conséquences, dont la mort.

TOC :

Se sont des pensées obsessionnelles, on pourrait dire des rituels. Les personnes qui en sont victimes sont confrontées à des pensées préoccupantes qui reviennent sans cesse.

Monsieur El a des préoccupations sur l'hygiène corporelle et vestimentaire. Il se lave plusieurs fois par jour, à un tel point que sur ses mains, sa peau se détache. Il faut aussi qu'il change ses vêtements à plusieurs reprises dans la journée.

Riche des informations de la psychologue, je commence à comprendre un peu mieux Monsieur El. Le lendemain, le rituel reprend : papier toilette, savons....

Les jours passent et Monsieur El, en raison de la Chorée de Huntington, a de plus en plus de mal à garder son équilibre. Il a des mouvements de bras et de jambes incontrôlés, il risque aussi de faire des fausses routes (problème de déglutition). Il faut le surveiller.

Il ne m'a plus reparlé de sa maladie, mais vient vers moi quand il en éprouve le besoin, on discute de tout et de rien, je le vois sourire et même rire. Je le laisse faire car il lui arrive aussi de ne pas avoir envie de parler, c'est un symptôme de sa maladie. Je sais qu'il a besoin de ses instants de silence ce que je respecte.

Quelques jours passent, Monsieur El ne veut pas descendre manger au restaurant. Je lui demande :

- Que se passe t-il ?

Il me répond :

- Mes membres tremblent trop...

Je lui propose de l'accompagner toutes les fois qu'il aura besoin. Il me répond simplement "ok".

Monsieur El est une personne habituée à ne rien demander. Est-ce de la pudeur ? Un trait de caractère ?

Cela m'oblige à être vigilante, à essayer de voir ce qu'il n'osera pas me demander. Par exemple, j'ai pu remarquer qu'il n'arrive plus à se faire ses tartines de beurre le matin ou à couper sa viande à cause de ses gestes de mouvements incontrôlés. C'est pourquoi maintenant, je dépose son plateau avec ses tartines beurrées ou sa viande déjà coupée, car je sais qu'il n'apprécierait pas que je le fasse devant lui.

La première fois que ça c'est passé, il n'a rien dit mais m'a souri, c'est sa façon à lui de dire merci. J'ai essayé de respecter sa dignité. Pour connaître ses besoins, j'ai voulu savoir exactement ce qu'était la maladie de Chorée et quelle serait son évolution.

« La Chorée de Huntington »:

C'est une affection dégénérative héréditaire du système nerveux central. Elle est due à une perte de neurones. Elle débute très jeune entre 30 et 45 ans. C'est une maladie qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Les éléments clé du diagnostic sont les mouvements involontaires, les troubles du comportement (déprime, repli sur soi) et la notion d'antécédent familiaux. A l'heure actuelle aucun traitement n'a été trouvé. Des recherches médicales sont en cours et explorent trois pistes:

  • Recherche d'une thérapie pharmacologique (médicament) une molécule capable d'éviter la dégénérescence neuronale.
  • Thérapie cellulaire, il s'agit de greffe de neurone ( ce qui pose beaucoup de problèmes).
  • Thérapie génétique : essayer de comprendre l'expression du gène.

Monsieur El sait qu'il n'existe pas de médicament miracle, pour avoir plusieurs membres de sa famille atteints, et avoir vu sa maman décéder. Il doit apprendre a vivre avec, sa peur et son anxiété on fait apparaître des tocs.

Pour ma part, je pense que Monsieur El n'a pas sa place dans une maison de retraite car il est avec une population âgée, il n'a que 51 ans. Mais il n'y a pas de structures pour les maladies dites orphelines, donc on "éparpille" les personnes où il y a de la place et dans les lieux où l'on veut bien les prendre.

Monsieur El se rapproche de plus en plus du personnel, il faut faire attention et poser des limites, ne pas laisser trop de place à l'affectivité car je pense que ses besoins vont être toujours de plus en plus grands, sa maladie ne cessant de progresser. Il faut que je reste professionnelle, et cela n'est pas toujours facile.

