18 ECTS - Domaine BArrêté du 20 février 2026Formation IDE - 6 semestres
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Microbiologie : les agents infectieux
La microbiologie est la science qui étudie les micro-organismes. En contexte infirmier, elle permet de comprendre l'origine des infections, leur mode de transmission et les principes qui guident les mesures de prévention.
Agent infectieux
Caractéristiques
Exemples
Bactéries
Micro-organismes procaryotes unicellulaires - sensibles aux antibiotiques
Staphylocoque, E. coli, Mycobacterium tuberculosis
Virus
Agents non cellulaires - se répliquent dans les cellules hôtes - non sensibles aux antibiotiques
VIH, Hépatite B, Grippe, SARS-CoV-2
Champignons (mycoses)
Eucaryotes - infections souvent opportunistes chez l'immunodéprimé
Protéines mal reployées - résistants à la stérilisation standard
Maladie de Creutzfeldt-Jakob
Flore commensale vs pathogène : l'organisme humain héberge des millions de micro-organismes non pathogènes (flore commensale ou microbiote). Ils deviennent pathogènes si l'équilibre est rompu (immunodépression, effraction cutanée, déplacement anatomique).
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Épidémiologie des infections
L'épidémiologie des infections étudie la distribution, les déterminants et les tendances des maladies infectieuses dans les populations. Elle fournit les outils pour évaluer le risque et orienter les actions de prévention.
Indicateurs clés :
Incidence : nombre de nouveaux cas sur une période donnée dans une population
Prévalence : nombre total de cas (nouveaux et anciens) à un moment donné
Taux de mortalité / létalité : part des décès parmi les infectés
Modes de transmission : les infections se transmettent par voie respiratoire (aérosols, gouttelettes), voie digestive (oro-fécale), voie sanguine (piqûres, transfusion), voie sexuelle, voie cutanéo-muqueuse (contact direct), voie véhiculée (eau, aliments) ou par vecteur (insecte).
Chaîne de l'infection : tout processus infectieux repose sur une chaîne composée d'un réservoir, d'une porte de sortie, d'un mode de transmission, d'une porte d'entrée et d'un hôte réceptif. Briser un maillon suffit à arrêter la transmission.
Notion de facteurs de risque : âge avancé, immunodépression, dénutrition, diabète, hospitalisation prolongée, gestes invasifs (cathéter, sonde, ventilation) augmentent la vulnérabilité aux infections. L'infirmier les repère et adapte la surveillance.
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Physiopathologie des infections
La physiopathologie décrit les mécanismes par lesquels un agent infectieux provoque des lésions et des signes cliniques dans l'organisme.
La réponse immunitaire : dès l'entrée d'un agent pathogène, l'organisme déclenche une réponse inflammatoire (rougeur, chaleur, oedème, douleur, perte de fonction), suivie d'une réponse immunitaire spécifique (anticorps, lymphocytes T).
Stade
Définition
Signes cliniques
Infection locale
Agent limité à un tissu ou un organe
Rougeur, chaleur, pus locallisés
Bactériémie
Présence de bactéries dans le sang sans signes systémiques
Souvent asymptomatique
Sepsis
Réponse systémique dysregulée à une infection menaçant les organes
Fièvre ou hypothermie, tachycardie, hypotension, confusion
Signes d'alerte du sepsis à reconnaître : fièvre supérieure à 38,5°C ou température inférieure à 36°C, fréquence cardiaque supérieure à 90/min, fréquence respiratoire supérieure à 20/min, confusion ou altération de la conscience, oligurie. Tout regroupement de ces signes chez un patient infecté impose une alerte médicale immédiate.
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Infections bactériennes prévalentes
Le référentiel IDE 2026 cite explicitement les infections bactériennes suivantes dans les éléments de contenu spécifiques du système immunitaire et pathologies infectieuses.
Fièvre, frissons, état général altéré, signes systémiques
Antibiothérapie IV à large spectre en urgence
Rôle infirmier : repérage des signes d'infection, prélèvements bactériologiques avant toute antibiothérapie (hémocultures, ECBU, prélèvement de gorge), surveillance de l'efficacité et de la tolérance du traitement, éducation à l'observance.
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Infections virales prévalentes
Les infections virales ne répondent pas aux antibiotiques. Elles nécessitent des antiviraux spécifiques ou des traitements symptomatiques. Certaines bénéficient d'une vaccination préventive.
