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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

Rôle AS Survaillance perfusion

Rappel du chapitre précédent : Nous avons étudié l'importance de la surveillance cutanée pour prévenir les escarres chez le patient immobile.

Surveillance du patient sous perfusion : Le rôle de l'Aide-Soignant

SITUATION RÉELLE
Madame Leroy, 88 ans, est perfusée pour une déshydratation sévère. En entrant dans sa chambre pour l'aide au repas, vous remarquez qu'elle tire sur sa tubulure et que son avant-bras semble gonflé et dur au-dessus du pansement. Madame Leroy se plaint de "picotements" désagréables.

La question concrète : Devez-vous arrêter la roulette de la perfusion ? Comment décrire l'anomalie à l'infirmier(e) pour qu'il/elle intervienne en urgence ?
Objectifs d'apprentissage :
  • Comprendre les buts d'une perfusion et son fonctionnement de base.
  • Identifier les points de surveillance locale et générale du patient.
  • Repérer immédiatement les signes de complications (extravasation, surcharge).
  • Assurer le confort et la sécurité du patient perfusé.

1. Cadre légal et composition du dispositif

La perfusion est un acte médical délégué à l'Infirmier (IDE). L'aide-soignant intervient en collaboration, sous la responsabilité de l'IDE, pour surveiller le bon déroulement et le confort du patient.

Qu'est-ce qu'une perfusion ?

Elle permet d'introduire dans la circulation veineuse (périphérique ou centrale) des liquides, des médicaments ou des produits sanguins.

  • Le soluté : Poche ou flacon (hydratation, sucre, sel, nutriments).
  • La tubulure : Le tuyau reliant la poche au patient, comprenant un stilligoutte (chambre compte-gouttes) et un clamp (roulette pour régler le débit).
  • Le régulateur : Parfois une pompe électrique ou un "dialaflow" (régleur de débit précis).
QUESTION D'EXAMEN POSSIBLE
"Un aide-soignant a-t-il le droit de modifier le débit d'une perfusion si le patient se plaint qu'elle va trop vite ?"
Réponse : Non. L'AS ne doit jamais modifier le débit. Il doit alerter l'IDE immédiatement.

2. Surveillance Locale : Ce que vous voyez sur le bras

La surveillance doit être pluriquotidienne. Chaque passage dans la chambre est une occasion d'observer le dispositif.

Le point de ponction et le membre

  • L'aspect : Le bras ne doit présenter ni œdème (gonflement), ni rougeur, ni chaleur.
  • Le pansement : Il doit rester propre, sec et bien adhérent.
  • La douleur : Si le patient a mal au point d'injection, c'est une alerte majeure.

La tubulure et le débit

  • Le circuit : La tubulure ne doit pas être coudée (pliée), ni coincée sous le patient, ni traîner par terre.
  • Le reflux : Le sang ne doit pas remonter dans la tubulure (risque de bouchage du cathéter).
  • Le stilligoutte : Il doit être rempli aux 2/3. Si les gouttes ne tombent plus, la perfusion est arrêtée.
POINT DE VIGILANCE CLINIQUE
Si vous voyez une bulle d'air importante dans la tubulure, prévenez l'IDE sans attendre. Ne manipulez pas le dispositif vous-même.
SYNTHÈSE OPÉRATIONNELLE
Je vérifie à chaque passage : Le pansement est-il sec ? Le bras est-il souple ? Les gouttes tombent-elles toujours ? La tubulure est-elle libre ?

3. Surveillance Générale et Complications

La perfusion peut avoir des effets sur l'ensemble du corps, surtout chez la personne âgée ou en post-opératoire.

Les signes d'alerte systémiques

  • Surcharge hydrique : Si le cœur ou les reins ne suivent plus, le patient peut présenter une gêne respiratoire (dyspnée), une angoisse ou une accélération du pouls.
  • Allergie : Apparition de rougeurs, de démangeaisons (prurit) ou d'un malaise général.
  • Infection : Apparition d'une fièvre soudaine ou de frissons.
EN STAGE, L'AIDE-SOIGNANT DOIT...
Aider le patient lors de l'habillage en passant toujours la poche de perfusion en premier à travers la manche, pour éviter de tirer sur le cathéter. Choisissez des vêtements amples.

