Les soins pré et post-opératoires sont des soins pratiqués lors d’une intervention chirurgicale ou d’un geste endoscopique.
Préparation psychologique
Objectifs
Identifier les éléments d’information à apporter au patient
Aider le patient à surmonter les difficultés physiques et/ou psychologiques présentes ou ressenties avant l’intervention chirurgicale.
Cette préparation repose sur :
Les soins relationnels
La relation d’aide
La technique d’écoute
L’entretien infirmier
S’appuyer sur les informations données par le chirurgien et l’anesthésiste
Rechercher toute manifestation d’anxiété
Préserver le lien familial
Il faut tenir compte des manifestations d’anxiété, car elles peuvent interférer en peropératoire et en post-opératoire.
Préparation à l’acte chirurgical
Evaluation clinique
L’anesthésiste évalue les fonctions vitales du patient :
Fonction cardiaque
Fonction respiratoire
Fonction rénale : urée, créatinine
Fonction nutritionnelle, métabolique : poids + taille à IMC, glycémie, ionogramme sanguin.
Fonction de coagulation : TP TC
Le chirurgien refait parfois un examen clinique avant l’intervention.
Evaluation du risque infectieux
Généralités
Les infections du site opératoire (ISO) représentent 15 à 20% des infections acquises en milieu hospitalier.
La survenue de telle infection peut mettre en jeu le pronostic fonctionnel et vital.
Rappel sur la flore bactérienne :
Réservoir exogènes : flore transitoire acquise au contact du personnel et de l’environnement inanimé.
Réservoirs endogènes : flore résidente, microorganismes vivant sur la couche superficielle de l’épiderme, sur la partie supérieure des follicules pileux et des conduits de glandes sébacées.
Facteurs pouvant influer sur le risque infectieux
Etat général du patient : âge, antécédents (fonctions immunitaires diminuées)
Durée de l’intervention, durée d’hospitalisation pré opératoire.
Présence d’un foyer infectieux de voisinage (infection cutanée, plaie septique)
Gestes chirurgicaux (classification des interventions), endoscopiques.
Dispositifs médicaux : cathétérismes centraux, sondage, drainage percutané, matériel, …
Actes d’anesthésie loco régionale (rachis, anesthésie, péridurale).
Préparation de la peau et du site opératoire
« La préparation cutanée préopératoire est un ensemble de soins d’hygiène corporelle générale et d’antisepsie cutanée locale réalisés avant toute intervention chirurgicale et certains gestes invasifs. » (Cpias du Sud-Ouest).
Cette préparation comporte 3 éléments fondamentaux :
L’hygiène corporelle
La veille et le jour de l’intervention : douche complète et toilette au lit.
Oter les bijoux, le vernis à ongles
Douche avec le même antiseptique utilisé au bloc opératoire
Laver le corps, les cheveux
Evoluer du propre vers le sale
Rincer abondamment dans le même ordre (répéter une deuxième fois cette technique)
Sécher soigneusement avec une serviette propre et sèche
Mettre un pyjama propre
Refaire le lit avec des draps propres
Veiller à l’hygiène bucco-dentaire.
La dépilation
« La dépilation a pour but, sans léser la peau, de couper les poils à la base quand ils sont gênant pour l’intervention ou pour le pansement. »
L’absence de dépilation ne majore pas le risque infectieux.
Quelle que soit la méthode utilisée pour l’ablation des poils, cela constitue toujours un risque infectieux supérieur à l’absence de dépilation.
Celle-ci doit être la plus proche de l’intervention et avant la douche, doit être réalisée dans la chambre du patient.
Zone de dépilation à limiter si possible.
Rasage mécanique à proscrire.
La préparation du champ opératoire
La préparation du site complète l’action de la douche ou de la toilette.
Celle-ci est réalisée au bloc opératoire.
Elle comprend 4 phases : détersion, rinçage, séchage, antisepsie dermique.
Détersion : zone d’incision avec compresse stérile, eau stérile et savon antiseptique pour faire mousser.
Rinçage : abondant, eau stérile et compresses stériles.
Séchage : par tamponnements avec des compresses ou carrés de soins stériles.
Antisepsie dermique : 2 applications d’une solution antiseptique.
Le jour de l’intervention
La préparation à l’anesthésie
A jeun : pas d’eau, pas d’alimentation
Arrêt du tabac : fumer entraîne une sécrétion d’acide chlorhydrique plus importante à ventilation plus élevée à risque.
Vessie vide : proposer d’uriner avant la prémédication.
Bas de contention (sur prescription médicale).
Oter les prothèses.
Prendre le pouls, la tension, la température : mesures de référence dans le dossier.
