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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

Aide au repas en EHPAD : installation et fausses routes

Aide au repas en EHPAD : installation et fausses routes

Le repas est un moment clé du soin en EHPAD : il répond au besoin de s'alimenter, mais aussi de maintenir le lien social et le plaisir de vivre. Ce cours DEAS couvre l'installation, l'aide technique au repas, la prévention des fausses routes et la surveillance de l'hydratation.

Au programme :
  • Matériels spécifiques
  • Installation au repas
  • Bonne installation du résident et du soignant
  • Distribution et aide au repas
  • Prévention des fausses routes
  • Physiologie de la déglutition
  • Manifestations et conduite à tenir
  • Risques de déshydratation et prévention
  • Transmissions
  • Quiz de révision

Ustensiles adaptés

Tapis antidérapant, petites cuillères, couverts ergonomiques à poignées élargies, bol à lèvre surélevée pour faciliter l'écopage des aliments.

Boissons

Pailles ou tasses à débit contrôlé pour maîtriser la quantité et le flux des liquides. Adapter selon les capacités de déglutition.

Avis ergothérapeute

Consulter l'ergothérapeute si besoin pour un bilan des aides techniques adaptées à chaque résident selon son degré de dépendance.

Vérifier systématiquement que les ustensiles sont propres et en bon état. Remplacer tout matériel cassé ou défectueux.

Le personnel

Souriant, chaleureux, accueillant. Tenue adaptée et badge visible. Attitude bienveillante tout au long du repas.

L'environnement

Lumière suffisante sans être agressive. Pas de télévision ni de musique forte. Éviter les interpellations entre collègues et les sources de mauvaises odeurs.

La place du résident

Étudiée selon : niveau de dépendance, affinités, troubles du comportement, agitation, tendance à la déambulation. Si possible, toujours la même place pour respecter les repères.

Les rituels

Maintenir des horaires réguliers. Respecter les habitudes culturelles et religieuses (café sucré ou non, vin, poisson le vendredi, apéritif dominical).

La table

Nappage soigné, vaisselle adaptée, chevalet nominatif si possible. Les plats sont présentés à l'assiette, de façon appétissante, et servis les uns après les autres.

Le lieu du repas

Privilégier la salle à manger collective plutôt que la chambre, sauf indication médicale. Adapter le choix de la salle au profil du résident.

Le résident à table

  • Mains propres avant le repas.
  • Assis près de la table, pieds au sol, tête légèrement penchée en avant (menton vers le sternum).
  • Dossier du fauteuil redressé. Serviette de taille et matière adaptées.
  • Si nécessaire : tapis antidérapant sur le siège, couverts ergonomiques, assiette avec contour, assiette chauffante, verre à découpe nasale.

Le résident au lit

  • Buste relevé à 90° (position maintenue jusqu'à 1 heure après le repas).
  • Coussin derrière la tête. Bras posés sur la tablette à angle 90°.

Le soignant

  • Tenue préconiséе propre, mains lavées.
  • Assis en face ou aux trois-quarts face au résident, légèrement plus bas.
  • Petite cuillère, petites quantités, cuillère amenée du bas vers le haut.
  • Verbaliser : nommer les aliments, demander "ouvrez la bouche, mâchez, avalez".
  • Vérifier que la bouche est vide avant chaque nouvelle bouchée. Respecter le rythme du résident.
Ne jamais faire à la place du résident pour gagner du temps. La patience est une compétence soignante à part entière.

Avant de distribuer

1

Vérifier que le résident n'est pas à jeun (intervention chirurgicale, soin d'escarre...).

2

Contrôler : identité, régime prescrit, allergies, habitudes alimentaires culturelles et religieuses.

3

Vérifier la température et la présentation des plats. Tenue propre, tablier et gants à usage unique.

Pendant l'aide au repas

4

Lavage des mains. Apprécier le niveau d'autonomie et apporter une aide partielle ou totale selon le handicap.

5

Se placer au même niveau. Ne pas manifester d'énervement. En cas de refus alimentaire, en rechercher la cause.

6

Pour les résidents déficients visuels : informer du type d'aliment et de sa position dans l'assiette.

Après le repas

7

Hygiène bucco-dentaire et nettoyage des prothèses. Essuyer la bouche avec une serviette humide.

8

Maintenir le résident en position assise au moins 20 à 30 minutes pour prévenir l'aspiration.

9

Observer l'état général, débarrasser le plateau, réinstaller confortablement le résident.

On parle de trouble de la déglutition lorsque les aliments ou les liquides empruntent la trachée (voie respiratoire) au lieu de l'oesophage. Cela expose à un risque d'asphyxie et de suffocation.

Origines

  • Vomissements : les aliments remontent de l'estomac.
  • Trouble du réflexe de déglutition depuis la cavité buccale.

Situations à risque

  • Pathologies neurologiques.
  • Ralentissement neuromusculaire digestif lié à l'âge.
  • Après une anesthésie générale.

La déglutition est l'action qui propulse les aliments vers l'oesophage. C'est un acte volontaire initié dès qu'il y a quelque chose à avaler (aliment, salive). Elle nécessite une coordination neuromusculaire précise que certaines pathologies peuvent altérer.

Consignes fondamentales pendant l'aide au repas :
  • Éviter l'hyperextension de la tête (risque de fausse route).
  • S'installer face au patient, légèrement plus bas.
  • Ne pas stimuler le patient pour qu'il parle ou rie pendant la déglutition.
  • Adapter la texture des aliments et des boissons au handicap (haché, mixé, gélifié...).
  • Créer un climat calme et de confiance.