Après concertation avec la direction, il a été décidé que je pouvais lui accorder environ une heure par semaine de mon temps afin qu'il puisse me raconter tout ce dont il a envie, mais je dois faire remonter notre conversation à la psychologue qui s'occupe de lui une fois par semaine et nous essayons ensemble de faire en sorte que Monsieur El arrive à calmer ses angoisses, ce qui ne lui est pas toujours facile puisqu'il sait qu'il va mourir.

la maltraitance

Madame A. est une personne opposante et assez autoritaire qui demande beaucoup de patience. Un lundi où j'effectuais mon service avec ma co-équipière, nous entendons hurler des mots très durs dans la chambre de Madame A., nous nous approchons et là stupéfaites, nous voyons son infirmière qui l'insulte d'une manière intolérable.

L'infirmière nous voit, sort de la chambre, je rentre et reste auprès de Madame A., elle pleure, j'essaie de la rassurer ce n'est pas facile, elle a peur. Je la prends dans mes bras et doucement je lui dis qu'elle ne risque plus rien. Nous appelons notre surveillante générale qui constate les faits et qui les prends très au sérieux. Elle questionne la pensionnaire qui se plaint d'avoir reçu un coup, lequel est constaté par un médecin.

Elle convoque tout le personnel de l'étage et plusieurs langues se délient. La Direction a renvoyée cette infirmière par la suite, on nous a expliqué que de ne pas dénoncer nous rendaient coupables.

Cette résidente était peut-être autoritaire et opposante pour attirer l'attention ?

Les questions que je me suis posées :

  • Pourquoi le personnel n'a-t-il pas parlé ? Ont-ils eu peur ?
  • Sommes nous assez formés face à ce problème ?

Mais le sentiment que j'ai éprouvé, c'est de la honte pour celui qui maltraite et non pour celui qui dénonce.

La maltraitance malheureusement existe, il faut être vigilant face à ces comportements car elle peut revêtir plusieurs aspects (physique, psyclogique...)

ne pas toujours faire

Madame X est une personne âgée de 80 ans avec une forte personnalité, qui pèse 110 KG ce qui l'empêche de se déplacer car elle a très peur de tomber.

Un jour où j'allais la voir pour lui faire sa toilette, elle me dit :

- je ne peux ni me lever, ni m'habiller !

Je lui réponds :

- je vais vous aider et vous donner un déambulateur qui vous aidera à marcher.

Un "NON" fusa avec force.

Je prends un chaise, m'assoie à côté d'elle et lui dis :  "Je ne peux pas vous lever de force, mais je peux vous aider ; ne craignez rien, on prendra le temps nécessaire, on ira à votre rythme et puis si je ne vous lave pas, ma Directrice risque de me sanctionner ;faites un effort pour moi s'il vous plait !".

Elle me regarde et me dit : "on essaie mais attention on va doucement". Je l'aide, elle s'assoie au bord du lit, je lui donne le déambulateur, elle s'appuie dessus, se lève et avance doucement jusqu'à la salle de bain.

Je fais sa toilette et lui dis :  "maintenant, vous vous habillez, mais je reste toujours à côté de vous ; par contre je vais vous mettre les chaussures, car je sais que vous avez du mal à vous baisser." Elle me regarde un peu de travers mais ne dit rien, elle passe sa combinaison, sa robe, je lui mets les chaussures en la remerciant pour l'effort qu'elle a fait pour moi. Elle reprend le déambulateur et avance à son rythme jusqu'au fauteuil et s'assoit. Je lui dis "au revoir" et sors de la chambre. Les questions que je me suis posées étaient les suivantes : "est-ce qui j'ai bien fait de faire passer la demande en ma faveur ? Aaurai-je du avoir une autre approche ? Peut-être aurai-je du lui expliquer qu'il est important pour elle de se laver ?

Mais ma réflexion a été que je ne dois pas toujours faire, je peux aider, accompagner, faire participer la résidente.

Car FAIRE peut rendre une personne dépendante, ne pas FAIRE c'est lui faire garder son autonomie.

la casquette

Monsieur P. est une personne non voyante qui se trouve au quatrième étage de la maison de retraite.

Il est 11H30, l'heure à laquelle le repas est servi en salle à manger au rez-de-chaussée.

Je vais chercher monsieur P. afin de l'accompagner, je lui donne le bras, le conduit, et l'installe à table, et je m'éloigne.

Il m'appelle et me demande d'aller chercher sa casquette qu'il a oublié dans sa chambre. Je lui réponds : "ce n'est pas très correct de manger avec une casquette, j'irai vous la chercher après le repas et vous pourrez la mettre pour aller aux animations".