Prémédication sur prescription médicale à rester coucher (risque de chute).
La préparation du dossier
Résultats biologiques, groupe sanguin, examens divers,
Dossier médical,
Dossier d’anesthésie,
Dossier radiologique, radio pulmonaire, ECG, …
Constantes du matin,
Faire mention de l’état psychologique du patient,
Fiche de liaison,
Autorisation d’opérer pour les mineurs,
Consentement éclairé.
La préparation de la chambre
Nettoyage, température de la pièce,
Changement des draps,
Vérification du matériel nécessaire au retour du patient (système d’aspiration, masque à oxygène, matériel à perfusion, pousse-seringues, tensiomètre, …).
Les soins post-opératoires
SSPI
Surveillance chirurgicale
Pansement
Sonde, drains, redons
Plâtre, montage orthopédique
Surveillance anesthésique
Hémodynamique
Douleur
Prescriptions médicales à mettre en œuvre
Retour dans la chambre
Si patient porteur d’une sonde gastrique, la mettre en aspiration (sur prescription médicale).
Vérifier la ou les perfusions.
Vérifier le pansement.
Mettre en place la surveillance spécifique à chaque type d‘intervention.
Mettre en place la surveillance spécifique à chaque type d’anesthésique.
Risque dans les heures suivantes
Risque respiratoire : encombrement
Causes : douleurs, plaie opératoire, alitement, anesthésie.
Moyens : position demi-assise sir possible, O2 au masque ou aérosol sur prescription, faire tousser, aspiration bucco-pharyngée.
Surveillance : clinique fréquence respiratoire, saturation, signes d’encombrement.
Risque cardio-vasculaire (troubles hémodynamiques, troubles du rythme, …), risque thromboembolique
Causes : hémorragie, hypovolémie, stase veineuse liée à l’immobilisation.
Moyens : traiter la cause (remplissage, prévention thromboembolique).
Surveillance : hémodynamique, clinique (au niveau du mollet : rougeur, chaleur, …), biologique.
Risque infectieux
Causes : intervention chirurgicale, nombreuses portes d’entrée, …
Moyens : respect des règles d’asepsie.
Surveillance : locale (en fonction des différents sites), température, état clinique du malade.
Risque rénale : rétention urinaire (si le patient est sous morphine par exemple), oligurie, anurie
Causes : anesthésie, geste chirurgical
Moyens : miction dans les 6 heures sinon prévenir le médecin (sondage évacuateur sur prescription), faire assoir le patient si possible.
Surveillance : diurèse horaire si sonde urinaire, reprise de la diurèse dans le cadre d’une anesthésie rachidienne, voire si globe vésical.
Risques liés à l’immobilisation : risque cutané, thromboembolique, élimination
Causes : acte chirurgicale, alitement, matériel, …
Moyens : faire participer le patient au moment des soins, voire si il est autorisé à se lever, prévenir escarres.
Surveillance : voire si le patient se mobilise, changement de position dans son lit
Risque digestif : nausées, vomissements
Chirurgie extra-abdominale : le patient peut boire rapidement, manger le soir un repas léger, et les jours suivant reprendre des repas normaux. Attention aux premières gorgées d’eau : risque de nausées et de vomissements.
Chirurgie intra abdominale à sonde naso-gastrique : rassurer le patient, sensation désagréable dans la gorge, noter les entrées et les sorties, dès la reprise des gaz ablation de la sonde gastrique sur prescription médicale.
Risque de douleur
Causes : acte chirurgical, plaie, matériel, drainages, posture peropératoire.
Moyens : traitement prescrit, position antalgique, vessie de glace.
Surveillance : siège, rythme, permanence, intensité, irradiation, caractère, attitude du patient, faciès, EVA, EN, …
Les jours suivants
Concept de soi
Causes : perte d’une partie de son corps, perte d’une partie de son autonomie.
Moyens : inviter le patient à s’exprimer, pratiquer l’écoute, inventorier les forces et les atouts du patient.
Surveillance : signes de culpabilité, repli sur soi, déni, colère, dévalorisation, sentiment de honte, …
Veiller au repos et confort du patient
Ne pas oublier tous les risques inhérents à la spécificité chirurgicale.
Aider le patient à retrouver toutes ses fonctions physiologiques.
S’assurer de la bonne observance du traitement, du régime, de la rééducation.
Surveiller un éventuel syndrome infectieux.
Conclusion
Tous ces soins post-opératoires permettent au patient de retrouver :
Un sentiment de bien-être
Une image de lui satisfaisante
Une autonomie
Et d’envisager un transfert dans une unité de soins de suite voire un retour à domicile.