df2 compte rendu d'interventions

DF2 - COMPTE RENDU D'INTERVENTIONS

 

 

Pendant des années, j'ai travaillé dans l'animation auprès des enfants, notamment dans l'animation de loisirs avec les enfants.

C'est un métier qui me plaisait beaucoup, mais je voulais faire un travail en direction de personnes en réelles difficultées.

J'ai alors intégré cette formation d'AMP afin d'intégrer le milieu médico-social qui m'a toujours particulièrement intéressé.

Il est important pour moi de donner du sens à mon travail, et de ne pas le faire sans motivation, mais en sachant pourquoi je le fais et dans quel but.Pour mon deuxième stage, j'ai choisi de travailler auprès de personnes âgées dans un EHPAD.

En tant qu'AMP, notre objectif est le maintien et le développement de l'autonomie de la personne dans une relation humaine et bienveillante.

1) Présentation du lieu d'intervention

Type de structure, population :L'établissement est un EHPAD, « Etablissement d'Hébergement de Personnes Agées Dépendantes ».

On y accueille 128 personnes âgées qui peuvent être valides, seri valides ou non valides.

La maison de retraite dispose également d'une unité de vie spécialisée de 12 lits « xxxxx », dans laquelle j'interviens en tant que stagiaire AMP, et qui accueille des personnes dépendantes, en perte d'autonomie psychique, présentant différents types de pathologies déficitaires, dont Alzheimer.

'L'équipe:L'ensemble du personnel a pour objectif principal de maintenir et/ou de restaurer l'autonomie des Résidants et de leur donner un cadre de vie agréable, confortable, animé et ce dans le respect de la Charte des Droits et Libertés de la Personne Agée Dépendante.

Pour cela, l'établissement dispose d'une équipe pluridisciplinaire composée de :

- un pôle Administratif : Directeur, deux attachés de Direction, deux secrétaires.

- un pôle Soins : un médecin coordonateur, des médecins spécialistes (cardio,ophtalmo, dermato, psychiatre, neuro, O.R.L,...), des médecins traitants généralistes,une infirmière coordinatrice, une infirmière réfèrente, des infirmiers D.E salariés, desAides-Soignant(e)s, des Aides Médico-Psychologiques, des kinésithérapeutes, uneorthophoniste.

- un pôle Hébergement : deux gouvernantes, des agents de service, des veilleuses de nuit, une équipe d'entretien, une diététicienne.

- Un pôle Vie Sociale : deux animatrices, une psychologue, une coiffeuse, une pédicure.

Temps clef du quotidien : « Le repas »

2) Présentation du temps clef du quotidien : « Le repas »

Le temps clef du quotidien est un moment qui revient de manière répétitive chaque jour.

Ce moment est un support important pour nous AMP dans les dimensions affectives, sociales, éducatives et culturelles de la personne accompagnée.

J'ai choisi de présenter ce temps clef car le repas est un moment privilégié et important du quotidien.

Selon la pyramide de Maslow, s'alimenter est un besoin fondamental pour l'être humain.

L'alimentation est le domaine de tout ce qui se rapporte à la nourriture permettant à un organisme vivant de fonctionner'.

Elle est la base de notre santé.

Une nourriture équilibrée est indispensable à une croissance normale et au bon fonctionnement de notre corps.

Mais aussi, et surtout, le repas reste un plaisir du goût, un moment convivial à partager en famille ou entre amis.

• Motivations du choix

Mon choix s'est donc porté sur le moment du repas qui reste une difficulté au quotidien pour le personnel qui travaille dans le service spécialisé dans lequel j'évolue.

En effet, ce service accueille des personnes aux pathologies différentes (autisme, démence psychologique, démence frontale, Alzheimer, ... ) et qui ont, pour la majorité, une déambulation importante.

Notre mission en tant qu'AMP ou personnel soignant est, entre autre, d'apporter des repères, des ancrages à ces personnes qui en ont besoin.

Ce temps clef du repas en est d'autant plus important.Pour l'AMP, c `est un moment qui permet d'observer le groupe et chaque résidant en particulier. C'est un moment où l'on peut dépister des troubles alimentaires qui sont souvent liés à d'autres causes.

Toute une rééducation peut être mise en oeuvre, tant sur le plan technique (savoir se servir d'une cuillère, d'une fourchette, ...) qu'au niveau d'une attitude, d'une conduite sociale dans le respect de l'autre.

De plus, j'ai remarqué plus particulièrement le comportement de M. lors du repas.

Il m'a semblé que ce moment était vécu par M. comme une difficulté majeure, un stress.

Déroulement du temps clef (le repas)

Dans le service, nous disposons d'une salle à manger d'une capacité de 16 personnes réparties autour de 5 tables.

Les places sont attribuées selon les affinités de chacun et par rapport à ce que l'équipe a pu observer.

Cela permet aux résidants également d'avoir des repères.

Certains nécessite de l'aide dans la prise des repas, mais la plupart peuvent manger seuls.

L'équipe veille : à aider ceux qui en ont besoin, aux régimes particuliers (mixé, entier, sans porc, sans sucre, ... ).

