La relation d'aide
PLAN
Le vécu du patient
L’annonce de la maladie
Les étapes de la maladie
La relation d’aide
Les mécanismes de défense Du patient Du soignant De la famille
La dynamique de la relation
Le transfert
Le contre-transfert
Vécu du patient à l’annonce de la maladie
La confrontation à l’annonce de la maladie correspond à : Une rupture
Une sensation d’impuissance qui entraîne un sentiment de perte de soi
Cette situation impose au patient de mobiliser ses ressources propres
La crise événementielle
Face à un événement difficile, l’individu mobilise ses ressources propres et va présenter un enchaînement de réactions qui constitue une période de crise appelé « crise événementielle »
Cette période comporte 3 phases :
La rupture inaugurale
La période de crise proprement dite
Le point critique
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La rupture inaugurale
Suite à l’annonce de la maladie, le patient et son entourage n’arrive pas à réaliser :
Ils se trouvent dans un état de sidération, de choc, lié à la peur excessive, une grande anxiété,
Ils luttent pour refuser l’évidence et mettent en place un mécanisme de défense qui évite la souffrance, le déni (sous forme d’inhibition, d’engourdissement, voire d’insensibilité émotionnelle)
Il est important à cette étape de :
De reconnaître l’impossibilité du psychisme humain à appréhender et assimiler en une seule fois, un fait aussi douloureux
De respecter les défenses, ne pas les asséner des vérités puis les laisser se débrouiller, mais plutôt dire au fur et à mesure ce qu’ils peuvent entendre, dire la vérité mais aménager un soutien possible en cas de besoin
Accepter leurs réactions même si elles sont excessives, négatives et contradictoires
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La période de crise à proprement dite Prise de conscience de l’événement
Irruption d’une détresse profonde
Période d’incertitude, les repères sont perdus
Réactivation :
Angoisse de séparation, de mort
Des crises et des états de détresses antérieurs augmentent le désespoir présent
Des mécanismes de défenses et des comportements différents peuvent se succéder
Les mécanismes de défenses les plus courants sont :
L’agressivité : attaque = mise à distance de l’angoisse
La régression : fuite = repli sur soi, dépendance La dépression
La dénégation : refus d’une réalité insupportable
A cette étape, il est nécessaire :
Instaurer une écoute empathique pour permettre au patient d’exprimer son ressenti face à la maladie, mettre des mots sur l’indicible Accepter et respecter l’expression émotionnelle : pleurs, angoisse…
C’est l’absence de manifestation qui est inquiétante
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Point critique
Étape de dénouement
Intégration et « acceptation » de la maladie = nouvel équilibre, nouveaux repères
Reconstruction de la dynamique personnelle et familiale autour et avec la maladie
Certains restent dans une demande de réparation, de restitution = « reconstruction pathologique »
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Le travail de deuil
Freud : « Le deuil est un travail intérieur psychique d’intégration de la perte »
Un mouvement régressif = un état dépressif réactionnel
Des bouleversements pour :
- Accepter de passer d’un état à l’autre Þ Renoncer à la situation présente
- Prendre conscience des faits
- Percevoir des limites de la vie humaine
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Vécu psychique du patient en fin de vie
Élizabeth Kübler-Ross, dans « La mort, dernière étape de la conscience », décrit les « stades du mourir » qui correspondent aux sentiments éprouvés par ceux qui s’acheminent vers la fin de leur vie
- Dénégation (choc) : « Non pas moi »
- Colère (émotion) : « Pourquoi moi ? »
- Marchandage : « Oui moi, mais… »
- Dépression préparatoire : « Oui moi »
- Acceptation : « Mon heure est arrivée »
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La relation d’aide
La relation entre le patient et le soignant s’établit de façon dynamique avec le vécu de chacun
La relation soignant-soigné est une relation d’attente et d’espérance mutuelle :
- Le malade attend soulagement de sa souffrance et même guérison
- Le soignant attend la reconnaissance de son malade, la vérification de son pouvoir réparateur, et de la justesse de ses vues
Il existe deux grands types de relation d’aide
Type de relation
La relation d’aide naturelle que l’on pratique au quotidien sans s’en rendre compte = La sympathie
La relation d’aide exercées par des professionnels = L’empathie
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Sympathie/Empathie
Définitions :
- La sympathie : qualifie un partage de sentiments sans différenciation. Sentiment de communauté
- Empathie : qualifie une capacité à éprouver et ressentir les affects de son interlocuteur, sans pour cela les partager.
