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Situation de communication N°24 résident troubles cognitifs

Introduction

Dans le cadre de la validation de la compétence 6 « Établir une communication adaptée pour informer et accompagner la personne et son entourage », j’ai choisi d’analyser une situation vécue lors de mon premier stage en EHPAD.

Ce stage, d’une durée de 5 semaines, a été réalisé au sein de la résidence Saint-??????.

La situation que je présente m’a particulièrement marquée car elle mettait en jeu une difficulté de communication face à une résidente atteinte de troubles cognitifs, avec des manifestations d’opposition et d’agressivité.

Elle m’a amenée à réfléchir à ma posture professionnelle, au respect des droits du patient et à l’adaptation de ma communication.

Présentation de la personne accompagnée

Madame P., âgée de 82 ans, mesure 1m60 pour 50 kg, de corpulence normale.

Elle présente des cheveux courts grisonnants.

Elle est mariée, ancienne secrétaire travaillant avec son mari, et mère de deux enfants.

Sur le plan médical, Madame P. est atteinte de la maladie d’Alzheimer et présente une incontinence urinaire et fécale jour et nuit.

Elle réside en EHPAD et nécessite une aide dans les actes de la vie quotidienne, notamment pour les soins d’hygiène.

Contexte de la situation

La situation se déroule lors de ma deuxième semaine de stage, en fin de journée (poste de soir).

Je suis accompagnée d’une professionnelle en contrat AES (Accompagnant Éducatif et Social).

Après le repas du soir, il est demandé de préparer les résidents pour la nuit (changes et mise en pyjama).

Ma collègue me demande de commencer par Madame P., en m’indiquant implicitement qu’il s’agit d’une résidente « difficile », souvent dans le refus de soins.

Description de la situation

Lorsque j’arrive dans la salle commune, Madame P. est assise, crispée, avec un regard vide.

Je ressens du stress, car j’ai observé les jours précédents son opposition aux soins et son agressivité envers les professionnels.

Je m’approche lentement, me mets à sa hauteur pour établir un contact visuel et je lui parle calmement.

Je lui prends doucement la main et lui explique :
« Madame P., il est l’heure d’aller se préparer pour la nuit. »

Immédiatement, elle manifeste un refus verbal répété :
« Non, non, non ! »

Elle repousse mes mains, me pince, et s’agite sur sa chaise.

Face à cette situation, ma collègue intervient et me propose une méthode plus directive : maintenir la résidente afin de réaliser le soin malgré son opposition.

Nous accompagnons Madame P. dans sa chambre en la tenant par le bras.

Une fois dans la salle de bain, Madame P. continue de s’opposer, tente de sortir et se montre agitée.

Je décide alors de modifier mon approche. Je ralentis, je parle plus doucement, j’utilise un ton rassurant et je verbalise mes intentions :
« Je ne vais pas vous faire de mal, je suis là pour vous aider. Vous êtes en sécurité. »

Progressivement, Madame P. se calme.

Analyse de la situation

1. Difficulté rencontrée

La principale difficulté était de comprendre et gérer le refus de soin chez une personne atteinte de troubles cognitifs.

Le refus pouvait être interprété comme :

  • une peur
  • une incompréhension de la situation
  • une perte de repères
  • une volonté de conserver un contrôle

2. Communication mise en œuvre

Dans un premier temps, ma communication était adaptée (posture basse, ton calme, contact visuel), mais insuffisante face à l’intensité du refus.

La proposition de ma collègue reposait davantage sur une approche contrainte, centrée sur la réalisation du soin.

J’ai ensuite ajusté ma communication en :

  1. ralentissant mon rythme
  2. utilisant un langage simple
  3. rassurant verbalement
  4. évitant la confrontation
  5. respectant le rythme de la résidente

3. Réflexion éthique et légale

Cette situation m’a amenée à réfléchir au consentement aux soins.

Selon l’article 16-3 du Code civil :
→ « Le consentement de la personne doit être recueilli préalablement à tout acte médical. »

Même en cas de troubles cognitifs, la personne doit être considérée comme un sujet de droit.

Le refus de soin peut être une forme d’expression qu’il faut chercher à comprendre.

Forcer un soin peut poser des questions de :

  • bientraitance
  • respect de la dignité
  • respect de l’autonomie

4. Apports professionnels

Cette situation m’a permis de comprendre que :

  1. La communication est un outil central du soin
  2. Le refus n’est pas une opposition personnelle mais une expression
  3. L’adaptation est essentielle (verbal, non verbal, rythme)
  4. Le travail en équipe peut influencer les pratiques (approche différente selon les professionnels)

Réajustement de ma pratique

Suite à cette expérience, j’ai identifié plusieurs axes d’amélioration :

  • Prendre davantage de temps avant le soin
  • Observer les signes non verbaux (tension, regard, agitation)
  • Reformuler et rassurer régulièrement
  • Respecter les temps de pause
  • Ne pas entrer dans un rapport de force

Conclusion

Cette situation a été formatrice car elle m’a confrontée à une réalité du terrain : le refus de soin.

Elle m’a permis de développer une posture plus réflexive et d’intégrer l’importance d’une communication adaptée, individualisée et respectueuse.

Elle a renforcé ma compréhension du rôle de l’aide-soignant dans l’accompagnement global de la personne, en intégrant à la fois les dimensions relationnelles, éthiques et professionnelles.

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