Pendant ce moment, nous sommes trois : un agent de service, une AMP et moi même, faisant fonction d'AMP.

Présentation des dimensions de ce temps clef

Présentation des dimensions de ce temps clef

Les dimensions affectives :

Le goût, les odeurs ont une dimension affective.

Depuis l'enfance, on s'identifie aux plats, aux goûts, et on a des préférences pour certains plats.

La nourriture est chargée d'affect, elle nous rappelle d `où on vient, elle nous réveille des souvenirs d'enfance, bons ou mauvais.Beaucoup de résidants, et M. également, préfèrent le sucré.

Il est vrai que l'on constate ça beaucoup chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Et puis comme tout le monde, ils ont des préférences, des goûts.

Certains n'aiment pas les épinards, d'autres les pommes de terre par exemple.

Même s'ils n'ont pas toutes leurs capacités mentales, certains ont encore la mémoire du goût.

La nourriture peut réveiller chez les personnes des souvenirs d'enfance, bons ou mauvais, rappeler d'où on vient...

Les dimensions sociales :

Le repas dans notre société est pris en privé ou en public.

Il peut être pris chez soi ou dans un restaurant, dans une cantine ou une salle à manger, ...

Les repas peuvent correspondre à un moment de convivialité intense, tels que les repas d'anniversaire, d'autres, une forte valeur symbolique ou religieuse comme « Noel » ou 1' « Aid » par exemple.

Pour les résidants, le temps du repas est un moment où ils peuvent partager, échanger autour d'une table.

Manger est un acte social, et donc très important pour ces personnes largement désociabilisées, qui ne sortent jamais de l'institution.

Les dimensions éducatives :

Depuis notre enfance, nos parents nous apprennent qu'il existe des règles de vie à respecter.

Le moment du repas exige, dans notre société, le respect des règles d'hygiène comme se laver les mains avant de passer à table, ne pas parler la bouche pleine.

On apprend aussi à manger avec une cuillère et plus tard avec une fourchette et un couteau.

Chez ces personnes désorientées qui, pour la plupart, souffrent de la maladie d'Alzheimer, maladie neuro-dégénérative, il faut parfois tout réapprendre et notamment comment manger.

Ils ont besoin d'être tout le temps stimuler au risque d'oublier les gestes, la manière de s'alimenter.

Les dimensions culturelles :

Selon les lieux géographiques er la culture de chaque société, l'aliment est chargé de valeurs, de sens.

Nous ne mangeons pas tous la même chose à travers le monde.

Nous mangeons avec des fourchettes alors que d'autres mangent avec les doigts ou des baguettes par exemple.

Chez les résidants, il y a une personne qui ne mange pas de porc, certains qui aiment avoir un verre de vin en mangeant, c'est leur patrimoine culturel.

En tant qu'AMP nous devons veiller à ce que le modèle alimentaire de chaque personne soit respectée.

L'accompagnement individualisé

Présentation de l'accompagnement individualisé

 Présentation de la personne dans ce temps clef

M. est une personne octogénaire.

Il n'a plus beaucoup de famille si ce n'est une soeur, qu'il ne voit jamais, et une nièce qui s'occupe de temps en temps de certaines démarches concernant son oncle.

Il aime la musique, qu'on lui chante des chansons, danser et n'aime pas le bruit, qu'on le touche ou qu'on le mouille.

Il est atteint d'une maladie d'Alzheimer sévère probable et présente des troubles psycho comportementaux perturbateurs associés à des troubles de la vigilance, alternant des phases d'hypersomnies et d'excitabilité.

Comme je l'ai dit précédemment, j'ai observé le comportement de M. lors de ce moment du repas et remarqué qu'il semblait vivre ce moment avec stress ou anxiété.

Cela se manifeste par une certaine agressivité parfois envers le personnel ou même les résidants, un refus de s'alimenter.

M. crie beaucoup, a du mal à s'exprimer et est très agité.

Il n'aime en aucun cas le fait d'être touché.

Rien que le fait de venir le chercher pour le repas semble vécu par M. comme une agression.

Lorsque nous arrivons à le convaincre de passer à table, il arrive fréquemment que M., comme d'autres résidants, se lève de table.

En plein milieu du repas et parfois même dés le début.

Comme l'ensemble de ses convives, M. nécessite une attention toute particulière et a besoin d'être mis en confiance et de manger dans un climat calme et serein.

Face à cette situation, je me suis posé la question de savoir pourquoi de telles réactions de la part de M. ?

Est-ce un trouble du comportement dut à sa pathologie?

Peut être n'aime t'il pas la compagnie de certains résidants qu'il n'apprécie pas?

En effet, plusieurs fois, en tentant de le canaliser et de lui faire prendre sa place en salle à manger, il m'a montré un résidant endisant « non, pas lui ! ».

Est-ce les horaires qui ne lui correspondent pas ?

Est-ce simplement qu'il n'a pas faim ?

Plusieurs raisons peuvent être la cause de son comportement et comme M. ne possède pas toutes ses facultés mentales, il est très difficile de le savoir.

Cependant, nous pouvons intervenir afin de lui rendre ce moment plus agréable et afin que le repas soit, pour lui, comme pour tous, un plaisir.