4. Confort, Relation et Transmissions

Le patient perfusé se sent souvent "enchaîné". Votre rôle est de maintenir son autonomie.

  • Installation : Placer la sonnette et les objets personnels (eau, lunettes) du côté du bras non perfusé si possible.
  • Éducation : Expliquer au patient de ne pas toucher à la roulette et de vous appeler s'il doit se déplacer.
  • Hygiène : Veiller à ce que la tubulure ne soit pas souillée par des urines ou des selles (en cas de change de protection).
CE QUI PEUT TOMBER AU PARTIEL
"Quels sont les signes d'une extravasation (perfusion qui passe 'à côté') ?"
Réponse : Gonflement localisé (œdème), douleur ou sensation de brûlure, peau froide au toucher, arrêt ou ralentissement du débit.
SYNTHÈSE OPÉRATIONNELLE
Toute anomalie (douleur, poche vide, alarme de pompe, pansement décollé) doit faire l'objet d'une transmission orale immédiate à l'IDE, suivie d'une traçabilité écrite.

MICRO-VICTOIRE : VOUS SAVEZ SURVEILLER UNE PERFUSION !
À la fin de ce cours, vous savez maintenant :
  1. Identifier les composants du dispositif.
  2. Détecter une complication locale (extravasation) ou générale (surcharge).
  3. Adapter vos soins d'hygiène et de confort sans risquer l'arrachage.
Votre vigilance protège le capital veineux du patient !
PROCHAIN CHAPITRE :

Rôle Aide-Soignant : Surveillance des patients en hémodialyse

Découvrez comment accompagner les patients souffrant d'insuffisance rénale chronique et surveiller les abords spécifiques comme la fistule artério-veineuse.

Surveillance perfusion

Observation et surveillance du patient sous perfusion

Observation et surveillance du patient sous perfusion

La perfusion est sous la responsabilité de l’IDE L’aide-soignant exerce son activité sous la responsabilité de l’IDE, dans le cadre de son rôle propre dévolu à celui-ci, conformément aux articles R à R du code de la santé publique.

Le rôle de l’aide-soignant s’inscrit dans une approche globale du patient et prend en compte la dimension relationnelle des soins.

L’aide-soignant participe dans la mesure de ses compétences aux soins infirmiers préventifs, curatifs ou palliatifs.

Elle nécessite l’implantation d’un cathéter dans une veine périphérique ou une veine centrale profonde.

L’objectif de la surveillance de l’aide-soignant est de dépister d’éventuelles complications et/ou d’anomalies au cours de la perfusion qu’il transmettra immédiatement à l’infirmier.

Les buts de la perfusion :

Hydrater : apporter les électrolytes dont la personne aura besoin

Administrer des thérapeutiques :

voie intraveineuse permet une action rapide et permanente

Administrer du sang ou des dérivés sanguins (transfusion)

Couvrir les besoins énergétiques de la personne soignée (alimentation parentérale)

Les buts de la perfusion :

Une voie d’abord, ou voie d’accès en cas d’urgence.

Une perfusion se compose :

Un soluté (flacon ou poche de perfusion)

Une tubulure (relie le soluté à la perfusion)

Avec - un stilligoutte (chambre compte goutte) -

un clamp (pour réguler le débit : en goutte/minute)

Une perfusion Peut être connectée à une pompe électrique (le débit est en ml/heure)

Un dialaflow peut être utilisé pour régler le débit de la perfusion (le débit en ml/heure).

Dans ce cas le clamp est ouvert complètement

Autres matériels

une potence un panier (pour flacon de verre)

Préparation de la perfusion

La préparation, la pose, le changement de soluté relèvent de la compétence de l’IDE prescription médicale

L’AS participe en collaboration à la surveillance de la perfusion et de la personne soignée.

La pose de la perfusion

L’IDE pose la perfusion en respectant certains principes :

La perfusion est posée sur un bras propre et désinfecté ;

Il évite de perfuser le bras de préhension pour faciliter l’autonomie ;

Il évite de perfuser un bras qui est paralysé (absence de réaction à la douleur et retour veineux inefficace) ;

Il évite de piquer au pli du coude;

L’asepsie est préservée tout au long du soin. Il arrive, dans certains cas (patient agité), que l’IDE ait besoin d’aide pour tenir le bras à ponctionner.

