Surveillance de l'alimentation par sonde
L’alimentation par sonde de nutrition est un procédé qui permet de maintenir un apport nutritionnel satisfaisant chez les patients ne pouvant plus s’alimenter par voie orale ou insuffisamment, temporairement ou définitivement et que l’état du tube digestif du patient le permet.
Indications
Dysphagie :
Gêne lors de la déglutition Certains cas d’anorexie ou de dépression Démence Patient dénutri en pré opératoire ou post opératoire Dénutrition Affections neurologiques
Alimentation orale impossible :
Dans certains cancers par exemple
Fausses routes… Poches de nutrition
L’alimentation se présente sous forme liquide dans une boîte ou une poche.
En fonction des besoins du patient ces poches peuvent être enrichies en protéines ou en fibres par exemple.
Il existe aussi des poches plus spécifiques comme celles adaptés aux patients diabétiques.
Ces poches peuvent contenir entre 500 et 1500 ml de produits et leur temps de passage sera adapté en fonction de l’état générale, de la tolérance et de la pathologie
Poches de nutrition
Il peut y avoir plusieurs poches par jour et même un passage la nuit pour éviter d’être “branché” la journée.
l’IDE va connecter la tubulure de la poche à la sonde afin de l’injecter :
de façon lente et continue par une pompe électrique dont il (elle) règlera le débit). par gravité (drip). en discontinu (factionné). Plusieurs types de sonde : voies naturelles
La Sonde Naso Gastrique :
SNG
Les sondes en silicone et en polyuréthane, très souples, sont utilisées préférentiellement pour les nutritions entérales et l’administration de traitement.
Elles offrent une excellence tolérance et leur résistance face à l’acidité digestive permet une utilisation d’une durée maximale de 30 jours avec de petits calibres (CH10-12) Sonde naso-jéjunale
Patients avec un risque important d’inhalation bronchique ou reflux gastroduodénal (RGO)
Durée < 1mois
La sonde est introduite par le nez et poussée jusqu’à l’estomac ou le jéjunum.
Après la pose de la sonde, il est impératif de vérifier, à l’aide d’une radio, que la sonde soit bien positionnée dans l’estomac.
Un repère est généralement fait sur la sonde au ras de la narine.
Ce repère permet de vérifier que la sonde n’a pas bougé et doit être contrôlé avant le passage des nutriments.
Si la sonde est déplacée ou si elle tombe, il ne faut pas essayer de la remettre. Il faut prévenir l’IDE.
Plusieurs types de sonde : voies artificielles
La sonde de gastrostomie :

Le chirurgien abouche une partie de la sonde à l’organe
La sonde est directement introduite dans l’estomac par l’intermédiaire d’un petit orifice réalisée dans la paroi abdominale.
Elle est généralement proposée pour une durée prévisible de nutrition entérale supérieure à 1 mois
Gastrostomie
Elle permet un meilleur confort physique et psychologique et elle facilite la rééducation à la déglutition.
Après la pose, des soins sont à faire tous les jours par un infirmier selon un protocole précis.
La sonde de gastrostomie peut être changée chaque fois que cela est nécessaire.
Lorsqu’elle est retirée de façon accidentelle, il est important de prévenir rapidement le médecin afin qu’une nouvelle sonde soit remise en place, ceci avant que l’orifice ne se rebouche Plusieurs types de sonde : voies artificielles
La sonde de jéjunostomie :
Directement placée dans le jéjunum, par l’intermédiaire d’un petit orifice réalisé dans la paroi abdominale sous anesthésie générale :
notamment en cas de chirurgie de l’œsophage, l’estomac ou du pancréas.
La sonde est fixée à la paroi de l’abdomen par des fils de suture qui pourront être remplacés par des bandelettes adhésives.
Après l’opération, la nutrition est reprise de façon progressive.
Après la pose de la sonde, des soins sont faits tous les jours par un infirmier selon un protocole strict.
La zone reste souvent douloureuse quelques jours après la pose et le temps de la cicatrisation. Il faut signaler les douleurs à l’IDE afin qu’elles soient calmées le plus rapidement.
Risques
Fausse-route : contrôle de la bonne mise en place par l’IDE
Troubles gastro-intestinaux en cas d’administration trop rapide : ballonnements, spasmes ; diarrhée, vomissement en cas d’administration prolongée
Inhalation avec bronchopneumopathie : troubles de la conscience
Complications locales : épistaxis, ulcérations nasales liées à la fixation de la sonde (escarre) ou pharyngées, irritation ORL avec dysphagie, otites, sinusites …
Complications autres : Œsophagite, perforation œsophagienne, reflux gastroduodénal (RGO), pneumothorax, pneumo médiastin, obstruction de la sonde, troubles de la glycémie, hydroélectrolytiques …
Rôle de l’AS
Participation à la surveillance de la sonde et de l’alimentation : débit – quantité – tolérance du patient.
Participation à l’installation du patient dans une position en rapport avec sa pathologie.
Participation aux soins d’hygiène et de confort.
Gestes élémentaires de survie
Spécifiquement: rôle de l’AS
L’aide-soignant participe à la mise en place de la sonde gastrique (effectuée par l’IDE), et à la surveillance de la sonde et du patient.
Préparation du matériel pour l’IDE :
Mélange nutritif prescrit + Nutripompe + raccord électrique
Tubulure pour alimentation entérale
Seringue à gavage de 50 ml
Stéthoscope
Seringue de 10 ml
Sacs DAOM et DASRI
Gants à usage unique
Protection plastifiée
Actions :
Nettoyer le chariot (avant et après chaque utilisation)
Se laver les mains
Vérifier la prescription médicale : nom du produit, fréquence, durée, posologie, vitesse du débit)
Regrouper le matériel et s’assurer du bon fonctionnement de la nutripompe
Annoncer le soin au patient
Assister l’IDE au cours de la pose
Ranger le matériel
Se laver les mains a) Installation du patient Assurer le confort au patient : buste relevé : ½ assis ou assis (sauf contre-indication).
Assurer l’hygiène au patient :
Vérifier que les narines soient bien dégagées en pratiquant des soins de nez réguliers. Soins de bouche réguliers (risque de mycose)
Changer la fixation quotidiennement pour éviter les ulcérations nasales lié à la compression par la sonde. Installer la sonnette à portée de main
b) L’alimentation :