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L’écoute active
Écouter attentivement une personne c’est :
- Être attentif face à elle
- La regarder
- Écouter son discours sans jugement
- Porter attention à son comportement non verbal
- L’invité à parler, préciser
- Reformuler ce que je perçois qu’elle ressent
Les conditions de l’écoute
La croyance du discours du patient
L’authenticité
La connaissance de soi
L’attention et l’affection
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La communication non verbale
1. Le contact visuel :
le regard
2. Le langage corporel :
- Les distances (intime, personnelle, sociale, publique)
- Les positions physiques
- Les jeux de physionomie
3. L’invitation à poursuivre
4. Le silence = porteur de signification
5. Les sanglots :
les pleurs
6. Le toucher
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Les mécanismes réactionnels de défense
Lors de la maladie, ils servent à :
- Lutter contre la menace de mort
- S’adapter en retrouvant l’équilibre
Ces mécanismes psychiques de protection :
- Sont inconscients
- Sont utiles pour faire face
- Peuvent fluctuer
- Doivent être respectés
Le déni
La déni, négation de la réalité d’un fait dont les motivations profondes sont jugées inacceptables. De fausses bonnes raisons sont données pour expliquer un comportement. Le sujet nie l’évidence, c’est une façon de fuir la peur, de se protéger d’un risque d’effondrement.
Exemple : Un patient qui a un diabète et qui continue à s'alimenter contrairement aux consignes données. Un mari qui a sa femme en stade terminal qui se comporte comme s’il ne réalisait pas.
La projection
La projection, mécanisme par lequel la personne attribue à autrui ses propres désirs, besoins, sentiments et pensées inavouables à ses yeux. Le sujet prête à autrui un sentiment qu’il refuse de reconnaître comme sien.
Exemple : Un soignant qui déteste une collègue et qui dit « elle me déteste » Un père qui ressent de l’agressivité envers les femmes et qui accuse les soignantes d’être brusques avec son enfant
L’identification
L’identification, c’est l’opposé de la projection, consiste à adopter des caractéristiques appartenant à un autre individu, à s’approprier la puissance prêtée à autrui.
C’est le processus formateur de la personnalité, le mécanisme de défense essentiel de la formation et du fonctionnement des groupes
Le refoulement
Le refoulement est le mécanisme de défense essentiel, le plus fréquent, le premier décrit par Freud.
Un souvenir, un désir, une émotion, une idée pénible ou dangereuse ne sont pas acceptées par la conscience, le sujet les repousse et les maintient dans les zones inconscientes du psychisme.
Le retour du refoulé peut se faire à travers une série de manifestation telles que les lapsus qui sont des actes symptomatiques
Exemple : Une mère qui refoule son agressivité vis-à-vis d’un enfant non désiré et en plus handicapé, qui l’empêche de continuer sa carrière professionnelle
Le déplacement
Le déplacement, un sentiment (généralement de l’agressivité ou de l’hostilité) est déplacé sur un substitut neutre ou moins dangereux.
Exemple : un parent qui manifeste de l’agressivité envers un soignant paramédical alors qu’il est insatisfait de la prestation médicale
Une soignante qui en veut à sa surveillante qui va être agressive en rentrant chez elle avec son mari
La compensation
La compensation, mécanisme par lequel une personne qui se sent déficiente dans un aspect de sa personne tente de se surpasser dans un autre domaine.
Exemple : un enfant malade avec des problèmes physiques importants qui parvient à une bonne réussite scolaire.
