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Étudiants IDE-AS-AES Pour les étudiants infirmier, aide soignant et AES

La relation d'aide - Module 6 DEAS Bloc 3

La relation d'aide

La relation d'aide

PLAN    

Le vécu du patient  

L’annonce de la maladie  

Les étapes de la maladie  

La relation d’aide  

Les mécanismes de défense Du patient Du soignant De la famille 

La dynamique de la relation  

Le transfert

Le contre-transfert 

Vécu du patient à l’annonce de la maladie  

La confrontation à l’annonce de la maladie correspond à : Une rupture  

Une sensation d’impuissance qui entraîne un sentiment de perte de soi  

Cette situation impose au patient de mobiliser ses ressources propres 

La crise événementielle

Face à un événement difficile, l’individu mobilise ses ressources propres et va présenter un enchaînement de réactions qui constitue une période de crise appelé « crise événementielle » 

Cette période comporte 3 phases :  

La rupture inaugurale  

La période de crise proprement dite  

Le point critique 


 

La rupture inaugurale    

Suite à l’annonce de la maladie, le patient et son entourage n’arrive pas à réaliser : 

Ils se trouvent dans un état de sidération, de choc, lié à la peur excessive, une grande anxiété,

 Ils luttent pour refuser l’évidence et mettent en place un mécanisme de défense qui évite la souffrance, le déni (sous forme d’inhibition, d’engourdissement, voire d’insensibilité émotionnelle) 

Il est important à cette étape de :  

De reconnaître l’impossibilité du psychisme humain à appréhender et assimiler en une seule fois, un fait aussi douloureux  

De respecter les défenses, ne pas les asséner des vérités puis les laisser se débrouiller, mais plutôt dire au fur et à mesure ce qu’ils peuvent entendre, dire la vérité mais aménager un soutien possible en cas de besoin  

Accepter leurs réactions même si elles sont excessives, négatives et contradictoires 


 

La période de crise à proprement dite  Prise de conscience de l’événement 

Irruption d’une détresse profonde  

Période d’incertitude, les repères sont perdus  

Réactivation : 

Angoisse de séparation, de mort

Des crises et des états de détresses antérieurs augmentent le désespoir présent    

Des mécanismes de défenses et des comportements différents peuvent se succéder  

Les mécanismes de défenses les plus courants sont : 

L’agressivité : attaque = mise à distance de l’angoisse 

La régression : fuite = repli sur soi, dépendance La dépression 

La dénégation : refus d’une réalité insupportable  

A cette étape, il est nécessaire : 

Instaurer une écoute empathique pour permettre au patient d’exprimer son ressenti face à la maladie, mettre des mots sur l’indicible Accepter et respecter l’expression émotionnelle : pleurs, angoisse… 

C’est l’absence de manifestation qui est inquiétante 


 

Point critique    

Étape de dénouement    

Intégration et « acceptation » de la maladie = nouvel équilibre, nouveaux repères    

Reconstruction de la dynamique personnelle et familiale autour et avec la maladie    

Certains restent dans une demande de réparation, de restitution = « reconstruction pathologique » 

 

Le travail de deuil  
 
Freud : « Le deuil est un travail intérieur psychique d’intégration de la perte » 
 
Un mouvement régressif = un état dépressif réactionnel  
 
Des bouleversements pour :

  • Accepter de passer d’un état à l’autre Þ Renoncer à la situation présente
  • Prendre conscience des faits 
  • Percevoir des limites de la vie humaine 

 

Vécu psychique du patient en fin de vie  
 
Élizabeth Kübler-Ross, dans « La mort, dernière étape de la conscience », décrit les « stades du mourir » qui correspondent aux sentiments éprouvés par ceux qui s’acheminent vers la fin de leur vie  
 

  • Dénégation (choc) : « Non pas moi »
  • Colère (émotion) : « Pourquoi moi ? »
  • Marchandage : « Oui moi, mais… »
  • Dépression préparatoire : « Oui moi »
  • Acceptation : « Mon heure est arrivée » 

 

La relation d’aide  

La relation entre le patient et le soignant s’établit de façon dynamique avec le vécu de chacun  

La relation soignant-soigné est une relation d’attente et d’espérance mutuelle : 

  • Le malade attend soulagement de sa souffrance et même guérison 
  • Le soignant attend la reconnaissance de son malade, la vérification de son pouvoir réparateur, et de la justesse de ses vues 

Il existe deux grands types de relation d’aide  

Type de relation 

La relation d’aide naturelle que l’on pratique au quotidien sans s’en rendre compte  = La sympathie  

La relation d’aide exercées par des professionnels  = L’empathie 

 

 

 

Sympathie/Empathie

Définitions :  
 

  • La sympathie : qualifie un partage de sentiments sans différenciation. Sentiment de communauté  
  • Empathie : qualifie une capacité à éprouver et ressentir les affects de son interlocuteur, sans pour cela les partager.  

