La GPA : est une technique de procréation médicalement assistée qui consiste à faire appel au concours d’une mère porteuse ou gestatrice le temps de la grossesse. Celle-ci va mener la gestation pour le compte d'une autre personne ou d'un autre couple (qui va idéalement fournir les gamètes). Au terme de la grossesse, le bébé sera remis à ses parents d'intention.
Dans le cadre de la gestation pour autrui totale ou complète, on pratique une fécondation in vitro (FIV)?: l’ovule de la mère d’intention ou d'une donneuse est fécondé par le sperme du futur père. L’embryon ainsi formé est alors transféré à l’utérus de la mère porteuse..
Certaines personnes soutiennent la gestation pour autrui et luttent pour sa légalisation, alors que d'autres considèrent cette technique comme un acte immoral et dangereux.
Arguments favorables à la GPA
Les défenseurs de la gestation pour autrui insistent sur le fait que les personnes qui se soumettent à un tel processus sont des personnes adultes qui agissent librement, sans contrainte et sans causer de préjudice aux droits des autres.
L'accord est volontaire et libre. La gestatrice peut faire ce qu'elle veut de son corps?: il lui appartient et elle se responsabilise de ses actes et décisions.
Ainsi conçue, la GPA serait une pratique avantageuse pour toutes les parties?:
- Les parents intentionnels
- ils réalisent leur rêve de parentalité, souvent après un parcours difficile d'échecs de traitements de fertilité qui s'est généralement prolongé entre 2 et 10 ans.
- Le nouveau-né
- il existe grâce aux parents qui ont désiré qu'il vienne au monde. Son bien-être physique et émotionnel ainsi que son éducation sont garantis par la grande implication des parents qui l'ont tant attendu.
- La mère porteuse
- elle satisfait son désir d'aider d'autres personnes et en obtient aussi un bénéfice économique (dans les cas de GPA commerciale). Beaucoup de mères porteuses estiment avoir plus de confiance et d'estime d'elles-mêmes après avoir eu un enfant pour d'autres personnes, en plus de jouir d'un développement personnel positif grâce à un acte solidaire.
Beaucoup de recherches démontrent que la séparation entre la mère et le bébé après l'accouchement ne suppose pas forcément un dommage pour l'intégrité psychique et physique du bébé et de la gestatrice.
Arguments contre la GPA
L'un des arguments mis en évidence par ceux qui n'acceptent pas la gestation pour autrui est la chosification des personnes?: l'enfant deviendrait un objet dont le destin serait décidé par contrat.
Ils considèrent que l'utilisation du corps de la femme d'un point de vue marchand, comme s'il s'agissait d'une machine ou d'une couveuse, ouvre les portes à son exploitation et possible manipulation, spécialement dans les cas où la candidate à gestatrice se trouve dans une situation économique ou familiale compliquée.
Faire de cela une affaire lucrative devient alors quelque chose de totalement immoral.
Un autre des aspects défendus par les ennemis de la gestation pour autrui est la rupture de l'attachement prénatal. Le fait de porter un enfant pour le remettre ensuite à quelqu'un d'autre rompt délibérément le lien materno-fœtal créé pendant la grossesse dans l'intérêt d'une autre personne.
Même si cet aspect n'est pas totalement clair, les opposants de la gestation pour autrui affirment que les enfants nés par le biais de cette technique souffriront à l'avenir de séquelles sociales et psychologiques qui peuvent leur causer de futurs conflits émotionnels
Conclusion
Les partisans de la pratique de cette technique de procréation assistée insistent sur le fait qu'une réglementation et un contrôle corrects diminuent les risques d'exploitation de la femme.
Il ne voient pas la GPA comme une transaction commerciale, mais comme une solution pour que les personnes avec des problèmes de fertilité puissent réaliser leur rêve d'avoir un enfant.
Dans ce sens, il est important que la motivation qui pousse les personnes impliquées ne soit pas uniquement économique afin d'éviter le marché noir et la marchandisation de la femme porteuse et de la naissance d'un nouvel être humain.
Il est également important de souligner la difficulté de contrôler la qualité et la sécurité des services, des risques étant possibles pour la mère porteuse et les bébés, en plus d'affecter certains de leurs droits en tant que personnes.
En dernier lieu, il faut mettre en évidence les problèmes associés à la filiation et à l'inscription des nouveau-nés, qui se retrouvent dans de nombreuses occasions dans une situation de vide juridique qui affecte leurs droits à l'identité.