Le clivage
Coexistence de deux sentiments opposés, où l’un tient compte de la réalité et l’autre déni cette réalité
Exemple: coexistence de l’espoir et du désespoir chez un patient en fin de vie
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Les attitudes de défense du patient
Le déplacement : focalisation d’une émotion sur un élément substitutif
Les rites obsessionnels : tentatives de maîtrise à travers un contrôle scrupuleux
Le « clivage du moi » : cohabitation entre espoir et désespoir authentiques
L’agressivité : révolte, hostilité, méfiance, imprudence
La régression : repli sur soi, soumission, dépendance
Les réponses adaptatives des soignants
Le mensonge : fausser la vérité sur la nature ou la gravité de la pathologie
La banalisation : mettre en avant la douleur physique en occultant la souffrance psychique
L’esquive : dévier la conversation
La fausse réassurance : optimiser les résultats pour entretenir un espoir
L’évitement : réduire au minimum le contact
La dérision : transformer la réalité en dérision pour fuir la réalité insupportable
La fuite en avant : s’empresser de tout dire pour se décharger
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Le vécu de la famille
La maladie bouleverse la famille toute entière, il peut être responsable de :
- L’isolement sociale
- La discorde familiale
- Le désaccord conjugal
- Le changement des rôles domestiques
Les mécanismes de défense de la famille
Implication ++ au niveau des soins = tentative de maîtrise
Focalisation sur un symptôme mineur, un élément substitutif = déplacement de l’angoisse
Culpabilité du survivant
Sublimation en restant combative face à la mort
Clivage entre deuil anticipé et déni de la mort entre espoir et désespoir
Il est important de pouvoir repérer les mécanismes de défense du patient, de sa famille et de soi-même afin d’instaurer une relation professionnelle et non personnelle
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La dynamique de la relation
Le transfert
Correspond à la projection du vécue émotionnel du patient sur le soignant
Il révèle donc au patient, par la relation affective que celui-ci établit avec le soignant, tout un ensemble inconscient d’attitudes amicales ou hostiles établies dans son enfance
Le contre-transfert
Correspond à la réaction inconsciente du soignant vis-à-vis de son patient
La place à laquelle le patient met le soignant va venir faire écho à l’histoire du soignant
Les projections du patient sur le soignant vont réactiver la problématique du soignant
Le travail d’accompagnement
« Accompagner quelqu’un, ce n’est pas le précéder, lui indiquer la route, lui imposer un itinéraire, ni même connaître la direction qu’il va prendre ; c’est marcher à ses côtés en le laissant libre de choisir son chemin et le rythme de son pas » P. Verspieren
Il ne s’agit plus de faire mais d’être avec le patient (ses doutes, ses peurs, sa tristesse), de vivre dans l’instant.
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a) Qu'est-ce-que la relation d'aide ?
« C'est une interaction entre deux personnes, le patient et le soignant, tous deux contribuant personnellement à la recherche et à la satisfaction et d'un besoin d'aide. Cela signifie que l'intervenant adopte une façon d'être et de faire et la communique de façon verbale et non verbale en fonctions des buts poursuivis. Ces buts sont à la fois liés à la demande du patient et à la compréhension que celui-ci à de ses difficultés »*.
b) Le rôle du soignant dans la relation d'aide.
Avant d'aller plus loin, il faut souligner le fait que cet outil peut non seulement être utilisé par l'aide soignante, l'infirmière, mais peut être également utile aux médecins, kinésithérapeute, psychologue... . Le rôle du soignant est d'aider le patient à avoir accès à ses processus internes et à les utiliser afin de connaitre au mieux son environnement ainsi que ses sentiments et ses besoins personnels.
c) Pourquoi se servir de la relation d'aide ?
Pour plusieurs raisons, à savoir :
- Établir un contact physique et affectif avec le patient.
- Instaurer la confiance, un soutien chaleureux, le respect.
- Lui faire comprendre qu'il est compris et entendu.
- S'assurer que l'expérience relationnelle réponds aux attentes du patient et qu'elle à eu un impact positif sur sa situation.
- Faire en sorte que l'expérience relationnelle contribue aux effets thérapeutiques attendus.
- Servir de moyen thérapeutique privilégié afin de mieux comprendre les relations traumatisantes passées.
Comment utiliser la relation d'aide afin qu'elle ait un impact positif sur le patient ?
Pour répondre aux besoins du patient et ainsi utiliser la relation d'aide à bon escient, l'aide soignante doit suivre des « étapes »bien spécifiques :
a) Avoir une bonne attitude lors des entretiens.
- Ne pas avoir de jugement de valeur : c'est-à dire avoir une attitude inconditionnelle positive. Car, en ayant des jugements de valeurs, l'aide soignante risque de rendre le patient furieux .
- Pas d `interprétation ni d'interventionnisme.
- Avoir de la congruence dans les entretiens.
- Tenir compte du vécu du patient.
- Utiliser ses connaissances théoriques.
- Connaitre son rôle et se connaitre parfaitement.
- S'observer et observer les réactions du patient.
b) Permettre au patient de s'exprimer et l'aider à prendre conscience de son comportement.
Le fait d'exprimer ce qu'il ressent permettra au patient d'évacuer les tensions qu'il a en lui. Il pourra donc se décharger d'un poids lourds « Parler, c'est se soulager », mettre des mots sur ce qu'il vit ou pense et pourra également faire une clarification par rapport à lui-même.
De plus, le rôle en tant qu'aide soignante est d'aider le patient . l'aide soignante dois amener le patient au cours des entretiens à faire des liens entre son problème et sa façon d'agir et de penser. Cela lui permettra d'avoir un autre regard sur lui-même, et il pourra comprendre pourquoi il pense et agit comme il le fait à chaque situation difficile. N'oublions pas les limites de l'aide soignante : c'est une aidante et une soutenante. Il faudra donc aider le patient à une prise de décision menant à une solution.