Présentation de l'accompagnement individualisé
Présentation de la personne dans ce temps clef
M. est une personne octogénaire.
Il n'a plus beaucoup de famille si ce n'est une soeur, qu'il ne voit jamais, et une nièce qui s'occupe de temps en temps de certaines démarches concernant son oncle.
Il aime la musique, qu'on lui chante des chansons, danser et n'aime pas le bruit, qu'on le touche ou qu'on le mouille.
Il est atteint d'une maladie d'Alzheimer sévère probable et présente des troubles psycho comportementaux perturbateurs associés à des troubles de la vigilance, alternant des phases d'hypersomnies et d'excitabilité.
Comme je l'ai dit précédemment, j'ai observé le comportement de M. lors de ce moment du repas et remarqué qu'il semblait vivre ce moment avec stress ou anxiété.
Cela se manifeste par une certaine agressivité parfois envers le personnel ou même les résidants, un refus de s'alimenter.
M. crie beaucoup, a du mal à s'exprimer et est très agité.
Il n'aime en aucun cas le fait d'être touché.
Rien que le fait de venir le chercher pour le repas semble vécu par M. comme une agression.
Lorsque nous arrivons à le convaincre de passer à table, il arrive fréquemment que M., comme d'autres résidants, se lève de table.
En plein milieu du repas et parfois même dés le début.
Comme l'ensemble de ses convives, M. nécessite une attention toute particulière et a besoin d'être mis en confiance et de manger dans un climat calme et serein.
Face à cette situation, je me suis posé la question de savoir pourquoi de telles réactions de la part de M. ?
Est-ce un trouble du comportement dut à sa pathologie?
Peut être n'aime t'il pas la compagnie de certains résidants qu'il n'apprécie pas?
En effet, plusieurs fois, en tentant de le canaliser et de lui faire prendre sa place en salle à manger, il m'a montré un résidant endisant « non, pas lui ! ».
Est-ce les horaires qui ne lui correspondent pas ?
Est-ce simplement qu'il n'a pas faim ?
Plusieurs raisons peuvent être la cause de son comportement et comme M. ne possède pas toutes ses facultés mentales, il est très difficile de le savoir.
Cependant, nous pouvons intervenir afin de lui rendre ce moment plus agréable et afin que le repas soit, pour lui, comme pour tous, un plaisir.
Présentation de mon intervention en tant qu'AMP
Une fois que le couvert est mis, nous proposons aux résidants de passer à table.
La place de chacun a son importance et je veilles à ce que chacun prenne la leur.
J'aide et accompagne les personnes en fauteuil roulant et à mobilité réduite.
Pour certaines personnes, je leur chante des chansons ou leur dit des mots gentils, par exemple. Cela les rassure et les incite à venir manger.
Lors du repas, je fais attention à l'installation des résidants et propose un accompagnement adapté à chaque personne.
Naturellement, je respecte le rythme de chacun, et m'assure qu'ils aient une bonne posture (tête verticale légèrement penchée en avant) afin d'éviter une fausse route.
Ce temps du repas est un moment d'échanges.
Aussi, je les invite à communiquer, s'exprimer, leur demande si ils aiment ce que l'on mange, ...
Lorsque vient le moment de passer à table, j'invite calmement M. à m'accompagner.
Lorsqu'il refuse et qu'il devient un peu agressif, j'essaye de lui chanter une chanson ou de le raisonner en disant que c'est important de bien manger, que je resterais à ses côtés,...
Quand M. accepte de venir manger avec l'ensemble des résidants, je dois être serein et l'encourager à manger en valorisant le menu, en lui affirmant que c'est très bon. Bien sûr, comme chacun, M. a des goûts.
Par exemple, il n'aime pas trop les légumes et préfère le sucré.
Dans ce cas, je lui dis de manger ce qu'il aime et de laisser de côté ce qu'il n'aime pas.
J'essaie de privilégier ma relation avec M. afin d'instaurer une confiance mutuelle et atténuer ses angoisses pendant ce temps du repas.
Enfin, comme avec les autres résidants, je sensibilise M. sur l'hydratation et l'incite souvent à boire.
L'objectif consiste donc à minimiser les troubles du comportement de M. et sa déambulation, ainsi que son stress lors du repas afin qu'il puisse s'alimenter correctement et de façon équilibrée.
Lorsque M. refuse de rejoindre la salle à manger avec les autres résidants, je «passe la main » à une collègue qui aura peut-être plus de chance.
Sinon, j'ai sollicité l'équipe afin d'essayer de faire manger M. dans une salle attenante (le salon).
Cela peut lui apporter la tranquillité et la sécurité qu'il désire.
Je lui apporte alors son repas sur un plateau et l'invite à manger quand il le souhaite sans réellement le forcer.
Parfois ça marche, parfois non.
Le but étant surtout qu'il puisse s'alimenter correctement et avoir les nutriments, les protéines nécessaire à sa santé. Dans le cas où M. ne mange rien, je veille à lui donner d'avantage au moment du goûter afin de pallier à ce manque..