Asepsie et antisepsie : définitions pour les AS DEAS module 8
Asepsie et antisepsie : définitions pour les AS DEAS module 8
Asepsie et antisepsie : histoire, définitions et principes
L'antisepsie et l'asepsie sont deux piliers fondamentaux de la prévention des infections en soins. Comprendre leur origine et leur distinction est indispensable pour tout professionnel de santé.
L'histoire de la chirurgie est marquée par deux dates fondatrices :
1846
Première anesthésie à l'éther L'anesthésie à l'éther est utilisée pour la première fois, ouvrant la voie à la chirurgie moderne.
1867
Joseph Lister décrit l'antisepsie Le chirurgien britannique Joseph Lister (1827-1912) publie dans The Lancet quatre articles décrivant les effets bénéfiques de pansements imprégnés de phénol dilué dans l'eau sur les plaies chirurgicales. Il constate que l'infection (pus et gangrène) n'apparaît pas dans les plaies ainsi traitées.
Avant
Les travaux de Louis Pasteur Lister s'appuie sur les démonstrations de Pasteur, qui met en évidence le rôle des microbes dans l'origine des infections. Le raisonnement est simple : tuer les microbes sur la peau ou dans une plaie doit supprimer l'infection qui pourrait s'y développer.
"1867 est une date pivot dans l'histoire de la chirurgie du fait de la théorisation de l'antisepsie que fait Lister en s'appuyant sur la science microbiologique de Pasteur." Gabriel Gachelin, "Antisepsie et asepsie", Encyclopaedia Universalis
Nuance historique : Si les résultats obtenus par Lister ont été contestés par ses collègues de l'époque et ne sont pas entièrement étayés par les données hospitalières analysées par les historiens des sciences, 1867 reste une date pivot par la théorisation qu'elle représente.
L'antisepsie ne constitue pas pour autant une innovation absolue : elle s'inscrit dans un mouvement plus large de propreté qui s'accroît parallèlement à la pratique de l'intervention médicale.
Définitions : asepsie et antisepsie
Antisepsie
Ensemble des méthodes qui permettent de détruire les microbes sur la peau ou dans une plaie.
Elle s'applique sur des tissus vivants déjà contaminés ou susceptibles de l'être.
Exemples de produits : phénol (historique), povidone iodée, chlorhexidine, alcool à 70°, Dakin.
Asepsie
Ensemble des méthodes qui permettent d'empêcher l'introduction de micro-organismes dans un milieu ou sur un tissu.
Elle vise à maintenir un environnement exempt de tout germe pathogène avant tout contact.
Exemples : technique stérile, champ opératoire, port de gants stériles.
Moyen mnémotechnique : l'antisepsie combat les microbes présents ; l'asepsie empêche leur arrivée.
Stérilisation, technique stérile, SHA, tenue de soins
Exemple en soins
Désinfecter une plaie avant pansement
Utiliser du matériel stérile, ne pas contaminer le champ
Application en soins
Un antiseptique est un produit biocide destiné aux tissus vivants. Son efficacité dépend du respect de règles strictes :
Respecter la dilution et le temps de contact recommandés
Ne pas mélanger deux antiseptiques de familles chimiques différentes (risque d'inactivation)
Respecter la date de péremption et les conditions de stockage
Nettoyer la plaie avant d'appliquer l'antiseptique
Ne pas utiliser un antiseptique sur du matériel ou des surfaces : utiliser un désinfectant à la place
Attention : antiseptique et désinfectant ne sont pas interchangeables. L'antiseptique est réservé aux tissus vivants ; le désinfectant, aux surfaces et au matériel.
L'asepsie repose sur une discipline de comportement et une organisation rigoureuse du soin :
Hygiène des mains par friction hydroalcoolique avant et après chaque soin
Port de gants stériles pour les soins invasifs
Ouverture et manipulation du matériel stérile sans contamination
Respect de la zone stérile : ne pas croiser le champ stérile, ne pas parler au-dessus
Organisation du chariot de soins : propre vers sale
L'asepsie est une attitude mentale autant qu'une technique. Elle repose sur la vigilance constante du soignant à ne pas introduire de micro-organismes dans un milieu protégé.
En cas d'accident d'exposition au sang (AES), c'est l'antisepsie qui est mobilisée en premier : nettoyer à l'eau et au savon, puis désinfecter avec un antiseptique adapté (Dakin, eau de Javel diluée au 1/5e, alcool à 70°, povidone iodée) pendant au moins 5 minutes.
L'asepsie, quant à elle, est ce qui aurait permis d'éviter l'accident : respect des précautions standard, utilisation correcte des matériels piquants ou tranchants, élimination immédiate dans le conteneur DASRI.
Synthèse
L'antisepsie, théorisée par Lister en 1867 à partir des travaux de Pasteur, désigne les méthodes de destruction des microbes sur les tissus vivants. L'asepsie désigne les méthodes qui empêchent toute contamination en amont du soin.
Ces deux notions sont complémentaires et indissociables dans la pratique soignante : l'asepsie prévient, l'antisepsie traite.
Leur maîtrise est une exigence professionnelle fondamentale pour tout aide-soignant et tout infirmier dans le cadre de la prévention des infections associées aux soins.
Sources
Gabriel Gachelin, "Antisepsie et asepsie", Encyclopaedia Universalis [en ligne]. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antisepsie-et-asepsie/
Haute Autorité de Santé (HAS) - Recommandations relatives à l'hygiène des mains et à l'antisepsie en soins.
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