La Machine

Lorsque j'arrive sur mon lieu de travail ce jour-là, il est 7h et je m'apprête à distribuer les médicaments aux résidents.

 

J'ai lu le cahier de transmissions et rien de particulier n'est consigné.


A un moment donné, j'entends des cris et vois Mme M. passer en courant.

Elle est encore en chemise de nuit. Je vais la voir, lui parle, la prends par la main et la raccompagne dans sa chambre. Elle a l'air absente, un peu désorientée. Je continue à distribuer les médicaments.


Quelques minutes plus tard, Mme M. revient vers moi en criant des mots que je ne comprends pas.

Elle semble très agitée, même angoissée. Je me retourne vers elle. Je mets ma main sur son épaule pour essayer de la calmer et la rassurer. Elle s'agite et me dis: « la machine, la machine, arrêtez-la ! »

J'entre mais ne vois rien de spécial. Je cherche et en relevant la tête, attirée par une lumière saccadée, je constate que quelqu'un lui a installé la télévision. Elle a dû vouloir l'éteindre et n'y est pas parvenue. L'écran est plein de « neige ».

Il y a une chaise en dessous de l'endroit où est posé le poste de télévision. Elle essaie de monter sur la chaise et se met en danger. Je la rassure alors, monte sur la chaise, éteins la télé et replace la chaise.

Elle s'apaise, entre dans son lit et s'assoupit.


Hier, c'était son anniversaire. Sa fille lui a fait ce cadeau. L'homme d'entretien lui a installé et expliqué le fonctionnement de la télécommande, m'explique ma collègue.

Mme M. n'a pas dû bien se rendre compte de cela et, à son réveil, « cet intrus » l'a perturbée.

Mme M. est âgée de 81 ans; elle vit dans l'établissement depuis quelques années.

Elle souffre de la maladie de Parkinson mais est restée encore autonome. Elle a une légère démence qui se fait sentir par la perte de mémoire et une désorientation.


Ce matin, en se réveillant, elle n'a pas dû se souvenir de son cadeau. La présence de la télévision l'a gênée et perturbée. Lorsqu'elle est inquiète ou a peur, Mme M. peut devenir agressive ou se mettre en danger.

Cela a été le cas ce matin. Elle a essayé de grimper sur la chaise pour éteindre le poste. Elle aurait pu tomber et se faire mal, se casser quelque chose. La veilleuse de nuit n'a pas dû remarquer la T.V.

Le son était bas et elle est restée allumée. Mme M. était perturbée par «cette machine» qui faisait intrusion dans son lieu de vie et déplaçait ses repères.


Personne ne m'a signalé ce nouvel événement. La T.V., du moins son usage, n'était pas aisé ni habituel pour Mme M.

Nous n'avons pas parlé de son installation. Sa fille s'est organisée avec l'homme d'entretien. Elle a voulu faire plaisir à sa mère, lui rendre plus animée et agréable sa chambre.


— Elle n'a pas prévu que cette «machine>' perturberait sa mère du fait de son fonctionnement trop moderne.

Elle ne pouvait pas savoir la réaction de sa mère. Si nous, le personnel soignant, avions été mises au courant, nous aurions préparé Mme M. à l'arrivée de son nouveau cadeau.


A cause des troubles de mémoire et des autres traits de sa pathologie, la «machine'> a été mal acceptée par Mme M. car pas comprise. Elle l'a effrayée et a provoqué chez elle une situation de stress.


Il est vrai que nous ne pouvons pas penser aux multiples sources d'angoisse qui existent chez les personnes atteintes de démences (même légères). Sa fille ne réalise pas bien


— tout cela. Pour mieux protéger la personne âgée, nous devrions essayer de mieux intégrer la famille à notre « comportement de soins et de bienveillance ». Nous devrions aussi mieux nous informer les uns les autres des changements même matériels, ainsi les buts visés par chacun seraient mieux atteints.


J'ai parlé de tout cela avec mes collègues de l'étage et à l'infirmière. Il sera intéressant qu'avant d'introduire des éléments nouveaux dans l'espace des personnes, nous vérifions que la personne est prête et qu'elle a compris ce dont on lui parle.

Lorsque la fille de Mme M. reviendra, nous lui demanderons si elle veut bien expliquer à sa mère l'usage de la télécommande.

Autres études de situation

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de Situation n° 1 AMP

Des maux à la place des mots Depuis quelques mois, j'exerce la fonction d'A.M.P. dans une structure d'accueil spécialisée dans la maladie d'Alzheimer.

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de Situation n° 2

mon rôle d'A.M.P. n'est qu'une intervention dans la toilette et non pas une violation de son intimité et sa dignité que je respecte profondément ?