Il s'énerve et me dit : "Je ne mangerai pas !" ; je ne comprends pas sa réaction et lui dis "mais enfm ce n'est pas si grave que ça de dîner sans sa casquette ?"

Il me répond : "pour moi si, car je suis israélite" et il m'explique que dans sa religion, garder sa casquette n'est pas de l'impolitesse, mais que cela est pour se rappeler qu'il y a quelque un au dessus de lui et que c'est un signe d'humilité. J'avoue avoir eu honte, je remonte alors et prends sa casquette, la lui donne. Il me remercie et commence à manger, je m'excuse et il me sourit.

J'ai pensé qu'il ne faut pas faire de conclusions hâtives, Monsieur P. avait des raisons de vouloir sa casquette. De quel droit j'ai pu penser que cette personne était impolie ? J'aurai pu simplement lui demander pourquoi voulez-vous votre casquette ?

Concernant la religion, on se limite à ne pas donner de porc aux musulmans ou de mener les catholiques à la messe. La charte dit bien qu'il faut respecter la religion de chacun, c'est un Droit et par mon ignorance j'aurai pu aller contre la volonté de cette personne. J'aurai du être plus ouverte, plus attentive à ses propos, demander à Monsieur P.

monographie

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il y a des regards qui font vivre

sommaire

PROJET D'ACTIVITE

  • - Origine du projet
  • - Créativité, objectif - Raison du choix - Support
  • - Déroulement projet - Méthodologie

MOYENS MIS EN OEUVRE

  • - Lieu
  • - Matériel
  • - Coût
  • - Technique
  • - Présentation des résidents - Evaluation

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

projet d'activité

I — ORIGINE DU PROJET

C'est lorsque j'ai accompagné chez l'esthéticienne une résidente de la maison de retraite où je travaille que j'ai eu l'occasion de découvrir la joie qu'elle éprouvait.

J'ai réalisé que beaucoup de personnes ne pouvant pas se déplacer pourraient éprouver cette joie. J'ai eu l'idée que je pourrai monter dans les chambres et redonner le goût de la beauté aux personnes isolées.

II -- OBJECTIFS

Demander aux résidents valides qui voudraient participer à cette activité en n'imposant personne.

Les résidents pourraient me demander de leur faire les ongles, les maquiller, les coiffer puis j'ai pensé à inviter des résidentes à m'aider. Cela permettrait aussi des échanges et des partages sur les vécus des uns et des autres afin que chacun se sente écouté et puisse avoir une idée de l'histoire des uns et des autres.

Je les laisse libres de leurs choix et volonté, les visites que nous ferions offriraient la possibilité de réaliser des objectifs faciles : celui de renouer des contacts avec les autres, le plaisir d'écouter des souvenirs anciens tout en redonnant le plaisir de prendre soin de soi au niveau esthétique, pouvoir se regarder, se trouver belle ou beau à travers le regard des autres.

Pour ceux qui m'aideraient, cela leur permettrait de se sentir utiles, d'accomplir quelque chose qui leur ferait plaisir et qui ferait plaisir à l'autre.

III -- RAISON DU CHOIX

Les résidents de la maison de retraite où j'exerce ont des capacités variables.

Certains sont valides, d'autres sont alités et très dépendants. Beaucoup d'autres personnes sortent plus de leur chambre, ils ne supportent pas le regard des autres, ne se sentent pas écoutés. Ils ont l'impression de ne plus être utiles, de ne plus exister.

L'esthétique est un moyen d'essayer d'aider les résidents(es) à se sentir bien dans leur corps, à s'accepter telles qu'ils (elles) sont pour être mieux dans la vie de tous les jours.

J'ai voulu essayer de travailler sur le vieillissement du corps en trouvant la petite astuce qui mettra une étincelle dans le regard et dans le coeur de la personne prise en charge. Il semble que certains résidents manquent de confiance en eux et doutent de la gentillesse des autres. ils ont besoin d'être rassurés sur leur physique, recommencer à échanger leurs impressions, recommencer à apprendre, à accepter ce qu'est devenu leur corps sans se sous-estimer. La façon dont nous acceptons notre corps intervient dans la confiance en soi.

IV - SUPPORT

L'activité esthétique est généralement considérée comme un facteur positif de la volonté de montrer autrement, en trichant un peu, c'est aussi un moyen d'épanouissement sur le plan physique ; cela aide donc à avoir un bon équilibre sur le plan psychologique.