 

L’écoute active  
 
Écouter attentivement une personne c’est :

  • Être attentif face à elle  
  • La regarder
  • Écouter son discours sans jugement  
  • Porter attention à son comportement non verbal  
  • L’invité à parler, préciser
  • Reformuler ce que je perçois qu’elle ressent  

Les conditions de l’écoute  
La croyance du discours du patient  
L’authenticité  
La connaissance de soi  
L’attention et l’affection 

 

La communication non verbale  
1. Le contact visuel :

le regard

2. Le langage corporel :

  • Les distances (intime, personnelle, sociale, publique)
  • Les positions physiques  
  • Les jeux de physionomie  

3. L’invitation à poursuivre

4. Le silence = porteur de signification  

5. Les sanglots :

les pleurs  

6. Le toucher 

 

Les mécanismes réactionnels de défense  
 
Lors de la maladie, ils servent à :  

  • Lutter contre la menace de mort  
  • S’adapter en retrouvant l’équilibre  

Ces mécanismes psychiques de protection :  

  • Sont inconscients  
  • Sont utiles pour faire face
  • Peuvent fluctuer  
  • Doivent être respectés 

Le déni  
 
La déni, négation de la réalité d’un fait dont les motivations profondes sont jugées inacceptables. De fausses bonnes raisons sont données pour expliquer un comportement. Le sujet nie l’évidence, c’est une façon de fuir la peur, de se protéger d’un risque d’effondrement.  
 
Exemple : Un patient qui a un diabète et qui continue à s'alimenter contrairement aux consignes données.  Un mari qui a sa femme en stade terminal qui se comporte comme s’il ne réalisait pas. 


La projection  
 
La projection, mécanisme par lequel la personne attribue à autrui ses propres désirs, besoins, sentiments et pensées inavouables à ses yeux. Le sujet prête à autrui un sentiment qu’il refuse de reconnaître comme sien.  
 
Exemple : Un soignant qui déteste une collègue et qui dit « elle me déteste » Un père qui ressent de l’agressivité envers les femmes et qui accuse les soignantes d’être brusques avec son enfant 

L’identification  
 
L’identification, c’est l’opposé de la projection, consiste à adopter des caractéristiques appartenant à un autre individu, à s’approprier la puissance prêtée à autrui. 
 
C’est le processus formateur de la personnalité, le mécanisme de défense essentiel de la formation et du fonctionnement des groupes  

Le refoulement  
 
Le refoulement est le mécanisme de défense essentiel, le plus fréquent, le premier décrit par Freud. 
 
Un souvenir, un désir, une émotion, une idée pénible ou dangereuse ne sont pas acceptées par la conscience, le sujet les repousse et les maintient dans les zones inconscientes du psychisme. 
 
Le retour du refoulé peut se faire à travers une série de manifestation telles que les lapsus qui sont des actes symptomatiques 
 
Exemple : Une mère qui refoule son agressivité vis-à-vis d’un enfant non désiré et en plus handicapé, qui l’empêche de continuer sa carrière professionnelle 

Le déplacement  
 
Le déplacement, un sentiment (généralement de l’agressivité ou de l’hostilité) est déplacé sur un substitut neutre ou moins dangereux.  
 
Exemple : un parent qui manifeste de l’agressivité envers un soignant paramédical alors qu’il est insatisfait de la prestation médicale 
 
Une soignante qui en veut à sa surveillante qui va être agressive en rentrant chez elle avec son mari  

La compensation  
 
La compensation, mécanisme par lequel une personne qui se sent déficiente dans un aspect de sa personne tente de se surpasser dans un autre domaine.  
 
Exemple : un enfant malade avec des problèmes physiques importants qui parvient à une bonne réussite scolaire. 

Le clivage  
 
Coexistence de deux sentiments opposés, où l’un tient compte de la réalité et l’autre déni cette réalité 
 
Exemple: coexistence de l’espoir et du désespoir chez un patient en fin de vie

 

Les attitudes de défense du patient  
 
Le déplacement : focalisation d’une émotion sur un élément substitutif 
 
Les rites obsessionnels : tentatives de maîtrise à travers un contrôle scrupuleux  
 
Le « clivage du moi » : cohabitation entre espoir et désespoir authentiques 
 
L’agressivité : révolte, hostilité, méfiance, imprudence  
 
La régression : repli sur soi, soumission, dépendance 

Les réponses adaptatives des soignants 
 
Le mensonge : fausser la vérité sur la nature ou la gravité de la pathologie  
 
La banalisation : mettre en avant la douleur physique en occultant la souffrance psychique  
 
L’esquive : dévier la conversation  
 
La fausse réassurance : optimiser les résultats pour entretenir un espoir   
 
L’évitement : réduire au minimum le contact 
 
La dérision : transformer la réalité en dérision pour fuir la réalité insupportable  
 
La fuite en avant : s’empresser de tout dire pour se décharger 

 

Le vécu de la famille  
 
La maladie bouleverse la famille toute entière, il peut être responsable de :  