Précautions air et gouttelettes - surveillance oxymétrie
VIH
Virus de l'Immunodéficience Humaine
Traitement antirétroviral à vie - observance - prévention AES
Hépatites B et C
VHB / VHC
Précautions sang - vaccination VHB obligatoire soignants
Zona
Virus varicelle-zona (VZV) réactivé
Précautions contact + air si lésions ouvertes - antalgiques
Accident d'exposition au sang (AES) : toute piqûre, coupure ou projection sur muqueuse avec du sang impose une conduite à tenir immédiate : lavage abondant, signalement, consultation médecin référent, évaluation du risque VIH/VHB/VHC, traitement prophylactique éventuel sous 4 heures.
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Infections fongiques et parasitaires
Ces infections sont fréquentes chez les patients immunodéprimés. Elles peuvent être sévères et difficiles à traiter.
Infections fongiques (mycoses) : la candidose est l'infection fongique la plus fréquente en milieu de soins. Elle peut être superficielle (muqueuses, peau) ou invasive (candidose systémique chez l'immunodéprimé). L'aspergillose invasive est grave, essentiellement chez les patients en aplasie.
Paludisme : maladie parasitaire due à Plasmodium, transmise par la piqûre d'un moustique Anôphele. En France, il s'agit principalement d'un paludisme d'importation. Les signes sont : fièvre en accès, frissons, sueurs, céphalées, myalgies. Le paludisme à P. falciparum est une urgence médicale.
Toxoplasmose : infection à Toxoplasma gondii, généralement bénigne chez l'immunocompétent mais grave chez la femme enceinte (risque foetal) et l'immunodéprimé (réactivation cérébrale). La sérologie est surveillée tout au long de la grossesse.
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Infections nosocomiales
Une infection nosocomiale (ou infection associée aux soins - IAS) est une infection contractée dans un établissement de santé ou en lien avec des soins, absente au moment de l'admission du patient. Le délai habituel est de 48 heures après l'admission.
Type d'IAS
Facteur de risque principal
Agent en cause fréquent
Infection sur cathéter veineux
Pose et entretien des VVC / VVP
Staphylocoque coagulase négative, SARM
Infection urinaire sur sonde
Sondage urinaire à demeure
E. coli, Klebsiella, Enterococcus
Pneumonie sous ventilation
Intubation - ventilation mécanique
Pseudomonas, Acinetobacter
Infection de site opératoire
Chirurgie - plaie postopératoire
Staphylocoque auréus, entérobactéries
Prévention des IAS : hygiène des mains avant et après tout soin, asepsie stricte lors des poses de cathéter, entretien quotidien des dispositifs invasifs, évaluation quotidienne de la nécessité de maintenir la sonde ou le cathéter, déclaration de tout événement indésirable à l'équipe opérationnelle d'hygiène (EOH).
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Pharmacologie des anti-infectieux
Le référentiel IDE 2026 inscrit dans l'UE B.1, au titre du système immunitaire et des pathologies infectieuses, la pharmacologie des antibiotiques et antiviraux, des corticoïdes, des traitements immunosuppresseurs et des anti-inflammatoires.
Classe
Exemples
Indication principale
Surveillance infirmière
Bêta-lactamines
Amoxicilline, pipéracilline, imipénème
Infections bactériennes larges
Allergie, diarrhée, surinfection fongique
Glycopeptides
Vancomycine
SARM, infections à Gram positif résistants
Dosages sériques (taux résiduel), néphrotoxicité
Fluoroquinolones
Ciprofloxacine, lévofloxacine
Infections urinaires, respiratoires
Tendinopathie, interaction avec AVK
Antiviraux
Aciclovir, oseltamivir, antirétroviraux
Herpès, grippe, VIH
Fonction rénale (aciclovir), observance (ARV)
Antifongiques
Fluconazole, amphotéricine B
Candidose, aspergillose
Toxicité rénale et hépatique (amphotéricine)
Antiparasitaires
Chloroquine, artéméther
Paludisme
Troubles visuels, cardiaque (allongement QT)
Principe clé : tout antibiotique doit être précédé d'un prélèvement bactériologique. L'antibiothérapie est ensuite adaptée à l'antibiogramme (désescalade thérapeutique). L'infirmier surveille l'observance, les effets secondaires et l'efficacité clinique.