V — DEROULEMENT DU PROJET

A - Périodicité

Il m'a s'emblé important de faire quelque chose de régulier et qui puisse durer. Nous avons donc réfléchi à quelque chose qui puisse être mis en place sans trop s'imposer. L'activité serait menée une fois par semaine. Les résidents volontaires pour participer à cette activité ont été choisis sur leur motivation.

Dans un premier temps, nous avons essayé de nous occuper de l'étage où nous avions remarqué que deux personnes étaient très isolées.

3 — Attendus

J'étais là pour guider cette activité. Cette dernière a commencé donc avec trois résidents volontaires pour m'aider. Nous avions décidés que je les présente aux deux autres personnes isolées pour que la rencontre provoque des échanges et des liens.

Méthodologie

C'était important pour moi de commencer avec un petit groupe pour pouvoir bien les encadrer. En effet, j'ai pensé qu'un groupe trop grand risquait très vite l'abandon si il n'y avait pas un minimum d'observation de cadre pour éviter l'éparpillement.

Je voulais favoriser l'échange, le partage, la possibilité de faire autrement, le toucher est important chez les personnes âgées, et je voulais travailler cet aspect avec eux autant pour les donneurs de soins que pour les "receveurs".

Mon rôle d'AMP dans ce projet

Essayer de les seconder, les encourager afin que notre projet aboutisse, fixer leur attention, développer leur application. Je voulais essayer de leur permettre d'avoir un comportement positif afin que tout se passe au mieux pour éviter les conflits.

Il était important que les deux personnes isolées puissent se resocialisées, être écoutées et à travers ce projet, je voulais donner un but aux autre membres du groupe.

moyen mis en oeuvre

Lieu :

Deux chambres à l'étage où se trouvent les résidentes qui ne sortent plus. La structure est composée de quatre étages ; pour ne pas se chercher, nous nous donnons rendez-vous à 14 h à l'accueil avec les trois personnes volontaires.

J'ai posé la question aux cinq personnes concernées. Elles ont pensé que le dimanche serait le mieux car c'est le jour le plus calme, beaucoup de résidentes sortent en famille.

Matériel

  • Shampooing
  • Peigne, brosse (individuel) 
  • Miroir
  • Maquillage, vernis à ongles
  • Crèmes de touts sortes

Je me suis renseignée auprès de l'infirmière pour savoir si ces personnes avaient des allergies ainsi que pour les peaux sensibles.

Coût

  • 1 palette de maquillage : 30 €
  • Nécessaire de manucure: 38 € qui a été payer par la direction. Pour certaines, nous nous servons de leurs affaires personnelles.

Les crèmes "échantillons" ont été offertes par le pharmacien qui livre dans l'établissement.

technique

Dans un premier temps, je me suis renseignée pour en savoir plus sur les techniques de maquillage en lisant des revues féminines avec les personnes attachées au projet. Je suis aussi allée rendre visite à mon esthéticienne, je lui ai expliqué mon projet et j'ai demandé des conseils, des petits trucs.

Au début, les personnes ne se parlaient pas trop, il semble que les "esthéticiennes" étaient un peu intimidées...

Nous avons donc commencé par nettoyer les visages en utilisant laits et lotions puis j'ai encouragé les participantes à s'appliquer les soins entre elles. Cela n'a pas été facile pour certaines de confier leur visage aux mains de quelqu'un d'autre et de lui faire confiance.

Cette première partie des soins était donc la prise de contact par le toucher. C'est un instant très important car par l'intermédiaire des mains ,un courant passe, quelque chose est ressenti de la part des femmes qui recevaient des soins. Les autres donnaient aussi une part de leur motivation et peu à peu de leur plaisir à faire du bien.

Après plusieurs séances, un petit conseil de la part des unes et des autres se fait entendre, il commençait à y avoir de l'échange, de la communication, des sourires qui s'échangent. Est venu alors le moment où elles se sont mises à parler des couleurs qui leur iraient le mieux, à se faire des compliments.

Tout devenait plus simple et naturel lorsqu'elles laissaient parler leur coeur.

"Tout être humain a besoin de parler, d'être entendu, écouté, pour se sentir relié aux autres et finalement se sentir exister".

presentation des résidents

A — Les trois personnes aidantes :

- Madame B set âgée de 81 ans, n'a pas de handicap particulier. Elle est entrée en maison de retraite pour échapper à sa solitude. Elle est très serviable, patiente, volontaire.