  •  L’isolement sociale  
  • La discorde familiale
  • Le désaccord conjugal  
  • Le changement des rôles domestiques  

Les mécanismes de défense de la famille  
 
Implication ++ au niveau des soins = tentative de maîtrise  
 
Focalisation sur un symptôme mineur, un élément substitutif = déplacement de l’angoisse 
 
Culpabilité du survivant  
 
Sublimation en restant combative face à la mort  
 
Clivage entre deuil anticipé et déni de la mort entre espoir et désespoir 

Il est important de pouvoir repérer les mécanismes de défense du patient, de sa famille et de soi-même afin d’instaurer une relation professionnelle et non personnelle 

 

La dynamique de la relation

Le transfert 
 
Correspond à la projection du vécue émotionnel du patient sur le soignant  
 
Il révèle donc au patient, par la relation affective que celui-ci établit avec le soignant, tout un ensemble inconscient d’attitudes amicales ou hostiles établies dans son enfance  
 
Le contre-transfert 
 
Correspond à la réaction inconsciente du soignant vis-à-vis de son patient  
 
La place à laquelle le patient met le soignant va venir faire écho à l’histoire du soignant  
 
Les projections du patient sur le soignant vont réactiver la problématique du soignant  

Le travail d’accompagnement  
 
« Accompagner quelqu’un, ce n’est pas le précéder, lui indiquer la route, lui imposer un itinéraire, ni même connaître la direction qu’il va prendre ; c’est marcher à ses côtés en le laissant libre de choisir son chemin et le rythme de son pas » P. Verspieren 
 
Il ne s’agit plus de faire mais d’être avec le patient (ses doutes, ses peurs, sa tristesse), de vivre dans l’instant.  

 

a) Qu'est-ce-que la relation d'aide ?

« C'est une interaction entre deux personnes, le patient et le soignant, tous deux contribuant personnellement à la recherche et à la satisfaction et d'un besoin d'aide. Cela signifie que l'intervenant adopte une façon d'être et de faire et la communique de façon verbale et non verbale en fonctions des buts poursuivis. Ces buts sont à la fois liés à la demande du patient et à la compréhension que celui-ci à de ses difficultés »*.

b) Le rôle du soignant dans la relation d'aide.

Avant d'aller plus loin, il faut souligner le fait que cet outil peut non seulement être utilisé par l'aide soignante, l'infirmière, mais peut être également utile aux médecins, kinésithérapeute, psychologue... . Le rôle du soignant est d'aider le patient à avoir accès à ses processus internes et à les utiliser afin de connaitre au mieux son environnement ainsi que ses sentiments et ses besoins personnels. 

c) Pourquoi se servir de la relation d'aide ?

Pour plusieurs raisons, à savoir :

- Établir un contact physique et affectif avec le patient.

- Instaurer la confiance, un soutien chaleureux, le respect.

- Lui faire comprendre qu'il est compris et entendu.

- S'assurer que l'expérience relationnelle réponds aux attentes du patient et qu'elle à eu un impact positif sur sa situation.

- Faire en sorte que l'expérience relationnelle contribue aux effets thérapeutiques attendus.

- Servir de moyen thérapeutique privilégié afin de mieux comprendre les relations traumatisantes passées.

Comment utiliser la relation d'aide afin qu'elle ait un impact positif sur le patient ?

Pour répondre aux besoins du patient  et ainsi utiliser la relation d'aide à bon escient, l'aide soignante doit suivre des « étapes »bien spécifiques :

a) Avoir une bonne attitude lors des entretiens.

- Ne pas avoir de jugement de valeur : c'est-à dire avoir une attitude inconditionnelle positive. Car, en ayant des jugements de valeurs, l'aide soignante risque de rendre le patient furieux .

- Pas d `interprétation ni d'interventionnisme.

- Avoir de la congruence dans les entretiens.

- Tenir compte du vécu du patient.

- Utiliser ses connaissances théoriques.

- Connaitre son rôle et se connaitre parfaitement.

- S'observer et observer les réactions du patient.

b) Permettre au patient de s'exprimer et l'aider à prendre conscience de son comportement.

Le fait d'exprimer ce qu'il ressent permettra au patient d'évacuer les tensions qu'il a en lui. Il pourra donc se décharger d'un poids lourds « Parler, c'est se soulager », mettre des mots sur ce qu'il vit ou pense et pourra également faire une clarification par rapport à lui-même. 

De plus, le rôle en tant qu'aide soignante est d'aider le patient . l'aide soignante dois amener le patient au cours des entretiens à faire des liens entre son problème et sa façon d'agir et de penser. Cela lui permettra d'avoir un autre regard sur lui-même, et il pourra comprendre pourquoi il pense et agit comme il le fait à chaque situation difficile. N'oublions pas les limites de l'aide soignante : c'est une aidante et une soutenante. Il faudra donc aider le patient à une prise de décision menant à une solution.

Programme DEAS module 6

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