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Dysphagie et démence : repas sécurisé en EHPAD
Dysphagie et démence : repas sécurisé en EHPAD
La dysphagie concerne une proportion importante des résidents atteints de démence en EHPAD. Identifier précocement les troubles de la déglutition, adapter l'environnement et les techniques d'aide au repas permet de préserver la sécurité, la nutrition et la dignité du résident.
- Signes et symptômes de la dysphagie
- Causes spécifiques dans la démence
- Conséquences de la dysphagie
- Positionnement et environnement
- Stratégies de déglutition sécurisée
- Indices et communication adaptée
- Modification des textures
- Qualité de vie et nutrition artificielle
- Quiz de révision
Les signes peuvent être subtils et difficiles à repérer. Certains apparaissent pendant ou juste après le repas, d'autres sur une période plus longue.
Signes immédiats (pendant ou après le repas)
Signes à distance (sur plusieurs jours ou semaines)
Problèmes physiques
- Incapacité à tenir ou utiliser les ustensiles.
- Mauvaise posture pendant le repas.
- Faiblesse musculaire, tremblements (Parkinson).
Problèmes sensoriels
- Incapacité à reconnaître aliments et boissons.
- Diminution de la faim et de la soif.
- Troubles de l'odorat, du goût et de la vision.
Environnement
- Bruit excessif, éclairage insuffisant.
- Stimulation visuelle trop importante.
- Odeurs désagréables ou température inconfortable.
Hygiène bucco-dentaire
- Sécheresse buccale, ulcères, maladie des gencives.
- Prothèses absentes, mal ajustées ou mal entretenues.
Médicaments
- Nouveaux médicaments ou changements de posologie pouvant altérer l'appétit et la capacité de déglutition.
Cognition et communication
- Incapacité à exprimer ses besoins alimentaires.
- Difficulté à suivre les consignes du repas.
- Confusion, oubli de manger.
Conséquences médicales
- Perte de poids et malnutrition.
- Déshydratation avec complications métaboliques.
- Pneumonie par aspiration, pouvant nécessiter une hospitalisation.
Conséquences sur la qualité de vie
- Isolement social et solitude accrus.
- Dépression liée aux difficultés alimentaires.
- Perte de dignité autour des repas.
Positionnement correct
- Position assise droite et confortable, hors du lit si possible.
- Si la tête bascule en arrière, repositionner en flexion antérieure (menton vers le sternum).
- Éviter que le résident soit affalé ou penché sur le côté.
- Maintenir la position assise pendant 30 minutes après le repas pour faciliter la digestion et prévenir l'aspiration.
Réduction des distractions
- Environnement calme, sans télévision ni musique forte.
- Table débarrassée des objets inutiles.
- Servir un ou deux plats à la fois pour éviter la surcharge cognitive.
- Ustensiles limités au strict nécessaire.
Matériel adaptatif
Assiettes à grands rebords, tasses à base large avec couvercle, pailles flexibles, ustensiles à grandes poignées, sets de table antidérapants. Consulter l'ergothérapeute pour un bilan personnalisé.
Aliments à prendre avec les doigts
Pour les résidents en difficulté avec les ustensiles : proposer des aliments en petits morceaux faciles à saisir (bâtonnets de légumes cuits, morceaux de fromage, sandwichs découpés, fruits en segments) pour maintenir l'autonomie alimentaire.
Les personnes atteintes de démence bénéficient de stimulations multisensorielles pour amorcer et maintenir la prise alimentaire.
Indices visuels
Manger avec le résident pour rappeler l'heure du repas. Utiliser des assiettes contrastées avec la couleur de l'aliment. Contact visuel maintenu pendant l'aide.
Indices verbaux
Instructions courtes et précises : "ouvrez la bouche", "mâchez", "avalez". Proposer des choix simples (soupe ou sandwich ?). Privilégier les questions fermées (oui / non).
Indices sensoriels
Les odeurs de cuisine peuvent préparer le résident à l'heure du repas et stimuler l'appétit même en cas de troubles cognitifs avancés.
Indices tactiles
Pour les démences avancées : guider la main avec la fourchette vers la bouche, ou toucher la cuillère à la lèvre avant de nourrir pour déclencher le réflexe d'ouverture buccale.
Lorsque la texture normale présente un risque trop élevé, l'orthophoniste détermine la texture la moins restrictive et la plus sûre pour le résident.
Solides
Mixé lisse, haché fin, tendre. La texture doit être homogène, facile à mastiquer et ne pas s'éparpiller en bouche. Goût franc et prononcé pour stimuler la déglutition.
Liquides
Boissons froides, aromatisées ou pétillantes, par petites gorgées espacées. Liquides gélifiés si nécessaire, sur prescription de l'orthophoniste.
Lorsque la dysphagie devient sévère, une nutrition artificielle peut être envisagée :
- Sonde nasogastrique (NGT) pour une nutrition temporaire.
- Nutrition par voie intraveineuse.
- Sonde PEG (gastrostomie endoscopique percutanée) pour une solution plus durable.
Chaque résident atteint de démence mérite de s'alimenter dignement, quel que soit le stade de la maladie.
1. Quel professionnel est le référent pour l'évaluation et la prise en charge de la dysphagie ?
Incorrect. L'infirmière coordonne les soins mais l'évaluation de la dysphagie relève de l'orthophoniste.
Correct. L'orthophoniste évalue les troubles de la déglutition et détermine les textures les plus sûres pour le résident.
Incorrect. Le kinésithérapeute intervient sur la motricité et la posture, pas sur la déglutition.
2. Pourquoi maintient-on le résident en position assise 30 minutes après le repas ?
Incorrect. La socialisation est un bénéfice secondaire mais ce n'est pas la raison principale.
Correct. La position verticale après le repas prévient la remontée des aliments vers la trachée et le risque de pneumonie par aspiration.
Incorrect. La prévention des escarres repose sur d'autres mesures (mobilisation, matelas adapté).
3. Que dit la littérature scientifique sur l'alimentation par sonde PEG dans la démence avancée ?
Incorrect. Les données disponibles ne montrent pas d'amélioration de la qualité de vie avec la sonde PEG dans la démence avancée.
Correct. Les études montrent que l'alimentation manuelle prudente produit des résultats équivalents. La sonde PEG n'est pas recommandée dans la démence avancée.
Incorrect. La décision doit toujours tenir compte des volontés de la personne, de la gravité de la maladie et d'une approche centrée sur le confort.
Gisèle Cabre, Formatrice IFSI IFAS — soignantenehpad.fr
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