Pratiquer les gestes de désobstruction des voies aériennes.
Réaliser une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) avec utilisation d'un défibrillateur (DAE).
Transmettre une alerte structurée aux services de secours (SAMU).
Situation clinique :
Il est midi dans la salle à manger de l'EHPAD. M. Lefebvre, 85 ans, porte soudainement ses mains à sa gorge. Il a la bouche ouverte mais aucun son ne sort. Son visage devient rapidement rouge, puis violacé. Il ne tousse pas. Question : Que faites-vous dans les 10 prochaines secondes ? Comment différencier une obstruction partielle d'une obstruction totale ?
Nous avons appris à surveiller les paramètres vitaux pour détecter une dégradation lente. Cependant, certains événements sont brutaux. Dans ces cas-là, l'aide-soignant est le premier maillon de la chaîne de survie. Votre calme et votre rapidité font la différence entre la vie et la mort.
1. L'obstruction des Voies Aériennes (Étouffement)
Le geste dépend de la gravité de l'obstruction.
A. Obstruction partielle (Le patient tousse, parle ou émet un son)
Action : Ne faites rien d'autre que l'encourager à tousser.
DANGER : Ne donnez jamais de claques dans le dos à quelqu'un qui tousse, vous pourriez déplacer le corps étranger et bloquer totalement les voies respiratoires.
B. Obstruction totale (Aucun son, le patient ne peut plus respirer)
5 claques vigoureuses dans le dos (entre les omoplates).
Si échec : 5 compressions abdominales (méthode de Heimlich).
Question d'examen possible :
"Décrivez la position des mains lors de la manœuvre de Heimlich." Réponse attendue : Se placer derrière la victime, passer les bras sous les siens, mettre un poing fermé juste au-dessus du nombril (creux de l'estomac), placer l'autre main sur le poing et exercer des tractions vigoureuses vers l'arrière et vers le haut (en "J").
2. L'Inconscience : L'évaluation LVA
Si un patient s'effondre ou ne répond plus, vous devez suivre une procédure stricte :
Vérifier la conscience : "Monsieur, m'entendez-vous ? Serrez-moi la main."
Libérer les Voies Aériennes (LVA) : Basculer prudemment la tête en arrière et élever le menton.
Vérifier la respiration (10 secondes) : Regarder le thorax, écouter le souffle, sentir l'air sur votre joue.
À RETENIR :
- Patient inconscient qui RESPIRE : Position Latérale de Sécurité (PLS).
- Patient inconscient qui NE RESPIRE PAS : Arrêt Cardio-Respiratoire (ACR).
3. L'Arrêt Cardio-Respiratoire (ACR)
Chaque minute perdue réduit les chances de survie de 10%.
La triade de survie :
Appeler à l'aide et Alerter : Demandez à un collègue d'appeler le 15 (SAMU) et d'apporter le chariot d'urgence avec le DAE.
Masser : Commencer immédiatement les compressions thoraciques (100 à 120 par minute).
Défibriller : Allumer le DAE dès qu'il arrive et suivre les instructions vocales.
En stage, l'aide-soignant doit...
Connaître l'emplacement exact du Défibrillateur (DAE) et du chariot d'urgence dans l'unité. En cas d'arrêt, ne quittez jamais le patient seul : massez pendant qu'un collègue va chercher le matériel.
4. L'Alerte : Transmettre les bonnes informations
Une alerte efficace permet au médecin régulateur du SAMU d'envoyer les moyens adaptés (SMUR, Pompiers).
Synthèse opérationnelle (Le message d'alerte) :
1. Qui ? Je suis [Nom], Aide-soignant dans le service [Nom].
2. Où ? Adresse précise, étage, numéro de chambre.
3. Quoi ? Nature du problème (Inconscience, arrêt, étouffement).
4. Actions ? "J'ai commencé le massage cardiaque, le DAE est en place". Important : Ne raccrochez jamais le premier !
Gisèle Cabre Formatrice IFAS
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