- Madame J, âgée de 75 ans se déplace en fauteuil roulant, apporte la bonne humeur, elle adore rire. Elle souffre de la paralysie d'une ses mains. Elle se révèle experte en couleurs de maquillage.

- Madame R, âgée de 70 ans, se plaint du manque de compagnie, elle adore chanter, parler, raconter son passé. C'est un délice de travailler auprès d'elle entendant les chansons d'Edith Piaf qu'elle fredonne tout le temps.

B - Les personnes en chambres

- Madame S, âgée de 75 ans alitée, sans famille, atteinte de tétraplégie. Elle a conservé toutes ses capacités intellectuelles, se fait comprendre en clignant des yeux (aphasie).

- Madame F, c'est repliée sur elle-même, ne veut plus s'habiller, elle reste allongée sur son lit, semble très déprimée. Elle pense que personne ne l'aime. Elle pourrait se lever, marcher seule, mais refuse tout contact avec l'extérieur.

Voilà pourquoi toutes ces personnes avaient tout pour se compléter. Elles avaient des besoins différents qui pouvaient à travers ce projet se rejoindre.

Evaluation

De séance en séance, le changement est observable.

- Madame F s'habille, ne reste plus en chemise de nuit. Elle est très intéressée par Madame R, elle partage les mêmes goûts musicaux et la même passion pour Edith Piaf.

Elles se rencontrent en dehors des séances de maquillage et j'espère que Madame F s'intégrera bientôt aux autres personnes et élargira ainsi son groupe de contact.

- Madame J et Madame B éprouvent beaucoup de plaisir à s'occuper de Madame R qui clignote des yeux pour dire oui ou non, c'est sa façon de communiquer. Dès qu'elle sent un contact physique sur sa peau, elle sourit.

- Madame J et Madame B se sentent utiles et racontent ce qu'elles font aux autres  résidents de la Maison de Retraite.

Plusieurs d'entres eux sont venus me voir en me demandant si ils pouvaient participer à cette activité, j'ai senti que vraiment quelque chose se passait et c'était très encouragent. Une réelle envie se faisait sentir. Je notais la fierté de celles qui participaient et les demandes marquées des autres. Nous allions pouvoir peut-être réfléchir à une activité plus large, qui touchait plus de monde que ce que je croyais.

Ceci dit, aucun Monsieur ne s'est manifesté. Il faudrait que je pense à trouver ce qui pourrait les intéresser pour les intégrer à une activité portée sur leur esthétique.

J'ai trouvé cette expérience très enrichissante, cette activité permet d'avoir des relations privilégiées avec les résidents et de ce fait, de mieux les connaître ; la relation physique par le contact, le toucher, la douceur, le soin lui-même suscite une ambiance de calme et de détente qui amène aux échanges.

Cette relation privilégiée qui permet d'aller voir l'autre, fait que chacun s'ouvre aux autres et a envie de connaître l'autre.

Cette expérience m'a réservée beaucoup de surprises, les compliments, les sourires ont provoqué certaines impressions positives et agréables, des sensations de reconnaissance, de complicité, de partages. Aider, c'est accompagner : c'est-à-dire se laisser prendre par la main se laisser étonner des découvertes qu'on fait chez les autres, et sur ça aussi.

Laisser l'autre nous mener sur la route qu'il veut nous faire suivre. Ce que nous ne pouvons pas entendre de lui à travers ce geste, nous lui permettront de l'exprimer. C'est comme cela que les personnes se sont découvertes, ont découvert les autres sous un nouveau visage, un nouveau jour.

Se laisser donner des soins a été difficile, mais se rendre compte qu'on intéresse quand même les autres, c'est réconfortant, rassurant.

On se regarde alors autrement, avec le regard des personnes en face de nous. Ces personnes nous voient différemment de nous, et alors, nous aussi, on se donne la possibilité de se regarder avec plus de tolérance, de gentillesse.

Une petite étincelle peut nous aider à nous remonter le moral. Cette étincelle, c'est celui qui s'occupe de nous qui peut nous la montrer.

Cette petite lumière refait "attre notre coeur" et nous aide à penser qu'on peut quand même se laisser voir et ne pas avoir honte de nous. Cela peut revigorer une personne âgée qui se laissait aller, qui ne se portait plus d'intérêt. Pendant cette activité et grâce à tout ce que j'entendais se dire, j'ai trouvé que les personnes se trouvaient mieux.

