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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

Analyse de pratique au bloc opératoire IFSI

Quels sont les objectifs d'une prothèse totale de hanche ?

Prothèse totale de hanche (PTH) : prise en charge infirmière au bloc opératoire, déroulement, surveillance et analyse de pratique

Réponse rapide

La prothèse totale de hanche (PTH) est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer l'articulation de la hanche par un implant afin de soulager la douleur, restaurer la mobilité et améliorer la qualité de vie. Elle est principalement réalisée chez les patients atteints de coxarthrose évoluée, mais peut également être indiquée après une fracture du col du fémur ou dans certaines maladies inflammatoires.

La réussite d'une PTH repose sur une prise en charge multidisciplinaire rigoureuse. Au bloc opératoire, chaque professionnel participe à la sécurité du patient grâce à une préparation préopératoire minutieuse, au respect des règles d'asepsie, à la check-list de sécurité de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à une surveillance anesthésique continue et à la prévention des complications postopératoires.

Pour les étudiants infirmiers et les étudiants aide-soignants, cette intervention constitue un excellent exemple de coordination entre les différents professionnels de santé.

Tableau récapitulatif

Élément Informations essentielles
Intervention Prothèse totale de hanche (PTH)
Objectif Remplacer une articulation détruite afin de supprimer la douleur et restaurer la mobilité.
Principale indication Coxarthrose évoluée.
Durée moyenne Entre 1 h 30 et 2 heures.
Type d'anesthésie Anesthésie générale ou rachianesthésie selon le patient et l'équipe d'anesthésie.
Principaux risques Infection, hémorragie, luxation, thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire.
Surveillance prioritaire Douleur, saignement, état neurologique, perfusion du membre, température, prévention des infections.
Rééducation Mobilisation précoce avec le kinésithérapeute selon le protocole RAAC.
Durée moyenne d'hospitalisation 3 à 5 jours selon l'état du patient et le protocole de récupération améliorée.

Définition de la prothèse totale de hanche

La prothèse totale de hanche est une arthroplastie consistant à remplacer complètement l'articulation coxo-fémorale par des implants artificiels.

Son objectif est de supprimer les douleurs liées à la destruction du cartilage tout en restaurant une mobilité satisfaisante et une meilleure qualité de vie.

La prothèse comprend généralement quatre éléments :

  • une tige fémorale implantée dans le fémur ;
  • une tête prothétique ;
  • une cupule cotyloïdienne implantée dans le bassin ;
  • un insert permettant le glissement de la tête fémorale.

Les matériaux utilisés sont principalement :

  • alliage de titane ;
  • chrome-cobalt ;
  • céramique ;
  • polyéthylène hautement réticulé.

Le choix dépend de plusieurs facteurs : âge du patient, qualité osseuse, niveau d'activité physique et habitudes du chirurgien.

Anatomie de la hanche

La hanche est une articulation profonde reliant le bassin au fémur.

Elle est constituée de deux structures principales :

  • la tête fémorale ;
  • le cotyle (ou acétabulum), situé sur l'os iliaque.

Les surfaces articulaires sont recouvertes d'un cartilage qui permet un glissement sans douleur.

Autour de l'articulation se trouvent :

  • la capsule articulaire ;
  • les ligaments ;
  • les muscles fessiers ;
  • les muscles pelvi-trochantériens ;
  • les muscles de la cuisse.

Lorsque le cartilage disparaît progressivement, les surfaces osseuses frottent l'une contre l'autre, provoquant douleurs, raideur et limitation des mouvements.

Pourquoi pose-t-on une prothèse totale de hanche ?

La principale indication est la coxarthrose, mais une PTH peut également être indiquée dans d'autres situations.

Coxarthrose

La coxarthrose est une arthrose de la hanche caractérisée par une destruction progressive du cartilage articulaire.

Les principaux signes cliniques sont :

  • douleur dans l'aine ;
  • douleur fessière ;
  • irradiation vers le genou ;
  • raideur articulaire ;
  • diminution du périmètre de marche ;
  • boiterie ;
  • difficultés à monter les escaliers ;
  • perte progressive d'autonomie.

Lorsque les traitements médicaux ne sont plus efficaces, une intervention chirurgicale est proposée.

Fracture du col du fémur

Certaines fractures déplacées chez la personne âgée nécessitent la mise en place d'une prothèse totale de hanche afin de favoriser une reprise rapide de la marche.

Ostéonécrose de la tête fémorale

L'interruption de la vascularisation de la tête fémorale entraîne progressivement sa destruction. Lorsque les lésions deviennent importantes, la pose d'une PTH est indiquée.