Cas clinique - Situation de soins
Situation : M. Hamid, 58 ans, est hospitalisé depuis 5 jours en service de chirurgie digestive après une résection colique. Il est porteur d'un cathéter veineux central (CVC) depuis son admission. Ce matin, il présente une température à 39,2°C, des frissons intenses, une pression artérielle à 95/60 mmHg et une fréquence cardiaque à 108/min. Le site d'insertion du CVC est rouge et douloureux à la palpation.
Question 1 - Face à ce tableau clinique, quelle est l'hypothèse prioritaire à évoquer et quel est le premier geste infirmier adapté ?
A. Infection urinaire sur sonde - réaliser un ECBUB. Infection sur cathéter veineux central - alerter le médecin immédiatement et préparer des hémoculturesC. Simple réaction fébrile post-opératoire - surveiller et attendreD. Allergie médicamenteuse - arrêter tous les médicaments
Question 2 - Le médecin prescrit des hémocultures en urgence. Dans quel ordre réalisez-vous ces prélèvements par rapport à l'antibiothérapie prescrite ?
A. Vous commencez l'antibiotique d'abord pour ne pas perdre de tempsB. Vous réalisez les hémocultures avant de débuter l'antibiotique, sans retarder son administrationC. Vous attendez les résultats des hémocultures avant de commencer l'antibiotiqueD. L'ordre n'a pas d'importance
Quiz - 10 questions - UE B.1 Infectiologie
1. Parmi ces agents infectieux, lequel n'est pas sensible aux antibiotiques ?
A. Staphylocoque auréusB. Escherichia coliC. Virus InfluenzaD. Klebsiella pneumoniae
2. La prévalence d'une maladie infectieuse correspond à :
A. Le nombre de nouveaux cas sur une période donnéeB. Le nombre total de cas existants à un moment donnéC. Le taux de mortalité d'une maladieD. Le nombre de patients hospitalisés
3. Un patient présente fièvre à 39°C, tachycardie à 110/min, hypotension à 85/60 mmHg et confusion. Quel stade clinique évoquez-vous en priorité ?
A. Infection localeB. Bactériémie simpleC. Choc septiqueD. Réaction allergique
4. Quel agent est la première cause d'infection urinaire communautaire ?
A. Staphylococcus aureusB. Escherichia coliC. Pseudomonas aeruginosaD. Candida albicans
5. La vaccination obligatoire contre l'hépatite B pour les soignants vise à prévenir quel mode de transmission ?
A. Transmission aériqueB. Transmission oro-fécaleC. Transmission sanguine et par liquides biologiquesD. Transmission par contact cutané simple
6. Lors d'un accident d'exposition au sang, sous quel délai doit être évaluée la prophylaxie antirétrovirale ?
A. Dans les 24 heuresB. Dans les 4 heures idéalementC. Dans les 72 heuresD. Aucun délai précis - le lendemain suffit
7. La surveillance infirmière de la vancomycine porte principalement sur :
A. La glycémie et la pression artérielleB. Les dosages sériques résiduels et la fonction rénaleC. L'électrocardiogramme et l'acuité visuelleD. La température uniquement
8. Une infection nosocomiale est définie par :
A. Une infection présente avant l'hospitalisationB. Une infection contractée en lien avec des soins, absente à l'admissionC. Toute infection chez un patient hospitaliséD. Une infection due uniquement à une erreur soignante
9. Le paludisme à Plasmodium falciparum est :
A. Une infection virale transmise par les moustiquesB. Une urgence médicale liée à un parasite transmis par l'AnôpheleC. Une infection fongique opportunisteD. Une bactériose sans gravité particulière
10. Quel principe régit la bonne utilisation des antibiotiques pour préserver leur efficacité ?
A. Les utiliser systématiquement à titre préventifB. Prescrire toujours à large spectre pour couvrir tous les germesC. Réaliser un prélèvement microbiologique avant et adapter l'antibiothérapie à l'antibiogrammeD. Arrêter l'antibiotique dès que la fièvre disparait
Physiopathologie du système immunitaire, infections bactériennes et virales, sepsis. UE B.1 Sciences biomédicales, référentiel IDE, Arrêté du 20 février 2026.
UE B.1 IDE 2026 : infectiologie, microbiologie, épidémiologie, physiopathologie des infections et pharmacologie anti-infectieux. Cours, cas clinique et quiz.
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