Signes d'alerte

Toux pendant ou après le repas
Gêne ou difficulté à avaler
Déglutitions multiples pour une même bouchée
Restes alimentaires après déglutition
Difficulté à avaler les comprimés
Bavage (salive non déglutie)
Infections pulmonaires répétées
Refus de s'alimenter ou de boire
Fièvre persistante, perte de poids
La suffocation avec impossibilité de tousser ou de parler est une urgence vitale. Appeler immédiatement à l'aide et alerter l'infirmière.

Que faire en prévention

  • Servir dans un environnement calme, sans télévision ni musique forte.
  • Installer le résident assis ou demi-assis, tête redressée avec légère flexion antérieure.
  • Ne proposer une nouvelle bouchée que si la précédente est bien avalée.
  • Texture homogène, facile à mastiquer, qui ne s'éparpille pas en bouche (mixé lisse, haché, tendre).
  • Boissons froides, aromatisées ou pétillantes, par petites gorgées espacées. Si besoin, liquides gélifiés (à valider par l'orthophoniste).
  • Goût franc et prononcé pour stimuler la déglutition réflexe.

Causes à rechercher

Maladies neurologiques, troubles ORL, pathologies oesophagiennes, certains médicaments, déshydratation, fin de vie. Le diagnostic est établi par le médecin traitant ou l'ORL, complété par un bilan orthophonique.

La déshydratation est une diminution du volume liquidien de l'organisme, accompagnée d'un déséquilibre électrolytique. Elle peut mettre la vie en danger. La prévention est le premier traitement.

Populations à risque

Situations favorisantes

  • Diarrhée ou vomissements.
  • Patients opérés à jeun avec perte liquidienne.
  • Sudation augmentée, exposition au soleil, canicule, hyperthermie, polypnée.

Personnes vulnérables

  • Personnes en perte d'autonomie physique ou psychique.
  • Personnes âgées : sensation de soif diminuée ou réticence à boire.
  • Jeunes enfants incapables de demander à boire.

Signes cliniques à surveiller

Peau sèche
Sensation de soif
Langue rôtie
Pli cutané persistant
Urines peu abondantes
Maux de tête, crampes
Troubles de la conscience

Actions préventives

Objectif : 1 à 1,5 litre de boisson par jour. Proposer lors des repas et entre les repas. Varier les boissons selon les goûts. Utiliser une fiche d'hydratation pour tracer les apports. Éviter toute situation favorisant la perte liquidienne.

Repas et aide alimentaire

  • Difficultés à la mobilisation ou à l'installation.
  • Comportement face au repas : appétit, plaisir, dégoût, agitation, apathie.
  • Difficultés à l'alimentation : nausées, vomissements, dysphagie.
  • Quantités absorbées (solides et liquides), de façon objective.

Fausses routes et hydratation

  • Toux, vomissements, nausées, cyanose, changement de comportement.
  • Quantités bues dans la journée.
  • Signes éventuels de déshydratation.
  • Goûts et préférences de la personne pour les boissons.

1. Combien de temps le résident doit-il rester en position assise après le repas ?

   

2. Quelle est la position correcte de la tête pendant l'aide au repas pour prévenir les fausses routes ?

   

3. Quel est l'objectif quotidien d'apport hydrique pour une personne âgée en EHPAD ?

   

Gisèle Cabre, Formatrice IFSI IFAS — soignantenehpad.fr

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Commentaires

  • Mamasoufari

    1 Mamasoufari Le 15/10/2024

    je suis entrain de faire un travail sur le refus de l'aide total à faire mangé une personne démente , je trouve pas une loi qui parle sue cette problématique spécialement

    merci
    soignant

    soignant Le 15/10/2024

    Il n'existe pas de loi spécifique qui mentionne directement le refus de l'aide totale à faire manger une personne démente, mais plusieurs textes de loi et principes déontologiques peuvent encadrer ce type de situation dans le cadre de la prise en charge des personnes vulnérables, notamment les personnes atteintes de démence. Voici quelques références qui peuvent vous être utiles pour justifier une position dans ce contexte :

    1. Le droit à la dignité et au respect de la personne :
    Le Code de l'action sociale et des familles (CASF) dans son article L311-3 garantit le respect de la dignité des personnes accueillies en établissements sociaux et médico-sociaux. Ce texte impose de respecter les droits fondamentaux de la personne, notamment son droit à l'alimentation, qui constitue un acte essentiel à la vie. Toute forme de négligence, y compris un refus d'apporter une aide totale pour les repas, pourrait être perçue comme un manquement à ce principe.


    2. La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé :
    Cette loi pose les bases du respect du consentement et de la dignité des patients, y compris les plus vulnérables comme les personnes atteintes de démence. Bien que la personne puisse refuser l'alimentation, si elle n'est plus en capacité de décider de manière éclairée, la loi impose de respecter ses besoins fondamentaux, ce qui inclut l'alimentation.


    3. Le droit à la non-discrimination et à l'accès aux soins :
    Le Code de la santé publique (article L1110-1) stipule que toute personne a droit au respect de sa dignité et à l'accès aux soins, sans discrimination. Un refus d'aider une personne à manger en raison de sa pathologie pourrait être interprété comme une discrimination basée sur l'état de santé de la personne.


    4. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) :
    La HAS publie régulièrement des recommandations sur la prise en charge des personnes âgées, notamment celles atteintes de démence. Ces recommandations soulignent l'importance de l'accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, comme l'alimentation, et visent à prévenir la malnutrition et la déshydratation chez ces patients vulnérables.



    En résumé, même s'il n'y a pas de loi spécifique sur le refus de l'aide totale pour nourrir une personne démente, plusieurs textes encadrent l'obligation de respect des droits fondamentaux, de la dignité et de l'accès aux soins.

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