Arthrites inflammatoires

Des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent provoquer une destruction irréversible de l'articulation. La PTH permet alors d'améliorer significativement la qualité de vie.

Comment diagnostique-t-on une coxarthrose ?

Examen clinique

Le médecin recherche notamment :

  • une douleur mécanique ;
  • une limitation des amplitudes articulaires ;
  • une boiterie ;
  • une diminution du périmètre de marche ;
  • une gêne dans les activités de la vie quotidienne.

Examens d'imagerie

Les radiographies mettent généralement en évidence :

  • un pincement de l'interligne articulaire ;
  • des ostéophytes ;
  • une condensation osseuse ;
  • des géodes dans certains cas.

Selon les situations, un scanner ou une IRM peuvent compléter le bilan.

Objectifs de la prothèse totale de hanche

  • Supprimer la douleur.
  • Restaurer la mobilité.
  • Améliorer l'autonomie.
  • Permettre la reprise des activités quotidiennes.
  • Améliorer la qualité de vie.
  • Limiter la consommation d'antalgiques.

Aujourd'hui, grâce aux protocoles de Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (RAAC), la récupération fonctionnelle est plus rapide et la durée d'hospitalisation est réduite chez de nombreux patients.


À suivre

Dans la deuxième partie seront abordés :

  • la consultation d'anesthésie actualisée ;
  • le bilan préopératoire ;
  • les recommandations HAS, SFAR et SF2H ;
  • la préparation cutanée ;
  • la check-list OMS/HAS ;
  • les rôles de l'IDE, de l'IBODE et de l'IADE ;
  • la prévention des infections du site opératoire ;
  • l'installation du patient au bloc opératoire.

Gisèle Cabre
Formatrice IFSI IFAS

Consultation d'anesthésie : une étape indispensable avant la chirurgie

 

La consultation d'anesthésie est obligatoire avant toute intervention programmée. Elle est réalisée par un médecin anesthésiste-réanimateur plusieurs jours avant l'intervention, sauf en situation d'urgence.

Elle permet :

  • d'évaluer l'état de santé du patient ;
  • d'identifier les facteurs de risque anesthésiques et chirurgicaux ;
  • de choisir la technique d'anesthésie la plus adaptée (anesthésie générale ou rachianesthésie) ;
  • d'informer le patient sur le déroulement de l'anesthésie et les risques éventuels ;
  • de recueillir le consentement éclairé.

Le médecin recherche notamment :

  • les antécédents médicaux et chirurgicaux ;
  • les allergies ;
  • les traitements en cours (anticoagulants, antiagrégants, antidiabétiques...) ;
  • les antécédents anesthésiques personnels ou familiaux ;
  • les difficultés potentielles d'intubation ;
  • le score ASA (American Society of Anesthesiologists), qui permet d'évaluer le risque anesthésique.
Bon à savoir
Chez les patients bénéficiant d'une prothèse totale de hanche, la rachianesthésie est fréquemment proposée lorsqu'il n'existe pas de contre-indication. Elle permet souvent une récupération plus rapide et diminue certains effets secondaires de l'anesthésie générale.

Bilan préopératoire

Le bilan préopératoire vise à réduire les risques de complications pendant et après l'intervention.

Évaluation clinique

  • Constantes vitales.
  • Poids et taille.
  • Indice de masse corporelle (IMC).
  • Évaluation de la douleur.
  • Évaluation de l'autonomie.
  • Recherche d'un foyer infectieux.
  • État cutané.

Examens biologiques

  • Numération formule sanguine (NFS).
  • Bilan de coagulation si indiqué.
  • Ionogramme sanguin.
  • Fonction rénale (créatinine).
  • Groupage sanguin et recherche d'agglutinines irrégulières (RAI).

Examens complémentaires selon le contexte

  • Électrocardiogramme.
  • Radiographie thoracique si indication.
  • Radiographies de la hanche.
  • Échographie cardiaque ou avis spécialisé si nécessaire.

Recommandations actuelles HAS, SFAR et SF2H

Les pratiques au bloc opératoire reposent aujourd'hui sur plusieurs recommandations nationales visant à améliorer la sécurité des patients.

Objectifs principaux

  • Prévenir les infections du site opératoire (ISO).
  • Réduire les erreurs liées à l'identité ou au côté opéré.
  • Maintenir une normothermie pendant toute l'intervention.
  • Limiter le risque thromboembolique.
  • Assurer une prise en charge coordonnée entre tous les professionnels.

Mesures essentielles

  • Antibioprophylaxie administrée dans les 60 minutes précédant l'incision.
  • Hygiène rigoureuse des mains.
  • Respect des précautions standard.
  • Contrôle de la glycémie chez les patients diabétiques.
  • Maintien d'une température corporelle supérieure à 36 °C.
  • Oxygénation adaptée pendant et après l'intervention.
  • Prévention de la maladie thromboembolique veineuse.

