J'étais du poste du matin avec X, aide-soignante qui travaille depuis huit ans dans ce lieu de vie. Il est 7h45 lorsque nous allons dans la chambre d’un résident Monsieur S. âgé de 87 ans afin de lui faire sa toilette complète au lit.
Cette personne a perdu son autonomie et n’est pas en capacité d’effectuer seule la toilette quotidienne nécessaire à son bien-être. En effet, ce résident a eu un accident vasculaire cérébral (AVC) et, depuis, il souffre d'une hémiplégie droite et d’aphasie.
L’aide-soignante m’explique que pour communiquer, Monsieur S. a développé d’autres capacités : il est consentant aux soins lorsqu’il cligne des yeux et, il tourne la tête lorsqu’il s’y oppose. Il est donc indispensable de bien l’observer. Depuis cet accident, il est installé dans un fauteuil roulant pendant la journée.
Cette absence de mobilité a occasionné la compression des tissus mous entre le support sur lequel il est assis et ses saillies osseuses, ce qui a entrainé une escarre de stade 1 au niveau du sacrum.
Nous portons toutes les deux une blouse médicale car elle est essentielle lors d’un soin en contact avec le patient, comme ici la toilette au lit. Au préalable, nous nous désinfectons les mains et les avant-bras avec une solution hydro-alcoolique afin de prévenir la survenue d’infections associées aux soins.
La technique de lavage des mains par la friction hydro-alcoolique est rapide, efficace et pratique car il n’y a pas besoin de point d’eau équipé. Après cette procédure d’hygiène de base, nous nous approchons du lit afin d’expliquer les soins que nous allons réaliser. Monsieur S. cligne des yeux, ce qui nous indique qu’il est consentant aux soins ce matin. Nous ne portons pas de gants.
Dans un premier temps, l’aide-soignante réalise la toilette "du haut" du résident et, dans un deuxième temps, alors qu’elle s’apprête à sortir de la chambre pour aller chercher des gants en latex qui se trouvent sur le chariot dans le couloir, je m’aperçois que Monsieur S. commence à faire des selles et que la plaie au niveau du sacrum saigne.
J’avertis discrètement l’aide-soignante qui revient en ramenant la chaise toilette. Nous y installons le résident qui était constipé depuis plusieurs jours. C’est alors qu’elle enlève la protection contenant quelques selles, sans gant. Elle la dépose dans une poubelle spécifique aux déchets d’activités de soins assimilables aux ordures ménagères (DAOM).
Question 1 ;
Les gants sont-ils obligatoires? Dans le cas où le confort du patient rentre en ligne de compte, les soignants peuvent-ils (ou doivent-ils) privilégier leur bien-être au détriment des précautions standards d’hygiène?
Question 2 :
De nombreux soignants possèdent des gants dans leur poche dans cette situation n'aurai t-il pas été préférable que la soignante possède des gants dans ces poches et ainsi d'éviter le risque AES
Question 1 : Les gants sont-ils obligatoires ? Dans le cas où le confort du patient rentre en ligne de compte, les soignants peuvent-ils (ou doivent-ils) privilégier leur bien-être au détriment des précautions standards d’hygiène ?
Oui, les gants sont obligatoires dans ce type de situation. Lorsqu'il y a un risque de contact avec des liquides biologiques (selles, sang, plaies), le port de gants est une mesure essentielle pour prévenir la transmission d'infections, tant pour le soignant que pour le patient.
Le confort du patient est important, mais il ne doit jamais passer avant les précautions standard d’hygiène. Ces précautions protègent à la fois le résident (éviter qu'il attrape une autre infection) et le soignant (éviter un accident d'exposition au sang, appelé AES). Il est possible de concilier confort et précautions, par exemple en expliquant calmement au patient pourquoi les gants sont nécessaires pour sa sécurité.
Question 2 : De nombreux soignants possèdent des gants dans leur poche. Dans cette situation, n'aurait-il pas été préférable que la soignante en ait sur elle pour éviter le risque d'AES ?
Oui, il aurait été préférable que l’aide-soignante ait des gants dans sa poche ou à portée de main. Cela aurait permis de réagir rapidement sans quitter la chambre. Avoir des gants sur soi est une bonne pratique car cela évite d'interrompre le soin et de prendre des risques inutiles.
Cependant, il est important de noter que les gants doivent rester propres dans leur emballage pour éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes une source de contamination. Les gants ne doivent pas être stockés directement dans une poche, sauf s’ils sont protégés dans une petite pochette hygiénique.
En conclusion, être bien préparé, avec du matériel à proximité, est essentiel pour respecter les règles d’hygiène et la sécurité de tous.