M. K. est hospitalisé pour une prothèse totale de hanche droite. À 22h, vous prenez votre poste. Dans la précipitation du changement d'équipe, vous administrez à M. K. la dose de Kardégic® 75 mg prévue pour le patient voisin, M. L. Le lendemain matin, lors de la vérification du dossier, l'erreur est découverte. M. K. n'avait pas d'indication à l'aspirine — il est sous anticoagulant (HBPM). Il présente un hématome de la plaie opératoire et doit être réopéré.
Éléments de réponse
1. Responsabilités engageables :
— Civile : faute (erreur d'administration), préjudice (hématome + réopération), lien causal direct. Indemnisation de M. K. L'établissement public répond civilement en premier lieu.
— Pénale : blessures involontaires (art. 222-19 CP) si ITT > 3 mois ou selon séquelles. Non intentionnel mais résultant d'une négligence caractérisée.
— Ordinale : manquement aux obligations déontologiques (vérification des 5 règles d'administration : bon médicament, bon patient, bonne dose, bonne voie, bon moment).
2. Fautes caractérisées : absence de vérification de l'identité du patient, absence de vérification de la prescription dans le dossier, non-respect des règles des 5B (civile + ordinale).
3. Dans un établissement public, la faute du service (faute commise dans le cadre du service) est couverte par l'établissement. Mais une faute personnelle détachable du service peut engager la responsabilité personnelle de l'IDE.
4. Informer immédiatement le médecin responsable, assurer la surveillance clinique de M. K., déclarer l'EIG dans le système de signalement, compléter la traçabilité dans le dossier, informer la direction des soins.
5. Vérification de l'identité du patient avant tout acte (bracelets, dossier), vérification systématique de la prescription dans le dossier, règle des 5B appliquée sans exception même en situation de surcharge.