Préparation cutanée du patient

La préparation cutanée a pour objectif de diminuer la flore bactérienne présente sur la peau afin de limiter le risque d'infection du site opératoire.

Avant l'hospitalisation

  • Douche préopératoire avec un savon ou un savon antiseptique selon le protocole de l'établissement.
  • Linge propre.
  • Vêtements propres.

Le jour de l'intervention

  • Vérification de la préparation cutanée.
  • Absence de bijoux.
  • Absence de vernis et de faux ongles.
  • Retrait des lentilles de contact.
  • Retrait des prothèses dentaires si nécessaire.
Important
Le rasage au rasoir n'est plus recommandé car il augmente le risque d'infection. Si une dépilation est nécessaire, elle est réalisée avec une tondeuse immédiatement avant l'intervention.

La check-list OMS / HAS au bloc opératoire

La check-list de sécurité est obligatoire. Elle améliore la communication entre les professionnels et réduit les événements indésirables graves.

Étape Vérifications réalisées
Sign In
Avant l'anesthésie
Identité, consentement, côté opéré, allergies, matériel, risque hémorragique, antibioprophylaxie.
Time Out
Avant l'incision
Présentation de l'équipe, confirmation de l'intervention, disponibilité des implants, examens d'imagerie.
Sign Out
Avant la sortie de salle
Comptage des textiles et instruments, étiquetage des prélèvements, traçabilité, consignes de surveillance.

Rôle de l'IDE, de l'IBODE et de l'IADE

Infirmier diplômé d'État (IDE)

  • Accueil du patient.
  • Vérification de l'identité.
  • Contrôle du dossier.
  • Surveillance clinique.
  • Participation à la sécurité des soins.

Infirmier de bloc opératoire diplômé d'État (IBODE)

  • Préparation de la salle.
  • Contrôle de la stérilité.
  • Préparation du matériel.
  • Installation du patient.
  • Assistance au chirurgien.
  • Gestion des implants.
  • Traçabilité des dispositifs médicaux implantables.

Infirmier anesthésiste diplômé d'État (IADE)

  • Accueil anesthésique.
  • Préparation des médicaments.
  • Induction anesthésique.
  • Surveillance peropératoire.
  • Gestion des voies aériennes.
  • Prévention de l'hypothermie.
  • Transmission vers la SSPI.

Prévention des infections du site opératoire (ISO)

La prévention des infections constitue une priorité lors de la pose d'une prothèse totale de hanche en raison de la présence d'un implant.

Les principales mesures préventives

  • Hygiène des mains par friction hydroalcoolique.
  • Respect strict de l'asepsie.
  • Contrôle de la stérilité des dispositifs médicaux.
  • Limitation des déplacements dans la salle d'intervention.
  • Antibioprophylaxie adaptée.
  • Maintien de la normothermie.
  • Maîtrise de la glycémie chez les patients diabétiques.
  • Traçabilité complète des implants.
Objectif
Réduire au maximum le risque d'infection du site opératoire, principale complication pouvant conduire à une reprise chirurgicale.

Installation du patient au bloc opératoire

L'installation doit garantir à la fois la sécurité du patient, le confort et un accès optimal au site opératoire.

Les étapes de l'installation

  1. Vérifier l'identité du patient.
  2. Confirmer le côté à opérer.
  3. Installer le patient sur la table opératoire.
  4. Mettre en place les dispositifs de prévention des points d'appui.
  5. Installer les bras selon les recommandations ergonomiques.
  6. Positionner la plaque du bistouri électrique si nécessaire.
  7. Mettre en place les dispositifs de réchauffement.
  8. Protéger les zones à risque de compression nerveuse.
  9. Réaliser la désinfection cutanée selon le protocole.
  10. Effectuer le champ opératoire stérile.

Objectifs de cette installation

  • Prévenir les lésions nerveuses.
  • Prévenir les escarres.
  • Limiter le risque de chute.
  • Prévenir les brûlures.
  • Garantir une exposition optimale du site opératoire.
  • Maintenir la sécurité pendant toute l'intervention.

À suivre dans la partie 3
  • Déroulement complet d'une PTH au bloc opératoire.
  • Technique chirurgicale étape par étape.
  • Surveillance peropératoire.
  • Gestion du risque hémorragique.
  • Prévention de l'hypothermie.
  • Traçabilité des implants.
  • Surveillance en SSPI.
  • Complications immédiates.

Gisèle Cabre
Formatrice IFSI IFAS

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