SAINT-LAMBERT, Qc - Deux décès survenus dans un CHSLD de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, suscitent les craintes de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), qui exige une enquête du coroner.
Selon des témoins, les circonstances entourant ces décès pourraient être attribuables à des lacunes au moment de l'intervention du personnel.
Les manoeuvres n'auraient pas été maîtrisées et les interventions ont pu être inadéquates.
Le premier cas qui soulève des inquiétudes est celui de William Roy Holgat, âgé de 82 ans, décédé le 1er décembre 2010; le second est celui de Monique Loiselle Lasnier, âgée de 73 ans, morte le28 février dernier.
Aucun de ces décès n'a été signalé au coroner afin d'en préciser les causes et circonstances.
Le CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf a ouvert ses portes en novembre 2010. L'AQDR estime que l'établissement compte une surmortalité lorsque l'on compare ses statistiques à la moyenne des autres CHSLD du Québec.
En raison du nombre élevé de morts, en peu de mois, elle demande que soient inventoriés tous les décès survenus depuis l'ouverture.
De l'avis de l'AQDR, il existe un risque réel de banalisation de la mort des aînés dans ce type de centre de longue durée.
Le président, Louis Plamondon, redoute aussi qu'on en vienne à institutionnaliser la propension à la négligence en raison de l'âge et des conditions de santé des personnes qui vivent dans ce type d'établissement.
M. Plamondon souhaite aussi que la Loi sur la recherche des causes et circonstances des décès soit modifiée, puisque dans sa forme actuelle, elle contrevient à la Charte des droits et libertés, croit-il.
Il fonde son argument sur une prise de position de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, qui en janvier 2011, a recommandé le signalement obligatoire des décès dans les lieux de soins de longue durée.
Le président de l'AQDR n'hésite pas à parler de discrimination, puisque partout ailleurs, tant dans les ressources en santé mentale que pour les établissements avec de jeunes patients ou même les pénitenciers, la divulgation est obligatoire afin de s'assurer que le décès n'aurait pas pu être évité.
Stéphane Joumey
Rédacteur soignantenehpad.fr
La Presse Canadienne