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de Situation formation amp

Est-ce que je dois être plus distante pour lui permettre d'accepter les autres soignants ? Est-ce que je ne rajoute pas de difficultés à son intégration

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de Situation n° 4 amp

Quels autres moyens pouvons-nous envisager pour rompre l'isolement de Mme C. ? ces appels de sonnette ne cachent-ils pas une grande détresse morale ?

etude-et-cas-concrets-amp
Je veux rentrer chez moi

Son regard est lourd de tristesse et de reproches. Elle m'avoue alors qu'elle a du mal à accepter de vivre ici, dans «cette unité fermée ».

etude-et-cas-concrets-amp
histoire de vie

Quand je la vois se déplacer, heureuse, je me dis que tant qu'il y a de l'espoir, il faut essayer,il suffit de le vouloir pour le pouvoir.

etude-et-cas-concrets-amp
Etude de cas AES

Etude de cas AMP, en tentant d’aider Melle I. dans son projet de passer son permis de conduire, j’ai eu peur de la mettre en situation d’échec

etude-et-cas-concrets-amp
différence/ routine et usure professionnelle

En tant que future AMP je me suis posé ces questions : L’appareil de Mme X est-il bien ajusté à sa mâchoire ?

etude-et-cas-concrets-amp
La regression

l’état de Mme B. s’est encore détérioré elle a subi d’autres examens médicaux, il s’avère qu’elle est probablement atteinte d’un cancer du pancréas

etude-et-cas-concrets-amp
Un acte masculin

je ne veux rien « bousculer », j’ai le sentiment qu’ils ont leurs habitudes, surtout dans les actes qui touchent à leur intimité.

etude-et-cas-concrets-amp
Viens lire mes poémes

Ce qui je pense m’a retenu de venir plus tôt lire les poèmes de Mme M. c’est la peur de me rapprocher d’elle, d’avoir trop d’affect, ses joies souffrances.

etude-et-cas-concrets-amp
Une longue épopée

Au bout d’un moment Mme C. me dit tout bas : « Annie ? Oui ? Tu crois que les toilettes sont accessibles ici ? »,

bientraitance2.jpg
etude-et-cas-concrets-amp
Se voiler la face

je n'aurais pas trouvé les mots qu'il aurait peut-être voulu entendre, donc j'ai préféré faire l'ignorante. Cela est-il mal ? Ou bien ? Je ne sais pas.

m.jpg
etude-et-cas-concrets-amp
Maltraitance

Un lundi où j'effectuais mon service avec ma co-équipière, nous entendons hurler des mots très durs dans la chambre de Madame A

b41.jpg
etude-et-cas-concrets-amp
ne pas toujour faire

Car FAIRE peut rendre une personne dépendante, ne pas FAIRE c'est lui faire garder son autonomie.

images-21.jpg
etude-et-cas-concrets-amp
la casquette

Il me répond : "pour moi si, car je suis israélite" et il m'explique que dans sa religion, garder sa casquette n'est pas de l'impolitesse

etude-et-cas-concrets-amp
Et alors si on s'aime

ils se retrouvent dans le salon et échangent des gestes tendres. Une dame âgée, assise non loin d'eux, surprend un « baiser furtif »

etude-et-cas-concrets-amp
La Petite Ballade

Il nous faudra à l'avenir plus le surveiller sans pour autant l'enfermer car cet homme a besoin de se promener, de faire son petit tour

etude-et-cas-concrets-amp
Mon ennui me pèse
etude-et-cas-concrets-amp
La Machine

Elle semble très agitée,. Je mets ma main sur son épaule pour essayer de la calmer Elle s'agite et me dis: « la machine, la machine, arrêtez-la ! »

etude-et-cas-concrets-amp
Les Gifles

Il est 19 heures. Je suis dans la salle à manger du Foyer de Vie où je fais mon stage depuis 15 jours. Je suis entourée du groupe des résidents,

etude-et-cas-concrets-amp
La Charge de Travail

Elle baisse la tête et me répond : « je sais ma petite, je sais... ah, je voulais pas vous déranger »

Citrouille 3
etude-et-cas-concrets-amp
La Fête d'Halloween

Je réalise alors ma maladresse et celle de l'ensemble du personnel. Je me rends compte que tout ce décors l'affecte vraiment et le met mal à l'aise.

etude-et-cas-concrets-amp
J'ai fait ça toute ma vie

Il semblerait qu'elle n'ait pas bien pris ses repères dans son nouveau lieu de vie. Elle est dans le déni, celui de la perte de sa position sociale.

2 votes. Moyenne 3.50 sur 5.

Commentaires (1)

prof
  • 1. prof | 19/06/2015

L'analyse du comportement de la résidente et l'origine des troubles du comportement est bien réalisée

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 23/09/2016

Exercices corrigés du DEAS Module 1 à 8

Animaatjes dokter 70912+ de 230 exercices avec corrigés 

Contenue E.learning 

Obtenez un mot de passe aprés paiement et comencez à réviser 

Je teste