Unité d'Hèbergement Renforcée mode d'emploi

Ajouté par soignantenehpad le 30/04/2011 11:14:00

Critères d’admissibilite des malades alzheimer ou apparentés en vue de l’ouverture d’une unité d’hébergement renforcée (UHR)

en unité de soins de longue durée (USLD) ou en EHPAD

L’unité d’hébergement renforcée (UHR), d’une capacité de 12 à 14 résidents dans les EHPAD médico-sociaux, est un lieu de vie et de soins qui fonctionne nuit et jour. Il propose

sur un même lieu l’hébergement, les soins, les activités sociales et thérapeutiques pour des résidents ayant des troubles du comportement sévères.

L’UHR est un lieu d’hébergement séquentiel pour ces personnes.

L’UHR accueille des personnes venant du domicile, de l’USLD ou de l’EHPAD dans lequel est situé l’UHR ou d’un autre établissement.

 

Les UHR hébergent des résidents :

  •  souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée1112, compliquée de symptômes psycho-comportementaux sévères qui altèrent la sécurité et la qualité de vie de la personne et

des autres résidents,

 

L’admission dans ces unités est une démarche qui consiste à élaborer un projet de vie entre une personne, sa famille ou ses proches et une équipe soignante, après avis du médecin coordonnateur et sous la responsabilité administrative d’un directeur d’établissement.

 Le NPI-ES est validé par le médecin coordonnateur de l’EHPAD ou le médecin de l’USLD après une réflexion menée dans le cadre d’une équipe soignante pluridisciplinaire.

 

unités d’hébergement renforcées (UHR)

L’établissement dispose, en interne ou en provenance d’un autre établissement, d’au moins 12 malades éligibles.

 Sont éligibles à une UHR les malades :

  • Ayant une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée (critères DSM IV, NINCDS-ADRDA)
  • Et des troubles du comportement sévères mesurés par un score strictement supérieur à 7 à un des items de l’échelle NPI-ES concernant seulement les troubles perturbateurs suivants :

idées délirantes,

hallucinations,

agitation/agressivité,

désinhibition,

exaltation de l’humeur/euphorie,

irritabilité/instabilité de l’humeur,

comportement moteur aberrant,

  • Et avec une l’échelle de retentissement du NPI-ES à 5, éventuellement 4 lors de 2 évaluations au cours du mois précédent
  • Et mobiles, c'est-à-dire capables de se déplacer seul, y compris en fauteuil roulant.
  • Et n’ayant pas de syndrome confusionnel (défini par la HAS :  « Confusion aiguë chez la personne âgée : prise en charge initiale de l’agitation » - Mai 2009)

 

Les critères de sortie d’un malade de l’UHR sont les suivants:

  • La personne est confinée au lit ou fauteuil
  • Les troubles du comportement ont diminué de façon significative : tous les critères du NPI-ES sont inférieurs à 3 pendant un mois.

 

 

CRITERES D’ADMISSION ET MODALITES

Il convient qu’au préalable :

  •  le diagnostic ait été posé et son annonce faite ;
  •  le consentement de la personne ait été activement recherché ;
  • l’évaluation des troubles du comportement ait été réalisée.

Pour les EHPAD, les critères d’admission et de sortie de l’unité d’hébergement renforcée sont inscrits dans le contrat de séjour et le livret d’accueil en précise les modalités

de fonctionnement.

Pour les USLD, le livret d’accueil précise les critères d’admission et de sortie de l’UHR et les modalités de son fonctionnement.

 

L’entrée et la sortie de l’unité font l’objet d’une validation :

  • en EHPAD par le médecin coordonnateur en liaison avec le médecin traitant,
  • en USLD par le médecin de l’unité.

L’adhésion de la famille ou de l’entourage proche est activement recherchée par l’équipe soignante de l’unité pour la mise en oeuvre du projet de vie et de soins.

La famille ou l’entourage est informée des modalités de prise en charge du résident lors d’un entretien qui fera l’objet d’un compte rendu.

Il est organisé au moins une fois par trimestre une réunion des familles (indépendamment des réunions du Conseil de la vie sociale en EHPAD), si possible avec la présence de représentants

d’associations de malades et de familles.

 

REORIENTATION DES RESIDENTS

La diminution ou la disparition des troubles du comportement pendant une période suffisamment longue pour être compatible avec le retour dans une unité traditionnelle constituent un des

critères de sortie de l’UHR.

