Éthique et déontologie sont deux notions complémentaires mais distinctes, essentielles au positionnement professionnel de l'AES. Cette fiche présente leur distinction théorique, puis plusieurs approches éthiques illustrées par des situations rencontrées en établissement.
Distinction entre éthique et déontologie
Le mot déontologie désigne l'ensemble des devoirs et des obligations imposés aux membres d'un ordre ou d'une association professionnelle. Comme les règles de droit, les règles déontologiques s'appliquent de manière identique à tous les membres du groupe, dans toutes les situations de la pratique. Une autorité est chargée de les faire respecter et d'imposer des sanctions en cas de dérogation.
Il n'est pas nécessaire, pour se conformer à la déontologie, de réfléchir aux valeurs qui la sous-tendent ni même de partager ces valeurs. L'éthique, au contraire, invite le professionnel à réfléchir sur les valeurs qui motivent son action et à choisir, sur cette base, la conduite la plus appropriée.
Quatre différences fondamentales
| Critère | Déontologie | Éthique |
| Source de la contrainte |
Imposée par une autorité extérieure (règle, sanction) |
Décidée par l'individu, fait appel à l'autonomie et au sens des responsabilités |
| Définition de l'action appropriée |
Précise sur ce qu'il faut faire ou éviter dans les situations courantes |
Ne définit pas d'avance la conduite, propose une méthode réflexive, utile en cas de conflit de valeurs |
| Ouverture aux points de vue |
Distingue les obligations envers le public, le client et la profession, selon l'idéal d'un seul groupe |
Ouverte aux points de vue de toute personne ou groupe dont les valeurs ou intérêts sont touchés |
| Responsabilité des conséquences |
C'est la conformité à la règle qui compte, sans réflexion particulière sur les conséquences |
Le professionnel reste responsable des conséquences, même en se conformant à la règle |
Ces différences font de l'éthique et de la déontologie des ressources complémentaires : chacune a des forces qui compensent les limites de l'autre. Un professionnel peut, par exemple, refuser un acte simplement parce qu'une règle le lui impose ; l'éthique lui demande davantage : assumer personnellement ce choix, être capable de le justifier sur le plan des valeurs, et reconnaître l'impact de sa décision.
Les approches éthiques appliquées en établissement
Ces situations, fréquentes en EHPAD, illustrent comment différentes approches éthiques permettent d'analyser et de répondre à des dilemmes professionnels.
Approche éthique et déontologique
Une résidente atteinte de démence sévère refuse les soins d'hygiène et devient agressive lorsque le personnel tente de la laver. L'équipe, soucieuse de respecter son autonomie tout en se préoccupant de sa dignité et du risque infectieux, élabore avec la famille un compromis : intervenir uniquement en cas d'incontinence, changer ses vêtements quotidiennement, et organiser un bain hebdomadaire. La réflexion s'appuie sur le principe de réciprocité : traiter la personne comme on souhaiterait soi-même être traité.
L'approche par la vertu
Un résident évoque régulièrement ses parents, décédés, comme s'ils étaient vivants. Le personnel, refusant de lui mentir mais souhaitant lui épargner une souffrance inutile, choisit de détourner la conversation avec tact plutôt que d'affirmer ou de nier la réalité. Cette approche mobilise les vertus de compassion, de fidélité et de sagesse pratique, sans recourir au mensonge direct.
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Continuez avec les autres approches éthiques
Accédez à la suite du cours : l'approche du bien commun, l'approche d'équité, l'approche basée sur les droits et l'approche conséquentialiste, chacune illustrée par une situation vécue en EHPAD, dans le programme complet AES DC1 à DC5.