Référentiel IDE 2026 - UE B.1 Sciences biomédicales - Thème 4
Système nerveux - pathologies prévalentes dont AVC, épilepsie, Parkinson, neuropathies périphériques, lésions médullaires, déficits sensoriels. Pharmacologie : antisépileptiques, psychotropes.
1. Accident vasculaire cérébral (AVC)
Définition
Déficit neurologique brutal lié à une interruption du flux sanguin cérébral. 1re cause de handicap acquis de l’adulte en France. 2e cause de démence. 140 000 nouveaux cas par an.
AVC ischémique (80 %)
Occlusion d’une artère cérébrale par un thrombus ou un embol. Urgence : thrombolyse possible dans les 4h30. « le temps, c’est du cerveau ».
AVC hémorragique (20 %)
Rupture d’un vaisseau cérébral. Souvent secondaire à une HTA non contrôlée. Pas de thrombolyse. Prise en charge neurochirurgicale possible.
Acronyme FAST - signes d’alerte
FAST - Appel du 15 sans attendre
- Face : paralysie faciale, bouche de travers, asymétrie du visage
- Arms : déficit moteur d’un membre supérieur, chute du bras
- Speech : trouble de la parole (dysarthrie) ou de la compréhension (aphasie)
- Time : appeler le 15 immédiatement, noter l’heure de début des symptômes
Autres signes neurologiques d’alerte
- Trouble visuel brutal (hémianopsie, diplopie, cécité monoculaire transitoire)
- Céphalée brutale en coup de tonnerre (hémorragie sous-arachnoïdienne)
- Trouble de l’équilibre ou de la coordination (ataxie)
- Confusion mentale, trouble de la conscience
AIT - Accident Ischémique Transitoire
Déficit neurologique focal régressant en moins de 24h (souvent en quelques minutes). Urgence diagnostique car 10 % des AIT sont suivis d’un AVC dans les 48h. Adressage aux urgences sans délai même si tout s’est normalisé.
Surveillance IDE post-AVC
Surveillance neurologique régulière
- Glasgow (conscience) : toute baisse ≥ 2 points = alerte immédiate
- Pupilles : asymétrie, aréactivité = engagement cérébral
- Déficit moteur : cotation force musculaire 0-5
- PA : cible spécifique post-AVC selon prescription (éviter hypotension)
- Glycémie : hyperglycémie aggrave les lésions ischémiques
- Température : hyperthermie aggrave le pronostic neurologique
- Déglutition : test avant toute alimentation orale (risque fausse route)
- Sous thrombolyse : surveiller signes hémorragiques 24h
Prévention secondaire - rôle IDE
- Observance anticoagulants/antiagrégants (selon type AVC)
- Contrôle PA, glycémie, cholestérol
- Arrêt tabac, alcool
- Éducation patient et famille aux signes de récidive
2. Épilepsie
Définition
Maladie neurologique chronique caractérisée par la récurrence de crises épileptiques liées à des décharges électriques anormales dans le cerveau. 600 000 personnes en France. 2e maladie neurologique après la migraine.
Types de crises
Crise tonico-clonique généralisée (Grand Mal)
Phase tonique (rigidité, apnée, cyanose, 10-20 s) puis phase clonique (secousses musculaires, 1-2 min) puis phase postcritique (confusion, somnolence, 15-30 min). Morsure de langue possible.
Absence (Petit Mal)
Perte de conscience brève (5-30 s) sans convulsion. Regard fixe. Fréquent chez l’enfant. Reprise immédiate de l’activité.
Crise partielle
Foyer épileptique localisé. Peut rester partielle (conscience conservée) ou évoluer en crise généralisée.
État de mal épileptique - urgence vitale
Crise > 5 minutes OU crises répétées sans reprise de conscience entre elles. Mortalité 10-20 %. Appel du 15 immédiat. Benzodiazépines IV selon protocole (diazépam, clonazépam). Position de sécurité. Libérer les voies aériennes.
