Analyse de situation de communication
DEAS - Module 6
Thème : Analyse des pratiques professionnelles - La communication
Je suis actuellement en stage en lieu de vie. Dans le cadre du module 6, je dois présenter une situation de soin vécue en stage dans laquelle j'ai ressenti une difficulté. J'ai choisi une situation en lien avec le thème de la communication, lors d'une aide au repas auprès d'une résidente présentant des troubles cognitifs importants.
1. Présentation de la personne soignée
Madame R, née le 25 mars 1938, est une résidente entrée le 5 juillet dans la structure, au premier étage, en raison de l'épuisement de son mari aidant. Ancienne employée administrative, elle est mariée et a quatre enfants.
Madame R est une personne mince, aux yeux bleus, portant parfois des lunettes. Elle présente plusieurs antécédents médicaux : troubles du comportement, carcinome infiltrant du sein droit traité en 1987 par radiothérapie, récidive en 2016 avec mastectomie et traitement par hormonothérapie jusqu'en 2021, découragement, apathie, dégénérescence maculaire, démence fronto-temporale, déambulation, chutes à répétition, difficultés à la marche, escarre de décubitus, ischiatique gauche, hypertension artérielle, hystérectomie totale conservatrice, ostéoporose, sonde vésicale à demeure, prothèses totales de hanche et scoliose.
Ses pathologies actuelles sont notamment l'hypertension artérielle, le syndrome démentiel, l'escarre, les plaies chroniques, les troubles urinaires et un état de grande dépendance. Elle bénéficie d'un régime hyperprotéiné, d'une texture mixée et d'une hydratation sous forme d'eau gélifiée.
2. Présentation du soin
La situation choisie concerne l'aide à la prise du repas du midi. Ce soin a pour objectif d'assurer un apport nutritionnel suffisant, de prévenir le risque de fausse route, de garantir le confort de la personne soignée et de maintenir une relation de communication adaptée malgré ses difficultés d'expression.
3. Description de mes actions lors du soin
Il est midi et je me rends dans la chambre de Madame R pour l'aider à prendre son repas. Je frappe à la porte, je la salue et je lui annonce que je viens l'aider pour le repas. Je dépose le plateau sur la table adaptable. À ce moment-là, une aide-soignante passe devant la chambre. Je lui demande son aide afin de remonter correctement Madame R dans son lit et de l'installer en position assise, afin de limiter le risque de fausse route.
Une fois l'installation réalisée, je mets à Madame R une protection à usage unique ainsi que sa serviette de table, qu'elle apprécie avoir pendant le repas. Je lui explique que je vais commencer par l'entrée, puis le plat, puis le dessert.
Je débute l'aide au repas en donnant une première bouchée avec une quantité adaptée dans la cuillère. J'attends qu'elle ait avalé avant de proposer la suivante. Je prends soin d'observer sa déglutition, notamment au niveau du cou, afin de m'assurer que l'alimentation est correctement avalée. Je respecte un rythme lent et régulier.
Je lui demande si cela lui convient et si je ne vais pas trop vite. Elle me regarde mais ne répond pas. J'adapte alors ma communication en lui proposant de répondre par des signes de tête. Malgré cela, elle ne répond pas immédiatement. Je poursuis donc le soin en restant attentive à ses mimiques, à son regard et à ses réactions faciales.
Je répète les mêmes précautions pour l'entrée puis pour le plat. Lorsqu'elle fait certaines mimiques, je lui demande si elle a encore faim ou si elle souhaite continuer. Elle ne répond pas verbalement, mais accepte de poursuivre jusqu'à la fin du plat.
Au moment du dessert, composé d'une crème hyperprotéinée et d'un yaourt aux fruits, je commence par la crème hyperprotéinée pour privilégier l'apport nutritionnel essentiel. À quelques cuillères de la fin, Madame R manifeste des signes d'écœurement. Je lui demande si elle souhaite finir la crème. Cette fois, elle me répond par un signe négatif de la tête. Je respecte son choix et lui demande ensuite si elle souhaite prendre le yaourt aux fruits. Elle me répond de nouveau non, en faisant de grands yeux, ce qui me permet de comprendre que cela représente trop pour elle.
Je lui dis alors que nous allons arrêter le repas, que l'essentiel a été mangé et que c'est déjà très bien. Je lui essuie les commissures des lèvres, je retire la protection et la serviette, puis je vérifie qu'elle a bien avalé la dernière bouchée. Je retire ensuite le plateau et lui indique que je reviendrai un peu plus tard pour la réinstaller en position semi-couchée. Avant de quitter la chambre, je veille à ne rien laisser à proximité qui pourrait entraîner un risque de fausse route.
4. Identification des acteurs présents
- Madame R, la personne soignée
- Moi-même, élève aide-soignant en stage
- L'aide-soignante présente ponctuellement pour l'installation de la résidente
5. Mon ressenti face à cette situation
Au cours de cette situation, j'ai ressenti une certaine appréhension. J'avais peur de ne pas comprendre les besoins de Madame R, de ne pas repérer correctement ses attentes ou d'adopter un rythme inadapté. L'absence de réponse verbale m'a d'abord mise en difficulté, car je craignais de ne pas réussir à communiquer de manière efficace avec elle.
Cependant, au fur et à mesure du soin, j'ai pris conscience que la communication ne passait pas uniquement par la parole. L'observation des signes non verbaux, comme les mimiques, les regards ou les mouvements de tête, m'a permis de mieux comprendre Madame R et d'adapter mon accompagnement.
6. Thème identifié en lien avec la situation
Le thème principal de cette situation est la communication professionnelle dans le soin. Cette situation met en évidence l'importance d'adapter sa communication à l'état de la personne soignée, en particulier lorsque celle-ci présente des troubles cognitifs et des difficultés d'expression verbale.
Elle montre également que la communication non verbale occupe une place essentielle dans la relation soignant-soigné. Le regard, les mimiques, les mouvements de tête et l'observation du comportement deviennent alors des moyens indispensables pour comprendre les besoins, respecter les choix de la personne et assurer un soin de qualité.
7. Difficultés ressenties
La principale difficulté rencontrée dans cette situation a été de communiquer avec une personne ne répondant pas verbalement. J'ai également ressenti une inquiétude concernant le risque de fausse route, ce qui demandait une vigilance technique importante tout en maintenant une relation rassurante.
Cette situation m'a aussi confrontée à la nécessité de remettre en question ma façon de communiquer, afin de ne pas me limiter au langage verbal et de développer une observation plus fine des réactions de la personne.
8. Analyse de ma pratique professionnelle
Avec du recul, je pense avoir su m'adapter progressivement à la situation. J'ai respecté les règles de sécurité liées à l'alimentation, notamment la bonne installation de la résidente, l'administration de petites quantités et l'observation de la déglutition. J'ai également cherché à maintenir une communication adaptée malgré l'absence de parole.
Cette situation m'a appris qu'il est essentiel de prendre le temps, d'observer et d'ajuster son accompagnement. Elle m'a permis de comprendre que la qualité de la communication repose aussi sur l'écoute, la patience et la capacité à interpréter les expressions non verbales.
9. Conclusion
Cette situation de soin m'a permis de réfléchir à l'importance de la communication dans l'accompagnement des personnes dépendantes. Même lorsqu'une personne ne parle pas, il reste possible de communiquer avec elle grâce à l'observation, à l'écoute et à l'adaptation de sa posture professionnelle.
Cette expérience a renforcé ma vigilance, ma patience et ma capacité à m'ajuster aux besoins de la personne soignée. Elle m'a également montré que la communication non verbale est un outil indispensable dans la pratique aide-soignante.