La décision de sortie de l’UHR sera prise en réunion d’équipe pluridisciplinaire, sur avis, en EHPAD, du médecin coordonnateur en lien avec le médecin traitant ou, en USLD, du

médecin de l’unité, après information et recherche de consentement de la personne malade et en concertation avec la famille ou l’entourage proche. Cette décision fera l’objet d’une

formalisation écrite.

 

 

PROJET DE L’UNITE D’HEBERGEMENT RENFORCEE

Le projet spécifique de l’UHR prévoit les modalités de fonctionnement de l’unité qui répond obligatoirement aux critères suivants :

L’accompagnement à effet thérapeutique

L’unité propose des activités individuelles ou collectives qui concourent :

  • au maintien ou à la réhabilitation des capacités fonctionnelles restantes (ergothérapie, cuisine, activités physiques, …)
  •  au maintien ou à la réhabilitation des fonctions cognitives restantes (stimulation mémoire, jardinage, …)
  • à la mobilisation des fonctions sensorielles (stimulation, musicothérapie,…)
  • au maintien du lien social des résidents, (repas, art-thérapie,…)

Les activités seront proposées pour des groupes homogènes de résidents selon la nature des troubles du comportement (perturbateurs ou non).

Chaque type d’activité est organisé au moins une fois par semaine, y compris le week-end.

 

 Les modalités d’accompagnement et de soins appropriés

Les principales techniques énoncées ci-dessous, qui constituent le projet d’accompagnement et de soins, font l’objet d’un protocole qui sera suivi et évalué :

  •  la prise en charge des troubles du comportement lors de la toilette, de la prise des repas,…;
  • le suivi de l’évolution de la maladie et de l’apparition de nouveaux symptômes ;
  •  les stratégies alternatives à la contention ;
  • la bonne utilisation des thérapeutiques sédatives ;
  •  la prise en charge en fin de vie des malades Alzheimer ou atteints de maladie apparentée ;
  • la transmission des informations entre les différentes équipes.

Les activités thérapeutiques organisées par l’ergothérapeute et/ou le psychomotricien nécessitent une prescription médicale.

 

 Un accompagnement personnalisé de vie et de soins

Dans le cas d’un transfert d’un résident d’une unité traditionnelle vers l’UHR, il convient de s’assurer notamment que l’histoire de vie de la personne, ses habitudes de vie quotidienne

(horaires de repas, de sommeil…) ainsi que ses goûts ont été recueillis afin de construire le projet personnalisé d’accompagnement et de soins. S’il s’agit d’une admission directe, ce

recueil d’informations est à réaliser auprès de l’entourage et du médecin traitant. Cet accompagnement s’intègre dans le projet de vie de la personne au sein de l’établissement ;

il précise:

  • le rythme de vie de la personne, y compris la nuit ;
  • les habitudes de vie lors des repas, de la toilette, des sorties… ;
  • les activités thérapeutiques qui lui sont nécessaires ;
  • les événements à signaler à la famille ;
  •  la surveillance de l’état de santé : poids, comorbidité et problèmes de santé intercurrents, effets indésirables des médicaments…

Le projet personnalisé est régulièrement réévalué et adapté en fonction des besoins de la personne sous la responsabilité du médecin coordonnateur ou du médecin de

l’unité en lien

avec l’infirmier de l’UHR.

Les résidents qui ont des difficultés pour dormir la nuit bénéficient d’un accompagnement approprié.

La synthèse et la transmission des informations14 concernant le résident sont mentionnées dans un dossier .

 

Les transmissions d’équipe

Une procédure de signalement des évènements et des situations complexes est mise en place.

Lors de la sortie du résident de l’UHR vers son unité d’origine ou son domicile, l’équipe del’UFR s’assure de la transmission de toutes les informations nécessaires pour une bonne

prise en charge du malade par la nouvelle équipe soignante.

 

 

 LE PERSONNEL SOIGNANT INTERVENANT DANS L’UNITE

 La qualité des professionnels

Le médecin de l’unité, ou le médecin coordonnateur dans les EHPAD, constitue le pivot de l’équipe et permet de coordonner et de suivre le projet de soins et de vie spécifique de l’unité.

Des réunions sont organisées en vue d’étudier les situations complexes. Les décisions prises font l’objet d’une formalisation écrite.

L’accès à un avis psychiatrique est recherché.

