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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

Notion sur l'oxygénothérapie

L’aide-soignant participe en collaboration et sous la responsabilité de l’infirmier à la préparation du soin, à l’entretien du matériel et à la surveillance du patient sous oxygénothérapie. Ces activités relèvent de la compétence aide-soignante.

La mise sous pression et le réglage du débit sont des actes infirmiers sur prescription médicale. Ceux-ci ne relèvent pas de la compétence aide-soignante.

Notion sur l'oxygénothérapie

L’oxygénothérapie consiste en un apport d’oxygène dans un but thérapeutique. L’objectif principal est de favoriser une meilleure oxygénation sanguine et de traiter ou prévenir une hypoxie tissulaire, notamment en cas d’insuffisance respiratoire aiguë ou chronique.

Dans cette première partie, nous rappellerons les grands principes de l’oxygénothérapie et détaillerons la préparation et la surveillance du patient ainsi que les précautions d’emploi.

Dans les conditions normales de température et de pression, l’oxygène (O2) est un gaz incolore, inodore qui constitue 21 % de l’air atmosphérique ou « air ambiant » (en plus de 78 % d’azote et 1 % de gaz rares).

D’un usage très fréquent dans les établissements de soins, l’O2 est légalement considéré comme un médicament et son utilisation nécessite une prescription médicale. Celle-ci doit comporter : le débit (en litres/ min), le dispositif d’administration (lunettes, masque haut concentration, optiflow…), la durée du traitement.

Oxygénothérapie : rappels de notions essentielles

La ventilation et la respiration

La ventilation pulmonaire désigne les mouvements respiratoires et la capacité de nos poumons à renouveler l’air afin d’apporter constamment d’un air riche en O2.

La respiration désigne à la fois les échanges gazeux alvéolo-capillaires (absorption d’O2 et rejet de CO2) et la respiration dite cellulaire qui permet, en dégradant le glucose grâce à l’O2, de produire de l’énergie.

Le transport de l’O2 et du CO2

L’O2 et le CO2 sont transportés par la circulation sanguine des poumons vers les tissus et des tissus vers les poumons. Le sang fixe l’O2 puis le CO2 de manière réversible sous l’influence d’un gradient de pression partielle.

L’O2 est transporté essentiellement sous forme combinée (97 %) liée à l’hémoglobine (mesurée par la SpO2 en %) et sous forme dissoute (3 %) dans le plasma et le cytoplasme des GR (mesurée par la PaO2 pression partielle en O2, exprimée en mmHg). L’O2 dissous est la seule forme échangeable et utilisable par les cellules. Le CO2 est transporté sous forme dissoute (5-10 %) mesurée par la PaCO2 (en mmHg) et sous forme combinée (90-95 %) : après réaction chimique sous forme de bicarbonates dans le plasma (60-65 %), liée à l’hémoglobine (30 %).

Ne pas confondre la SpO2, la SaO2 et la PaO2

SpO2 (saturation « pulsée ») : permet la mesure de la saturation de l’hémoglobine en oxygène par voie transcutanée grâce à un oxymètre de pouls (95-99 %)

SaO2 : permet la mesure de la saturation de l’hémoglobine en oxygène par prélèvement de sang artériel. C’est la seule mesure réellement fiable (sup à 95 %)

PaO2 : c’est la pression partielle exercée par l’O2 dissout dans le sang artériel (80-90 mmHg)

L’hypoxémie et l’hypoxie

L’hypoxémie est définie par la baisse de la PaO2 (taux d’O2 dissous dans le sang) en dessous de sa valeur normale (inférieure à 60 mmHg).

La survenue d’une hypoxémie n’est pas forcément synonyme d’une hypoxie tissulaire.

L’hypoxie tissulaire est quant à elle définie par la baisse de l’apport d’O2 aux tissus, par rapport à leurs besoins à un moment et sous une contrainte donnée.

L’apport d’O2 aux tissus dépend de la ventilation alvéolaire, de la qualité des échanges gazeux, de son transport et du niveau de son extraction tissulaire.

L’hypoxie tissulaire survient en moins de quatre minutes en cas de défaillance d’un de ces éléments, les réserves en oxygène étant très limitées.

Dans le cas d’un défaut de transport (choc hémorragique par exemple), l’augmentation isolée de l’apport d’oxygène par voie exogène (O2th) ne suffira pas à elle seule à corriger l’hypoxie tissulaire.

Le traitement de l’étiologie (transfusion) devra dans tous les cas être initié et associé à l’oxygénothérapie

Oxygénothérapie : préparation et surveillance du patient

Une fois l’objectif de la SpO2 (>90 %) atteint ainsi que l’amélioration du tableau clinique, les débits d’O2 seront adaptés et diminués et éventuellement les dispositifs d’administration d’O2 modifiés (MHC ou lunettes). Concernant l’IRC, le débit d’O2 sera ajusté sous contrôle des gaz du sang avec au moins une PaO2 égale à 60mmHg avec +/- une hypercapnie tolérée cliniquement.