Conduite à tenir lors d’une crise
- Ne pas retenir le patient, ne pas mettre d’objet dans la bouche
- Protéger la tête (coussin)
- Chronométrer la durée de la crise
- Position latérale de sécurité (PLS) en phase postcritique
- Appeler le 15 si > 5 min, premier épisode, traumatisme, grossesse
- Ne pas laisser seul jusqu’au retour complet de conscience
3. Maladie de Parkinson
Définition
Maladie neurodégénérative progressive par destruction des neurones dopaminergiques de la substance noire. 2e maladie neurodégénérative après Alzheimer. 200 000 patients en France. Débute en moyenne à 60 ans.
Triade clinique
Tremblement de repos
Tremblement au repos, disparaît au mouvement volontaire. « Émiettement de pain ». Unilatéral au début.
Rigidité (hypertonie)
Résistance plastique à la mobilisation passive (« signe du tuyau de plomb »). Douleurs musculaires.
Akinésie / bradykinésie
Lenteur et pauvreté des mouvements. Démarche à petits pas, freezing (blocage). Micrographie.
Surveillance IDE spécifique Parkinson
- Horaires stricts des médicaments (Levodopa : espacer des repas protéinés)
- Risque de chute : aménagement de l’environnement, aide à la déambulation
- Déglutition : risque de fausse route (épaissir les liquides si nécessaire)
- Constipation chronique : hydratation, alimentation riche en fibres
- Troubles cognitifs : évaluer régulièrement (MMSE)
- Fluctuations motrices (« on-off ») : noter les périodes de blocage
4. Neuropathies périphériques
Atteinte des nerfs périphériques. Causes principales : diabète (polyneuropathie distale symétrique), alcoolisme chronique, carences vitaminiques (B12), médicaments (chimiothérapie), héréditaire (Charcot-Marie-Tooth).
Signes cliniques
- Paresthésies (fourmillements, engourdissements) : topographie en « chaussette » et « gant »
- Douleurs neuropathiques (brûlures, décharges électriques) - nocturnes ++
- Déficit sensitif : perte de la sensibilité thermique, douloureuse (risque brûlures)
- Déficit moteur dans les formes sévères : steppage, faiblesse distale
5. Lésions médullaires et déficits sensoriels
Les lésions médullaires (traumatiques ou non) entraînent des tableaux de para ou tétraplégie selon le niveau. La surveillance IDE vise à prévenir les complications de la dépendance : escarres, infections urinaires, complications respiratoires, troubles digestifs.
6. Pharmacologie neurologique
| Classe |
Exemples |
Indication |
Surveillance IDE |
| Antiépileptiques |
Valproate, lévétiracétam, lamotrigine, carbamazépine |
Épilepsie |
Bilan hépatique (valproate), NFS, taux sanguins, tératogénicité (femme) |
| Benzodiazépines IV |
Diazépam, clonazépam |
État de mal épileptique |
Dépression respiratoire, sédation, PA |
| Levodopa |
Modopar, Sinemet |
Parkinson |
Hypotension orthostatique, nausées, hallucinations, interactions aliments protéinés |
| Agonistes dopaminergiques |
Pramipexole, ropinirole |
Parkinson |
Somnolence diurne, troubles du comportement (jeux, achats compulsifs) |
| Anticoagulants/antiagrégants |
Aspirine, clopidogrel, AVK, AOD |
Prévention AVC ischémique |
Signes hémorragiques, INR si AVK |
| Thrombolyse |
Altéplase (rt-PA) |
AVC ischémique aigu < 4h30 |
Signes hémorragiques 24h, PA stricte, neurologique |
7. Synthèse IDE
Signes neurologiques = appel du 15 sans délai
- Déficit moteur ou sensitif brutal
- Trouble du langage brutal
- Crise convulsive > 5 min ou crise chez un patient non épileptique connu
- Trouble de conscience brutal (Glasgow < 14)
- Céphalée brutale en coup de tonnerre
- Baisse brutale de l’acuité visuelle
Liens avec le Semestre 2
Le diabète (UE B.1 T8) est la 1re cause de neuropathie périphérique. L’AVC est favorisé par l’HTA (UE B.1 T3) et le diabète. La surveillance neurologique mobilise les outils de l’UE A.1 (Glasgow, évaluation autonomie).