L’unité d’hébergement renforcée dispose :

  • d’un temps de médecin (pour les EHPAD, le médecin coordonnateur peut assurer cettemission) ;
  • d’un temps d’infirmier ;
  •  d’un temps de psychomotricien ou d’ergothérapeute ;
  • d’un temps d’assistant de soins en gérontologie ;
  • d’un temps de personnel soignant la nuit ;
  • d’un temps de psychologue pour les résidents, les aidants et les équipes.

 

 La formation du personnel 

Les professionnels intervenant au sein de l’UHR sont formés :

  •  à l’utilisation des outils d’évaluation (NPI-ES et échelle d’agitation de Cohen-Mansfield) ;
  •  aux techniques d’observation et d’analyse des comportements ;
  • aux techniques de soins et de communication adaptées aux malades d’Alzheimer ou atteints de maladie apparentée ;
  •  à la prise en charge des troubles du comportement (notamment aux stratégies non médicamenteuses de gestion des symptômes psycho-comportementaux).

De façon générale, l’ensemble du personnel intervenant dans l’unité est formé, notamment à la prise en charge des troubles du comportement perturbateurs liés à la maladie.

L’ensemble du personnel est sensibilisé à cet accompagnement afin de permettre la prise en charge des personnes, à la sortie de l’UHR, dans les meilleures conditions.

 

 LA COORDINATION DES DIFFERENTS SERVICES

La prise en charge des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée avec des troubles du comportement sévères nécessite la mise en place d’une

coordination active entre différentes structures sanitaires et médico-sociales sous l’impulsiondu médecin coordonnateur en EHPAD et du médecin de l’unité en USLD.

En fonction de l’offre disponible sur le territoire, l’établissement qui crée une unité d’hébergement renforcée dispose d’une convention de partenariat avec :

  •  une équipe psychiatrique publique ou privée,
  • les partenaires de la filière gériatrique (service de court séjour gériatrique, unité cognitivo-comportementale, équipe mobile de gériatrie, …),
  • un ou d’autres EHPAD ou USLD.

 

 

 L’ENVIRONNEMENT ARCHITECTURAL DES UNITES D’HEBERGEMENT RENFORCEES

L’environnement architectural doit être le support du projet de soins et d’activités adaptés énoncé ci-dessus. Il doit répondre à 3 objectifs :

  • créer pour les résidents un environnement confortable, rassurant et stimulant18,
  • procurer aux personnels un environnement de travail ergonomique et agréable,
  • offrir des lieux de vie sociale pour le groupe et permettant d’y accueillir les familles.

 

 Généralités concernant un environnement architectural sûr et rassurant pour une unitéd’hébergement renforcée

L’UHR, conçue pour héberger 12 à 14 résidents, est à la fois un lieu de vie, de soins et d’activités.

La sécurité des résidents qui est assurée en premier lieu par l’attention du personnel est par ailleurs facilitée par la conception architecturale de l’unité qui évite le

sentiment d’enfermement.

La mise en place de mesures de sécurité ne doit pas aller à l’encontre de la liberté d’aller et venir au sein de l’unité des personnes accueillies ainsi que l’énoncent les règles éthiques en

matière de prise en charge des malades Alzheimer, mais bien entendu dans le respect des normes de sécurité en vigueur. Cette recherche de sécurité doit permettre de conserver le

caractère accueillant de la structure.

L’unité dispose :

  • d’une entrée adaptée,
  • d’espaces privés,
  • d’un espace repas avec office,
  •  d’un espace salon dédié au repos et à certaines activités collectives,
  • d’une salle de bain/bien-être,
  • d’au moins un espace d’activités adaptées,
  •  de deux w.c,
  • des locaux de service nécessaires au fonctionnement de l’unité,
  • d’un jardin ou d’une terrasse.

La conception architecturale de l’unité qui traduit les choix préalables du projet de vie et du programme d’activités thérapeutiques définis doit :

  • favoriser un environnement convivial et non institutionnel de façon à protéger le bien-être émotionnel et réduire l’agitation et l’agressivité des résidents ;
  • prendre en compte la nécessité de créer un environnement qui ne produise pas de surstimulations sensorielles excessives pouvant être génératrices de troubles psychologiques et comportementaux.

 

Un environnement qui favorise le confort et l’usage

D’un caractère familier, convivial et rassurant pour les résidents, l’architecture de l’UHR personnels. Elle permet une qualité de vie et la réalisation d’activités quotidiennes qui

répond à une qualité d’usage des espaces et des équipements facilitant le travail des rappellent celles du domicile associées à des soins adaptés. Un soin particulier sera porté à la

lumière naturelle, à la nature des matériaux utilisés, à l’entretien et au confort acoustique des lieux.