S’informer de la période d’alimentation (diurne, nocturne, continue ou discontinue)
Surveiller le niveau du liquide dans le flacon
Vérifier que le compte goutte soit remplis à moitié
S’assurer que la tubulure ne soit ni pliée ni coudée
Vérifier que la pompe soit branchée sur le secteur
Etre attentif aux alarmes sonores ou visuelles
S’assurer du bon fonctionnement et du débit
c) La sonde
Bien connectée à la tubulure, qu’il n’y ait pas de fuite
Tubulure non coudée
Pas d’air dans la tubulure
Positionnement de la sonde :

- dans l’alignement de la narine - dans l’estomac
Fixation correcte de la sonde afin que le patient agité ou confus ne puisse arracher le matériel.
Lors des mobilisations, vérifier la bonne fixation du matériel et s’assurer d’une certaine liberté de mouvement (ne pas tirer sur la tubulure, ni les coincer)
Prévenir l’infirmière lorsque :
le patient présente une toux, régurgitation, nausées, vomissements
le flacon va se terminer (pour rincer la sonde avec de l’eau avec une quantité comprise entre 5 et 10 ml après avoir vérifié sa bonne position avec un stéthoscope)
Le débit est modifié
le cathéter a été enlevé par accident ou arraché volontairement
Gestes élémentaires de survie
Arrêter la perfusion et prévenir immédiatement l’infirmière lorsque :
-le patient présente des signes de malaise général -le débit est trop rapide -vomissements Si vomissement rrêt de la pompe
Si patient inconscient :
Mettre le malade en Position Latérale de Sécurité afin de drainer les vomissements vers l’extérieur et prévenir une inhalation bronchique.
Mise en aspiration par l'IDE Relationnel
Etre à l’écoute des demandes et des inquiétudes du patient
Lui permettre d’exprimer ses craintes
Lui expliquer les précautions à prendre lors de la mobilisation et de ne pas toucher la sonde
Demander au patient de signaler toute sensation d’inconfort (général ou digestif) ou toute modification d’écoulement.
Lui donner la sonnette !
Observation et transmission
Observer le flacon et la tubulure
Observer la pompe électrique ou le « drip »
Observer la fixation de la sonde (en place, bon maintien, pas de douleur, pas d’escarres)
Vérifier le positionnement de la sonde dans l’estomac systématiquement avant tout passage d’alimentation
Observer le patient (pâleurs, nausées, toux, douleur, transit)
Si apport hydrique : surveiller l’élimination urinaire Transmettre les observations à l’oral et sur le dossier du patient.
Etat cutané des narines :
signaler toute rougeur (début d’escarre).
Etat de la muqueuse buccale
Aspect du pansement (gastro/jéjunostomie)
Suivi des selles :
aspect et fréquence Suivi du poids Tolérance du patient / apport : qualité de la digestion : noter toutes gênes (ballonnement, aérophagie, gaz excessif, vomissement,…)
Transmission urgente en cas de vomissement, de régurgitation