Module 4
Objectifs d'apprentissage :
- Comprendre les principes de consolidation d'une fracture.
- Identifier les risques liés au port d'un plâtre.
- Assurer la surveillance cutanée et circulatoire du patient plâtré.
- Conseiller le patient sur l'entretien de son appareillage.
Situation : Vous travaillez en EHPAD. Mme Martin, 82 ans, revient de l'hôpital après une chute. Elle porte un plâtre à l'avant-bras droit pour une durée de 6 semaines. En l'aidant pour sa toilette, vous remarquez que ses doigts sont légèrement gonflés et qu'elle se plaint de fourmillements.
Question : Savez-vous différencier une simple gêne passagère d'une urgence médicale grave pouvant entraîner des séquelles irréversibles ?
1. Comprendre la fracture et le rôle du plâtre
Une fracture osseuse est une rupture de la continuité de l'os. Chez la personne âgée, elles sont fréquentes en raison de l'ostéoporose. L'os est un tissu vivant capable de se régénérer : c'est la consolidation.
Le plâtre sert à immobiliser les fragments osseux dans une position correcte pour permettre la formation du cal osseux (la "soudure"). La durée moyenne est de 6 semaines, mais elle varie selon l'âge et la pathologie.
Question d'examen possible : "Quel est l'objectif principal de la pose d'un plâtre sur un membre fracturé ?"
Réponse attendue : Assurer l'immobilisation stricte de la fracture pour permettre la consolidation osseuse dans une position anatomique correcte.
2. Surveillance clinique : Le rôle clé de l'Aide-Soignant
Le risque majeur d'un plâtre est la compression. Si le membre gonfle sous le plâtre, la circulation sanguine peut être coupée (syndrome des loges).
En stage, l'Aide-Soignant doit surveiller :
- La coloration : Les doigts ou orteils doivent être roses (ni blancs, ni bleus).
- La chaleur : Le membre doit être chaud.
- La sensibilité : Absence de fourmillements ou d'engourdissements.
- La mobilité : Le patient doit pouvoir bouger ses extrémités.
Point de vigilance clinique (URGENCE) : Alertez immédiatement l'infirmier(e) si :
- Douleur intense non calmée par les antalgiques.
- Oedème (gonflement) important des extrémités.
- Odeur suspecte ou écoulement sous le plâtre.
- Plâtre trop serré ou, au contraire, devenu trop lâche.
Synthèse opérationnelle : Pour éviter l'oedème, je dois maintenir le membre plâtré surélevé (avec des coussins ou une écharpe), surtout durant les 48 premières heures. Je stimule le patient pour qu'il bouge régulièrement ses doigts ou ses orteils.
3. Entretien du plâtre et confort du patient
Le plâtre est fragile durant les premières heures de séchage. Son entretien est garant de l'hygiène et de la réussite de la consolidation.
À retenir : 1. Ne jamais mouiller le plâtre (utiliser un sac plastique pour la toilette). 2. Ne jamais introduire d'objet sous le plâtre pour se gratter (risque de plaies invisibles). 3. Ne jamais couper ou modifier le plâtre soi-même.
Ce qui peut tomber au partiel : "Citez trois conseils de prévention à donner à un patient porteur d'un plâtre au membre inférieur."
Réponse : Ne pas marcher sur le plâtre sans autorisation médicale, maintenir la jambe surélevée au repos, surveiller la couleur et la température des orteils.
4. L'après-plâtre : La phase de récupération
Une fois le plâtre retiré, le membre peut paraître aminci (amyotrophie) et la peau peut être squameuse. L'os reste fragile pendant encore un mois.
En service hospitalier ou EHPAD : Après le retrait, la peau est fragile. Lavez-la délicatement à l'eau savonneuse sans frotter fort. Observez la reprise de l'appui lors de la mobilisation.
Ce que je sais faire maintenant :
- Je sais identifier les signes de compression circulatoire.
- Je sais comment positionner un membre plâtré pour réduire l'oedème.
- Je connais les consignes d'hygiène et de sécurité à transmettre au patient.
Gisèle Cabre Formatrice IFAS