Préparation du patient

Informer et rassurer le patient ;

Installer confortablement le patient en position assise ou demi-assise afin de favoriser le travail respiratoire (particulièrement le travail du diaphragme) ;

Faire moucher, tousser, cracher le patient avant de mettre en place le dispositif d’O2

Expliquer les précautions et consignes à respecter.

Prévoir le matériel nécessaire :

- un manomètre à oxygène ou débitmètre

- un nébuliseur ou humidificateur à usage unique

- une tubulure de raccord du manomètre à la sonde (ou masque ou lunettes)

- un raccord, des compresses non stériles et du sparadrap hypo allergénique si nécessaire (en fonction du matériel utilisé)

- un masque (simple ou à haute concentration), des lunettes nasales ou une sonde nasale

- un réniforme ou un sac poubelle - mouchoirs

Surveillance clinique et paraclinique du patient

Elle est à adapter en fonction de l’état clinique du patient et de son évolution :

Conscience (agitation, anxiété, confusion, somnolence…) ; FC, PA, SpO2 (> 90 %) ;

Fréquence respiratoire (12-16/min), amplitude respiratoire (superficielle, profonde), rythme respiratoire (régulier, irrégulier, pause) ; Attention une bradypnée (inférieure à 10/min) doit faire redouter un arrêt respiratoire imminent

Recherche/régression des signes de détresse respiratoire (tirage intercostal, creux xiphoïdien, balancement thoraco-abdominal, battements des ailes du nez) ;

Signe de cyanose (lèvres, extrémités) : témoin de l’hypoxémie 

Sueurs : signe d’hypercapnie (augmentation de la PaCO2). Il est nécessaire d’augmenter la vigilance si le tableau clinique s’accompagne de somnolence, confusion, désorientation… ; Contrôle gaz du sang éventuel. (par ide )

Surveillance de l’oxygénothérapie

Mise en place correcte du dispositif (lunette, MHC…) ;

Vérification du débit d’oxygène, de l’absence de plicature du tuyau à O2 ;

Vérification des réglages de l’optiflow le cas échéant ;

Dessèchement des muqueuses, saignement de nez,

Surveillance des points d’appuis (nécrose des ailes du nez, des oreilles)

Surveillance au niveau local : Vérification de l’absence d’escarres au niveau cutanée.

Surveiller le débit en conformité avec la prescription médicale ; Signaler toute modification à l’infirmier - Vérifier le bon fonctionnement du matériel : l’étanchéité du dispositif ; la mise en place des lunettes, de la sonde nasale ou du masque ; que la tubulure n’exerce pas de tension ; le niveau d’eau du nébuliseur

Eviter la contamination :

- Hygiène des mains avant et après le soin

- Le matériel à usage unique est jeté dans les déchets médicaux après usage. Il est préconisé de changer la sonde nasale, les lunettes ou le masque tous les jours et à chaque fois qu’ils sont souillés

- Le débitmètre est nettoyé avec une chiffonnette imbibée de détergent-désinfectant

Oxygénothérapie : précautions d’emploi

Interdiction formelle de fumer ;

Interdiction d’utiliser un corps gras (vaseline, lanoline) sur le visage mais privilégier une pâte à l’eau ;

Toute flamme est proscrite à proximité d’une source d’O2 ;

Ne pas serrer trop fort le masque (sensation d’étouffement ou d’oppression) ;

Lors d’utilisation de haut débit d’O2, les patients peuvent se plaindre d’un assèchement de la cornée surtout s’ils sont porteurs de lentilles de contact.

Conclusion

Assurer des transmissions :

- Noter dans le dossier les observations (les signes d’efficacité de l’oxygénothérapie, l’adaptation de la personne au soin et les signes d’alerte)

- Avertir immédiatement l’infirmier en cas de signes d’urgence

L’O2 est un médicament et, comme tel, il faut respecter ses indications et ses modalités d’administration et de surveillance .

En ventilation spontanée, l’administration d’O2 peut se faire par lunettes ou masque simple pour les faibles débits (< 6 l/min), par masque à haute concentration ou optiflow pour des débits plus importants et une FiO2 plus élevée. Nous aborderons ces différents dispositifs d’administration dans un prochain article.

L’objectif de l’oxygénothérapie est de parvenir ou maintenir une PaO2 > 60 mmHg et/ou une SpO2 > 90 %

Sultan julien

Formateur professionnel d'adultes 

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