Elles étaient contentes et avaient envie de continuer à prendre soin d'elles, même si les années les marquaient. Je me suis dit alors que notre but était atteint.

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Etude de Situation n° 1 AMP

Des maux à la place des mots Depuis quelques mois, j'exerce la fonction d'A.M.P. dans une structure d'accueil spécialisée dans la maladie d'Alzheimer.

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de Situation n° 2

mon rôle d'A.M.P. n'est qu'une intervention dans la toilette et non pas une violation de son intimité et sa dignité que je respecte profondément ?

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Etude de Situation formation amp

Est-ce que je dois être plus distante pour lui permettre d'accepter les autres soignants ? Est-ce que je ne rajoute pas de difficultés à son intégration

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Etude de Situation n° 4 amp

Quels autres moyens pouvons-nous envisager pour rompre l'isolement de Mme C. ? ces appels de sonnette ne cachent-ils pas une grande détresse morale ?

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Je veux rentrer chez moi

Son regard est lourd de tristesse et de reproches. Elle m'avoue alors qu'elle a du mal à accepter de vivre ici, dans «cette unité fermée ».

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histoire de vie

Quand je la vois se déplacer, heureuse, je me dis que tant qu'il y a de l'espoir, il faut essayer,il suffit de le vouloir pour le pouvoir.

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Etude de cas AES

Etude de cas AMP, en tentant d’aider Melle I. dans son projet de passer son permis de conduire, j’ai eu peur de la mettre en situation d’échec

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différence/ routine et usure professionnelle

En tant que future AMP je me suis posé ces questions : L’appareil de Mme X est-il bien ajusté à sa mâchoire ?

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La regression

l’état de Mme B. s’est encore détérioré elle a subi d’autres examens médicaux, il s’avère qu’elle est probablement atteinte d’un cancer du pancréas

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Un acte masculin

je ne veux rien « bousculer », j’ai le sentiment qu’ils ont leurs habitudes, surtout dans les actes qui touchent à leur intimité.

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Viens lire mes poémes

Ce qui je pense m’a retenu de venir plus tôt lire les poèmes de Mme M. c’est la peur de me rapprocher d’elle, d’avoir trop d’affect, ses joies souffrances.

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Une longue épopée

Au bout d’un moment Mme C. me dit tout bas : « Annie ? Oui ? Tu crois que les toilettes sont accessibles ici ? »,

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Se voiler la face

je n'aurais pas trouvé les mots qu'il aurait peut-être voulu entendre, donc j'ai préféré faire l'ignorante. Cela est-il mal ? Ou bien ? Je ne sais pas.

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Maltraitance

Un lundi où j'effectuais mon service avec ma co-équipière, nous entendons hurler des mots très durs dans la chambre de Madame A

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ne pas toujour faire

Car FAIRE peut rendre une personne dépendante, ne pas FAIRE c'est lui faire garder son autonomie.

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la casquette

Il me répond : "pour moi si, car je suis israélite" et il m'explique que dans sa religion, garder sa casquette n'est pas de l'impolitesse

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Et alors si on s'aime

ils se retrouvent dans le salon et échangent des gestes tendres. Une dame âgée, assise non loin d'eux, surprend un « baiser furtif »

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La Petite Ballade

Il nous faudra à l'avenir plus le surveiller sans pour autant l'enfermer car cet homme a besoin de se promener, de faire son petit tour

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Mon ennui me pèse
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La Machine

Elle semble très agitée,. Je mets ma main sur son épaule pour essayer de la calmer Elle s'agite et me dis: « la machine, la machine, arrêtez-la ! »

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Les Gifles

Il est 19 heures. Je suis dans la salle à manger du Foyer de Vie où je fais mon stage depuis 15 jours. Je suis entourée du groupe des résidents,

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La Charge de Travail

Elle baisse la tête et me répond : « je sais ma petite, je sais... ah, je voulais pas vous déranger »

Citrouille 3
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La Fête d'Halloween

Je réalise alors ma maladresse et celle de l'ensemble du personnel. Je me rends compte que tout ce décors l'affecte vraiment et le met mal à l'aise.

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J'ai fait ça toute ma vie

Il semblerait qu'elle n'ait pas bien pris ses repères dans son nouveau lieu de vie. Elle est dans le déni, celui de la perte de sa position sociale.

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Date de dernière mise à jour : 05/10/2015