Présentation de mon intervention en tant qu'AMP

Une fois que le couvert est mis, nous proposons aux résidants de passer à table.

La place de chacun a son importance et je veilles à ce que chacun prenne la leur.

J'aide et accompagne les personnes en fauteuil roulant et à mobilité réduite.

Pour certaines personnes, je leur chante des chansons ou leur dit des mots gentils, par exemple. Cela les rassure et les incite à venir manger.

Lors du repas, je fais attention à l'installation des résidants et propose un accompagnement adapté à chaque personne.

Naturellement, je respecte le rythme de chacun, et m'assure qu'ils aient une bonne posture (tête verticale légèrement penchée en avant) afin d'éviter une fausse route.

Ce temps du repas est un moment d'échanges.

Aussi, je les invite à communiquer, s'exprimer, leur demande si ils aiment ce que l'on mange, ...

Lorsque vient le moment de passer à table, j'invite calmement M. à m'accompagner.

Lorsqu'il refuse et qu'il devient un peu agressif, j'essaye de lui chanter une chanson ou de le raisonner en disant que c'est important de bien manger, que je resterais à ses côtés,...

Quand M. accepte de venir manger avec l'ensemble des résidants, je dois être serein et l'encourager à manger en valorisant le menu, en lui affirmant que c'est très bon. Bien sûr, comme chacun, M. a des goûts.

Par exemple, il n'aime pas trop les légumes et préfère le sucré.

Dans ce cas, je lui dis de manger ce qu'il aime et de laisser de côté ce qu'il n'aime pas.

J'essaie de privilégier ma relation avec M. afin d'instaurer une confiance mutuelle et atténuer ses angoisses pendant ce temps du repas.

Enfin, comme avec les autres résidants, je sensibilise M. sur l'hydratation et l'incite souvent à boire.

L'objectif consiste donc à minimiser les troubles du comportement de M. et sa déambulation, ainsi que son stress lors du repas afin qu'il puisse s'alimenter correctement et de façon équilibrée.

Lorsque M. refuse de rejoindre la salle à manger avec les autres résidants, je «passe la main » à une collègue qui aura peut-être plus de chance.

Sinon, j'ai sollicité l'équipe afin d'essayer de faire manger M. dans une salle attenante (le salon).

Cela peut lui apporter la tranquillité et la sécurité qu'il désire.

Je lui apporte alors son repas sur un plateau et l'invite à manger quand il le souhaite sans réellement le forcer.

Parfois ça marche, parfois non.

Le but étant surtout qu'il puisse s'alimenter correctement et avoir les nutriments, les protéines nécessaire à sa santé. Dans le cas où M. ne mange rien, je veille à lui donner d'avantage au moment du goûter afin de pallier à ce manque..

Conclusions

 Réflexions sur ce temps clef:

Il existe dans une journée, des moments clefs qu'il est important de faire respecter à M. au même titre que les résidants, par exemple, le temps du repas, mais aussi, le lever, le coucher, les activités, la toilette, ....

Chacun de ces temps clés du quotidien possède des dimensions affectives, éducatives, sociales et culturelles qui leur est propre.

Il est important de prendre en compte ces dimensions lors de notre accompagnement au quotidien.

Cela nous permet d'adapter nos interventions en fonction de chaque résidant et de ne pas oublier que chaque personne a sa propre histoire, sa propre culture.En ce qui concerne M., ainsi que les autres résidants, je pense que mon action, en équipe, lui apporte une sérénité et une tranquillité dont il a besoin.

Cependant, cela nécessite une présence qui est possible lorsqu'on est plusieurs soignants au moment du repas. Hors, quand je ne suis pas là, il ne reste plus qu'un soignant avec l'agent de service (qui doit servir les repas), ce qui rend difficile cette présence.

D'autant plus que la spécificité des pathologies des résidants implique de l'attention, du temps, qui n'est pas possible lorsque l'on manque de personnel.

C'est, malheureusement, souvent le cas dans les maisons de retraite, ce qui est regrettable, car notre action s'en retrouve limitée.

 Propositions d'amélioration:

Afin d'améliorer la qualité de notre action lors de ce temps clef qu'est le repas, uneffort pourrait, peut-être, être fait dans la présentation et l'installation.

En effet, rendre pluschaleureux le décor de la salle à manger, proposer des serviettes personnalisées pour chaquerésidant, changer les chaises pour d'autres plus confortables, sont autant de choses quipourrait améliorer la qualité de ce temps clef.

Seulement cela,nécessite-un-certain-budget quel'établissement n'a pas forcément 

 

 

SOIGNANTS RH

 

LE SITE D'OFFRES ET DEMANDES

D'EMPLOI DES

AIDES MÈDICAUX PSYCHOLOGIQUES

 

<ACCÈDEZ AU SITE>

 

metier.jpg

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 20/11/2012

  animation gérontologie formation continue pour les soignants  infos Snoezelen  audioprothésiste paris 

 Pour toute utilisation ou reproduction de document   signé par un auteur 

 une autorisation est requise,  merci d'en faire la demande sur soignantenehpad@gmail.com