Seriez-vous séduit par une publicité pour un manteau imperméable, extensible, lavable, qui répare de façon invisible les petites coupures, les déchirures et les brûlures, et qui dure toute une vie avec un soin raisonnable ? Cela semble trop beau pour être vrai — pourtant vous portez déjà ce manteau : votre peau, ou membrane cutanée.
La peau et ses dérivés — glandes sudoripares et sébacées, cheveux, ongles — forment ensemble le système tégumentaire, dont le rôle est avant tout protecteur.
Cinq missions assurées en continu, souvent sans qu'on y pense.
Protection
Contre les chocs, les agents chimiques, les UV, les bactéries, la chaleur, le froid et la dessiccation.
Régulation thermique
Perte ou rétention de chaleur, contrôlées par le système nerveux.
Élimination
Sécrétion d'urée et d'acide urique via la transpiration des glandes sudoripares.
Synthèse
Production de vitamine D à partir du cholestérol, sous l'effet de la lumière solaire.
Sensation
Récepteurs sensoriels distinguant chaleur, froid, toucher, pression et douleur.
02 — Anatomie
L'épiderme, cinq strates superposées
La peau est composée de deux tissus : l'épiderme externe et le derme sous-jacent. L'épiderme est un épithélium squameux stratifié, capable de se kératiniser — c'est-à-dire de durcir. Comme tout tissu épithélial, il est avasculaire : il ne contient aucun vaisseau sanguin et se nourrit par diffusion depuis le derme.
Stratum basale
Couche la plus profonde, au contact ondulé du derme. Ses cellules reçoivent les nutriments par diffusion et se divisent pour renouveler l'épiderme.
Stratum spinosum
À mesure que les cellules s'éloignent du derme, elles constituent cette couche intermédiaire.
Stratum granulosum
Les cellules s'aplatissent et se chargent progressivement de kératine.
Stratum lucidum
Couche claire formée de cellules mortes, présente uniquement sur la peau glabre et épaisse : paume des mains, plante des pieds.
Stratum corneum
Couche la plus externe, épaisse de 20 à 30 cellules mortes cornifiées mais représentant environ les trois quarts de l'épaisseur totale. Elle s'écaille en permanence, comme des pellicules, et se renouvelle depuis la couche basale.
Kératinocytes & kératine
La majorité des cellules épidermiques sont des kératinocytes, qui produisent la kératine — la protéine fibreuse et résistante faisant de l'épiderme une couche protectrice durable.
Mélanocytes
Cellules en forme d'araignée, situées surtout dans la couche basale, qui produisent la mélanine — un pigment allant du jaune au brun-noir.
Mélanosomes
Granules où s'accumule la mélanine ; ils migrent le long des bras des mélanocytes puis sont absorbés par les kératinocytes voisins.
02 — Anatomie (suite)
Le derme, tissu conjonctif dense
Le derme sous-jacent se compose de deux régions : la couche papillaire, superficielle, et la couche réticulaire, plus profonde.
Couche papillaire
Région supérieure, irrégulière, formant des saillies — les papilles dermiques — qui pénètrent l'épiderme et contiennent des boucles capillaires nourricières. Elle dessine aussi les crêtes qui améliorent la préhension des doigts et des pieds.
Couche réticulaire
Couche la plus profonde de la peau. Elle contient les vaisseaux sanguins, les glandes sudoripares et sébacées, ainsi que les récepteurs de pression profonde — les corpuscules de Pacini.
Collagène
Ces fibres assurent la solidité du derme ; elles retiennent aussi l'eau et contribuent à l'hydratation de la peau.
Fibres élastiques
Elles donnent à la peau son élasticité. Avec l'âge, leur nombre diminue, tout comme celui du collagène, et le tissu sous-cutané perd du volume graisseux.
Vaisseaux sanguins
Abondants dans le derme, ils participent à l'homéostasie thermique : engorgement et rougeur par forte chaleur, dérivation du sang en cas de froid.
Innervation
Riche apport nerveux : de nombreuses terminaisons possèdent des organes spécialisés qui transmettent l'information au système nerveux central.
02 — Anatomie (suite)
Les appendices cutanés
Glandes, follicules pileux et ongles — formés dans les couches profondes, ils résident presque entièrement dans le derme.
Glandes cutanées exocrines
Glandes sébacées
Présentes partout sauf paumes et plantes ; leur canal se vide généralement dans un follicule pileux. Elles produisent le sébum, mélange gras qui assouplit la peau et évite que les cheveux ne deviennent cassants.
Glandes eccrines
Les plus nombreuses, réparties sur tout le corps. Elles produisent une sueur claire — eau, sels, vitamine C, déchets métaboliques — et participent à la thermorégulation.
Glandes apocrines
Confinées aux zones axillaires et génitales, plus volumineuses, actives dès la puberté sous l'effet des androgènes. Leur sécrétion contient aussi acides gras et protéines.
Follicules pileux poils & cheveux
Cheveu
Structure épithéliale flexible produite par un follicule pileux.
Racine / tige
La racine est la partie enfermée dans le follicule ; la tige est la partie visible qui fait saillie hors de la peau.
Formation
Le cheveu naît de la division des cellules épithéliales de la matrice, zone de croissance située au bulbe, à l'extrémité inférieure du follicule.
Cuticule
Couche externe de cellules imbriquées comme des tuiles, fortement kératinisée, qui maintient les cheveux démêlés et compacts.
Pigment
Produit par les mélanocytes du bulbe ; ses proportions déterminent la couleur, du blond pâle au noir foncé.
Gaines
Une gaine épidermique interne façonne le cheveu ; une gaine cutanée externe, de tissu conjonctif, l'entoure et lui apporte sa vascularisation.
Papille
Structure en forme de mamelon qui irrigue la matrice au fond du bulbe.
Ongles modification de l'épiderme
Structure
Chaque ongle a un bord libre, un corps (partie visible) et une racine intégrée dans la peau.
Plis & cuticule
Les bords sont recouverts de plis cutanés ; le pli proximal épaissi est communément appelé cuticule.
Lit et matrice
Le lit de l'ongle prolonge la strate basale sous l'ongle ; la matrice, zone proximale épaissie, assure sa croissance.
Couleur & lunule
Transparents, les ongles paraissent roses grâce à la vascularisation du derme sous-jacent ; la lunule, croissant blanc sur la matrice, fait exception.
03 — Physiologie
La coloration de la peau
Trois pigments, et les émotions, déterminent le teint de la peau.
Mélanine
Quantité et nuance — jaune, brun-roux ou noir — présentes dans l'épiderme.
Carotène
Pigment jaune-orangé déposé dans la couche cornée, abondant en cas de forte consommation de carottes et légumes orangés.
Hémoglobine
Quantité d'hémoglobine oxygénée circulant dans les vaisseaux cutanés.
Émotions
Elles influencent aussi la couleur de la peau, révélant parfois un état pathologique sous-jacent.
Repères pour l'observation clinique
Rougeur / érythème
Peut évoquer une gêne, de la fièvre, une hypertension, une inflammation ou une allergie.
Pâleur
Associée à un stress émotionnel, mais aussi à une anémie, une tension artérielle basse ou une circulation locale diminuée.
Teint jaune / ictère
Évoque généralement un trouble hépatique, avec passage de pigments biliaires dans le sang puis dépôt dans les tissus.
Ecchymoses / hématomes
Marques noires et bleues signalant un épanchement de sang hors de la circulation, coagulé dans les espaces tissulaires.
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