La pose d’une perfusion est un geste invasif qui présente certains risques :

Infection nosocomiale ;

Extravasation du produit dans les tissus sous-cutanés ;

Embolie gazeuse par injection accidentelle d’air;

Obstruction du cathéter (caillot de sang, déplacement, coudure).

Objectifs de la surveillance de la perfusion et de la personne soignée

Dépister les anomalies au cours du passage de la perfusion

Prévenir les complications

Apporter des éléments d'observation utiles aux diagnostics infirmiers et médicaux

Satisfaire les besoins du patient La surveillance de la perfusion et de la personne soignée

De façon pluri quotidienne.

Surveillance locale :

Le membre perfusé doit être maintenu en bonne position pour permettre le bon fonctionnement de la perfusion

L’écoulement, le débit doivent être réguliers selon le rythme réglé par l’IDE.

Ils ne doivent pas être modifiés ni arrêtés

La perfusion ne doit pas gêner les mouvements de la personne soignée.

La tubulure : doit être libre (ni en traction, ni coincée, ni coudée) ne doit pas toucher terre ne doit pas comporter de bulles d’air.

Si c’est la cas, il faut prévenir immédiatement l’IDE

Le sang ne doit pas refluer dans la tubulure :

risque d’obstruction (manque de pression), de stase veineuse On doit voir des bulles remonter régulièrement dans la poche de perfusion.

Le stilligoutte doit être rempli au 2/3. C’est le signe que la perfusion s’écoule bien.

Le débit de la perfusion doit être régulier.

Contrôle de l’échelle horaire.

Le pansement qui recouvre le cathéter doit être propre et sec

Le bras ne doit pas présenter d’œdème, de rougeur autour du point de ponction ou de douleur;

Le fonctionnement des pompes électriques doit être vérifié Lorsque le flacon est presque vide, il faut prévenir l’IDE (les pompes possèdent des pré-alarmes qui préviennent que la poche de perfusion est presque terminée).

Le dispositif de raccordement doit être étanche et perméable :

robinet, rampe, prolongateur La perfusion est un peu douloureuse juste après la pose, mais très rapidement la douleur s’estompe

Si le patient se plaint de douleur au point d’injection , c’est peut-être le signe que la perfusion « passe à côté » (extravasation).

Dans ce cas, il faut prévenir immédiatement l’IDE pour conserver le capital veineux du bras perfusé.

Mettre la sonnette à portée de mains du patient ainsi que ses objets personnels en tenant compte de la perfusion

Adapter les vêtements du patient par rapport au bras perfusé (vêtement pas trop serré du côté de la perfusion)

L’AS ne doit jamais modifier le débit de la perfusion

Surveillance générale :

Certains signes peuvent évoquer des accidents d’intolérance ou de surcharge qui doivent être immédiatement signalés à l’IDE :

Signes hémodynamiques :

Hypotension dans l’hypovolémie Hypervolémie : tachycardie, hypertension, gêne respiratoire, angoisse, sensation de malaise , …

Signes d’allergie : démangeaisons, prurit, rougeurs,….

Signes respiratoires comme la dyspnée si surcharge hydrique;

Bilan des entrées et des sorties.

Assurer une hygiène rigoureuse au patient

L’environnement doit être propre

Eviter que la tubulure de la perfusion ou le pansement soient en contact avec des liquides biologiques : sang, sécrétions, urines, selles, vomissements

Le matériel à perfusion doit être désinfecté régulièrement. Informations et éducation du patient

Prendre en compte les demandes d'explications ou les manifestations d’inquiétude du patient ou de son entourage Inciter le patient à signaler toute sensation d'inconfort, de douleur

Rassurer le patient

Expliquer les éléments de surveillance au patient et lui demander d’appeler si nécessaire

Il faut aussi dire de ne jamais toucher la roulette ou la pompe qui règle le débit.

Transmissions

Dans tous les cas, assurer une transmission est obligatoire, tout d’abord oralement à l’IDE référente du patient, puis par écrit sur le dossier de soins. L’aide-soignant doit s’identifier lorsqu’il rédige sa transmission sur le dossier.

S’il y a anomalie, l’aide-soignant note ce qu’il a vu et précise le comportement du patient.

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