 

 Un environnement qui favorise l’orientation et qui contient la déambulation

La déambulation au sein de l’unité est gérable par un accompagnement et des réponses architecturales adaptés pour faciliter l’orientation et la circulation des résidents.

L’organisation des espaces de l’unité permet une circulation libre et sécurisée des résidents déambulants. Dans le cas de la création d’une UHR par une construction neuve ou par

l’aménagement d’un espace existant, la circulation des résidents déambulants doit pouvoirs’effectuer au sein des différents espaces de l’unité sans créer de couloir ou de boucle dédiés à

la déambulation.

 

Un environnement sécurisé

Compte tenu des troubles du comportement sévères des personnes accueillies dans l’unité d’hébergement renforcée, un soin particulier sera apporté à certains équipements qui peuvent

présenter des risques pour la sécurité tels que les radiateurs ou les fenêtres.

 

Un environnement qui répond à des besoins d’autonomie et d’intimité

Il convient de faciliter l’accès des résidents aux WC qui doivent être aisément identifiables

 Le terme espace est volontairement utilisé de manière à ne pas préjuger de la nature de la réponse architecturale :

  • espace délimité ou zone dans un espace polyvalent (même si pour les unités à créer, il est souhaitable d’éviter les espaces polyvalents).
  • par leur situation et par leur signalisation.

 

 

Les aspects réglementaires

en matière d’accessibilité

  • l’unité répond à la réglementation relative à l’accessibilité des ERP (arrêtés du 1er août 2006 et du 21 mars 2007 du code de la construction et de l’habitation).

Toutefois, pour répondre à des aspects de confort d’usage, la conception de l’unité tient compte des besoins spécifiques des personnes accueillies.

en matière de sécurité incendie :

l’unité répond à la réglementation ERP de type J pour les EHPAD (arrêtes du 19 novembre 2001 et du 16 juillet 2007 du règlement de sécurité incendie) et type U pour les USLD.

 Les principaux espaces nécessaires au fonctionnement d’une unité d’hébergement renforcé.

  • L’entrée

Espace de transition, la conception de l’entrée de l’unité fait l’objet d’une attention particulière, elle permet la sécurité des résidents tout en évitant de créer des situations anxiogènes.

  •  Les espaces privés

Chaque résident dispose d'un espace privé qui doit faciliter les relations avec sa famille et son entourage.

L'espace privé doit être accessible et permettre une circulation aisée des personnes.

Il requiert une surface suffisante pour permettre de moduler son organisation en fonction de la perte d'autonomie de la personne et de son évolution.

  • L’espace commun de bain, de soins et de « bien-être »

L’UHR dispose d’un espace de soins et de « bien être » visant à stimuler les personnes accueillies et favoriser la relaxation, l’exercice ou les massages.

  • Les espaces de convivialité et de vie sociale

L’unité d’hébergement renforcé devra disposer d’espaces collectifs :

  • un espace repas avec office,
  • un espace salon
  •  un espace pour permettre aux personnes accueillies dans l’unité de bénéficier d’activités individuelles ou en petit groupe.

Ces espaces sont géographiquement séparés des espaces de vie privée pour permettre une distinction des lieux de vie privés et des lieux de soins et d’activités.

  •  Les espaces d’activités et de soins :

L’UHR dispose d’au moins un espace d’activités et de soins permettant de stimuler les personnes accueillies dans l’unité qui devra répondre à un usage pour 3 ou 4 résidents

maximum ou à un usage individuel.

Ces espaces doivent répondre au projet thérapeutique de l’UHR et peuvent être différents selon les établissements. A titre d’exemple il s’agit :

  • soit, d’un espace pour activités manuelles: peintures, modelage,…
  • soit, d’un espace pour activités de musicothérapie,
  • soit, d’un espace d’activités physiques,
  • soit, d’un espace multi-sensoriel,
  • soit, d’un espace de jeux,
  • autre….
  • Les espaces extérieurs

Que l’unité soit située, en rez-de-chaussée ou en étage, elle doit s’ouvrir sur l’extérieur par un prolongement sur un jardin ou sur une terrasse clos(e) et sécurisé(e). Cet espace est

librement accessible aux résidents.

  • Les espaces de services

L’unité dispose de locaux de service nécessaires à son fonctionnement :

  • vestiaires,
  • locaux de linge propre
  •  de linge sale,
  • un espace de réunion du personnel...

 

 En savoir plus

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Date de dernière mise à jour : 26/12/2014

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